Le président de l'UMQ, Éric Forest, et les maires Régis Labeaume et Denis Coderre ont présenté, mercredi à Montréal, puis à Québec (photo), une liste d'épicerie ambitieuse, qui vise à reconnaître leur statut respectif de métropole et de capitale.

Montréal et Québec demandent un statut particulier

Les maires Denis Coderre et Régis Labeaume veulent un statut spécial pour Montréal et Québec. Et avec ce statut, plus de pouvoirs. Le maire de la capitale a même demandé mercredi si les villes devraient avoir un rôle accru dans l'éducation des enfants.
«On n'a pas le goût de gérer les écoles. On va le dire de même. Moins on en gère, mieux c'est. Le problème, c'est qu'on est obligés d'y réfléchir.»
La Ville se penche sur cette question depuis un an. Un comité est déjà en place avec à sa tête le maire de Sainte-Anne-de-Beaupré, Jean-Luc Fortin. Le maire Labeaume déplore le taux de décrochage élevé et le fait que les commissions scolaires et les villes fonctionnent en parallèle. Peu de partage des plateaux sportifs, peu de concertation quand vient le temps de fermer ou de construire une école. «L'école n'est pas au coeur de la communauté. Et ça, c'est terrible.»
La Ville ne s'occuperait pas du curriculum, mais du bâti, a précisé le maire de Québec. Veut-elle obtenir une partie ou la totalité des taxes scolaires pour assurer cette gestion? Régis Labeaume n'a pas voulu se mouiller. «Je ne sais pas ce qu'on veut faire, finalement. On ne veut pas le gérer, mais je pense qu'il faut y penser.»
C'est l'une des revendications des maires Labeaume et Coderre dans leur nouvelle fronde pour obtenir une réforme de la gouvernance municipale et un statut spécial pour les deux grandes villes qui s'incarnera dans une loi. «On n'est pas des créatures des provinces», ont-ils lancé mercredi, sous le regard approbateur d'Éric Forest, président de l'Union des municipalités du Québec. 
Ils réclament plus d'autonomie et la possibilité de prendre des décisions dans leurs champs de compétence sans devoir recevoir constamment l'aval du gouvernement. Des changements qui ne coûteront pas un sou, assurent-ils.
Ils demandent aux chefs de partis de se prononcer ce soir lors du débat sur le statut des villes.
La ministre responsable de la Capitale-Nationale, Agnès Maltais, a parlé d'un projet «vaste» dont il faudrait discuter. 
Le leader parlementaire de la Coalition avenir Québec, Gérard Deltell, ne s'est pas dit contre, mais a insisté pour que toute réforme municipale se fasse «à coût nul».  Avec Annie Morin