La sexagénaire a été retrouvée morte de froid dans une grange le 27 décembre, alors qu'une maison où elle aurait pu trouver de l'aide était située à une centaine de mètres.

Mort de Jeannine Sévigny: aucun blâme à la Villa Laurence

Le coroner Pierre-CharlesSamson ne retient aucune réprimande contre la Villa Laurence de Laurier-Station, en lien avec le décès de Jeannine Sévigny survenu au cours de la dernière période des Fêtes.
Jeannine Sévigny s'était enfuie de la résidence pour personnes âgées de Laurier-Station où elle séjournait.
Le 23 décembre, la sexagénaire s'était enfuie de cette résidence pour personnes âgées autonomes de Laurier-Station, fort probablement afin de tenter de regagner sa maison de Saint-Agapit. Le corps gelé de la femme avait été retrouvé le 27 décembre, en avant-midi, dans un bâtiment de ferme de Saint-Flavien, par une bénévole qui participait aux efforts visant à chercher la femme dépressive.
«Le personnel de la résidence a accompli un travail impeccable auprès de cette dame», a indiqué le Dr Samson, lorsque joint au téléphone, lundi après-midi. «Je n'ai aucune récrimination à leur faire. C'est un endroit qui a une excellente réputation et qui n'a rien à se reprocher dans le décès de cette dame.»
Quand Mme Sévigny avait été retrouvée sans vie, des questions avaient été soulevées sur l'encadrement qui avait été offert à cette femme de 60 ans dans cette résidence. Du personnel de la Villa Laurence avait notamment avoué se sentir coupable du triste destin qui avait affligé la disparue. Dans son rapport, le coroner ne formule même pas de recommandations à l'endroit de la direction de la résidence.
Mort intentionnelle
Le 12 décembre 2011, la dame avait été transférée de façon temporaire à cet établissement de Laurier-Station, après avoir passé un peu plus d'un mois dans l'aile psychiatrique de l'Hôtel-Dieu de Lévis pour y traiter un trouble dépressif majeur. Son mari étant mort en 2010, Mme Sévigny souffrait notamment de solitude et présentait une situation financière précaire.
Elle prenait des médicaments pour traiter son état, mais elle avait tout de même tenu des propos suicidaires dans les jours précédant son décès. La veille de sa disparition, elle avait même signé un pacte de non suicide.
Le coroner estime que dans sa fuite, Mme Sévigny a choisi d'aller se cacher dans ce bâtiment de ferme du rang du Bois-de-l'Ail de Saint-Flavien avec l'intention de mourir. Elle portait alors un manteau, une veste noire en tricot et une paire de bottes.
Ce bâtiment de ferme se trouvait à quelque 5,5 km de la résidence de Laurier-Station qu'elle avait quittée. Compte tenu de l'état d'hypothermie dans lequel elle a été retrouvée, le coroner affirme que le décès de la victime remontait au 24 décembre. La femme ne présentait aucune marque de violence.
«À une centaine de mètres de ce lieu d'entreposage, il y avait une maison où elle aurait pu aller chercher de l'aide si elle jugeait que sa vie était en danger, raconte le coroner. Sa porte de sortie était tout près, et pourtant, elle a choisi de ne pas la prendre. Compte tenu des renseignements que je détiens, j'ai déterminé que cette femme a choisi délibérément de s'isoler dans ce bâtiment.»