Raymond Kvist affirme que c'est la panique qui a poussé son fils à déplacer le corps de Linda McInnis dans un stationnement de Limoilou. Myrko Kvist y mènera les policiers le 22 mars 2013 (photo).

«Mon fils n'est pas un monstre», dit le père de Myrko Kvist

«Mon fils n'est pas un monstre.» Le père de Myrko Kvist, condamné à 10 ans de pénitencier pour l'homicide involontaire de Linda McInnis, dit partager la douleur des proches de la victime, mais tient à sortir de l'ombre pour «remettre cette tragédie dans une plus juste perspective».
<p>Myrko Kvist </p>
Raymond Kvist a fait parvenir au Soleil une lettre adressée à la fille et à la soeur de Linda McInnis, morte étranglée le 4 janvier 2013.
Ce soir-là, Myrko Kvist discutait avec Mme McInnis dans l'immeuble à condos que tous deux habitaient dans Saint-Roch. La victime de 58 ans était légèrement vêtue et l'a invité à entrer chez elle, ce que Kvist a pris comme une invitation de nature sexuelle.
Lorsqu'il lui prend un sein, Linda McInnis le gifle et crie. L'homme de 40 ans panique et l'empoigne à la gorge. Il dit avoir étranglé la quinquagénaire pour l'empêcher de crier.
Dans sa lettre, Raymond Kvist réfute l'idée retenue par la juge Chantale Pelletier selon laquelle son fils a agi de façon calculée pour cacher son crime. «Seule la panique, oui la panique lui a fait poser ce geste malheureux de déplacer le corps de cette pauvre dame», écrit-il. Deux mois après le drame, Myrko Kvist a mené les policiers au corps de Linda McInnis, qu'il avait caché dans un stationnement du quartier industriel de Limoilou.
«Cette tragédie est due essentiellement au fait qu'il avait perdu le contrôle de sa vie, tel que décrit par la psychiatre. C'est malheureux, très malheureux pour les deux familles. Par contre, jamais au grand jamais dans cette tragédie mon fils a délibérément et en toute conscience voulu faire du mal à Mme McInnis», avance le père de l'accusé.
Raymond Kvist s'est montré surpris par l'appel du Soleil, hier, pour vérifier la véracité de sa lettre. Il a expliqué avoir attendu la fin des procédures judiciaires pour s'exprimer, puisque son fils «ne voulait pas» qu'il vienne à sa défense.
La douleur
«Il était dans sa propre douleur, mais aussi dans sa propre conscience du geste malheureux qu'il avait causé, mais pas de ce qu'on disait de lui. C'est pour ça que j'ai attendu», explique le père.
«J'aime mon fils. Je voulais simplement le dire à la famille [de Linda McInnis] aussi. Il a toujours eu mon appui, il l'aura tout le temps», exprime Raymond Kvist.
L'homme dit éprouver de la «compassion» et une «vive sympathie» pour la famille de la victime. Mais il ne peut s'empêcher de lui demander de pardonner à son fils, qui «n'est pas celui que l'on a décrit». «La lettre respecte cette famille et leur donne une idée un peu plus juste. Mon fils n'est pas un monstre.
Mme McInnis méritait de vivre comme tout être humain, et ça, mon fils en est bien conscient. Il est très malheureux de ce qui est arrivé.»
«Il sait qu'il doit payer», conclut Raymond Kvist.
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Lettre de Raymond Kvist à Catherine Chénier et Hélène McInnis
14 février 2014
Mesdames,
Malgré la vive sympathie et la compassion que j'éprouve pour vous dans votre douleur, colère et détresse pour la perte d'une mère et d'une soeur, je me permets de remettre cette tragédie dans une plus juste perspective.
En premier lieu, de considérer mon fils comme un monstre.
En deuxième lieu, que le procureur Bélanger et la juge Pelletier considèrent cette tragédie commise de façon calculée et plus près du meurtre que de l'accident.
Pour débuter, je dirai que de toute sa vie, jusqu'au 4 janvier 2013, mon fils n'a fait de tort à qui que ce soit et ne s'est jamais servi de la violence envers quiconque.
Cette tragédie est due effectivement et essentiellement au fait qu'il avait perdu le contrôle de sa vie, tel que décrit par la psychiatre. C'est malheureux, très malheureux pour les deux familles. Par contre, jamais au grand jamais dans cette tragédie mon fils a délibérément et en toute conscience voulu faire du mal à Madame McInnis. C'est très important que vous le croyiez, mesdames.
C'est pourquoi dans cette optique, je ferai remarquer au procureur Bélanger et à Madame la juge Pelletier, que si cet acte avait été prémédité, mon fils aurait pensé à détruire toutes les caméras dont il connaissait les emplacements, ayant vécu à cet endroit, et alors personne n'aurait su qu'il avait passé à son ancien condo. Seule la panique, oui la panique lui a fait poser ce geste malheureux de déplacer le corps de cette pauvre dame.
Acceptez, Mesdames, mes condoléances sincères. J'aime mon fils et je sais qu'il est malheureux du drame qu'il a causé dans votre vie, et il sait qu'il doit payer. Ce qu'il fera au cours des prochaines années.
Espérant que vous voudrez bien, malgré votre détresse, pardonner, car mon fils n'est pas celui que l'on a décrit.
Raymond Kvist Père