On reste stupéfait devant la stupidité de certains voyageurs, bien réels, convaincus de pouvoir passer n'importe quoi, le plus souvent de la drogue ou de la nourriture interdite.

Mon étrange dépendance... aux douanes

J'ai eu le malheur le mois dernier d'attraper au vol Douanes sous haute surveillance, sur la nouvelle chaîne Investigation, petite soeur de Canal D. Le genre d'émission que vous regardez une fois et dont vous ne pouvez plus vous passer. Ce docu-réalité tourné aux douanes des aéroports australiens est devenu mon plaisir coupable de l'hiver, judicieusement programmé tous les soirs, à raison de deux épisodes, à 18h et 18h30. Assez de la charte aux nouvelles? Passez aux douanes!
On reste stupéfait devant la stupidité de certains voyageurs, bien réels, convaincus de pouvoir passer n'importe quoi, le plus souvent de la drogue ou de la nourriture interdite. Des statues remplies de poudre aux armes de poing. Et c'est toujours arrivé là par hasard, selon leurs propriétaires.
Il y a de tout à la douane, du voyageur qui tente de passer avec le passeport de son frère, misant sur leur ressemblance, à un autre, sale et puant, sans le moindre dollar dans ses poches, qui erre sans but, refusant obstinément de prendre une douche. D'autres récalcitrants piquent des crises devant les douaniers stoïques, sans se rendre compte qu'ils ne font qu'aggraver leur cas.
Certains cas sont tout simplement grotesques. Comme celui d'un couple chinois, qui tente de passer de la nourriture, mais qui n'avait pas coché «oui» sur la carte de douanes. «Au lieu du crochet, on a mis un X dans cette catégorie. Et X, en chinois, ça veut dire oui!» Bien sûr...
Chaque émission ou presque comporte un cas d'importation de drogue. Et pas seulement en personne, mais aussi par courrier. De la coke, ça se cache aussi bien dans une cafetière que dans une cassette vidéo ou les coutures d'un sac de sport. Fascinant d'assister au travail des spécialistes, qui connaissent les trucs des passeurs. Quand ils décèlent sur leurs «scanners» que des enveloppes coussinées contiennent des serpents possiblement venimeux, elles sont aussitôt envoyées au zoo, où on fera sortir les reptiles et voir s'ils ont survécu. Incroyable.
La traduction très française est plutôt mauvaise, mais on s'en accommode, tant les situations sont intrigantes. Et évidemment, on veut savoir comment finissent les trois à quatre cas qu'on nous expose dans chaque émission. En conclusion, on nous annonce qui a été inculpé et quelles ont été leurs peines. Certains paient de fortes amendes, d'autres vont en prison, et quelques-uns sont jugés innocents. Beaucoup d'immigrants tentent d'entrer illégalement et sont retournés chez eux.
La télé australienne est en à la 11e saison de Border Security: Australia's Front Line; Investigation a acheté les six premières et en est actuellement déjà à la troisième. Une version américaine a été tentée, sans succès, et une autre canadienne, Canada's Front Line, a suscité la controverse; les défenseurs des droits de la personne s'interrogent sur le respect de la vie privée des voyageurs interceptés. Une question qu'on se pose continuellement en visionnant l'émission, parce qu'on ne brouille à peu près jamais les visages des fautifs. On a vraiment l'impression d'entrer dans la machine douanière.
En service depuis à peine cinq semaines et consacrée aux crimes et aux enquêtes policières, Investigation récolte déjà une part de marché de 0,3 %. Même si elle est en débrouillage, il s'agit d'un score impressionnant pour une chaîne qui n'est encore disponible que chez Bell et Cogeco, ce qui ne constitue que 30 % des foyers québécois. Imaginez si Vidéotron décidait de l'offrir à ses abonnés. N'hésitez pas à réclamer la chaîne en contactant votre câblodistributeur.
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<p>Jared Keeso (Ben Chartier) et Adian Holmes (Nick Barron au lieu de Berrof), dans la version anglaise de <em>19-2</em></p>
19-2 et le jeu des comparaisons
Pour les Québécois, la version anglaise de 19-2 ne surpassera jamais la version originale. Mais l'important, c'est qu'elle plaise au public canadien anglais, qui pourra la découvrir à la fin du mois sur les chaînes Bravo et CTV.
J'ai vu les deux premiers épisodes. Beaucoup de ressemblances entre les deux versions, l'histoire est exactement la même et se passe à Montréal, il n'y a que les acteurs, certains lieux et quelques noms qui changent.
Réalisateur de 7 épisodes sur 10, Louis Choquette apporte une facture légèrement plus américaine qui m'a semblé moins bleutée que la nôtre. Même thème musical, mais plus rythmé. Plusieurs scènes ont été tournées dans le Vieux-Montréal, pas du tout un quartier défavorisé même si les situations font croire au contraire. Même taverne, mais la serveuse est plus jeune et sexy.
Jared Keeso et Adrian Holmes ont la tâche ingrate d'incarner nos deux policiers préférés, l'un Blanc, l'autre Noir. Keeso (Ben Chartier) est d'une beauté plus plastique que Claude Legault, et Holmes (Nick Barron au lieu de Berrof), a un jeu moins subtil que celui de Réal Bossé. Mais dans les circonstances, ils s'acquittent assez bien de leur tâche.
Nous sommes à Montréal, mais tout se passe en anglais. Isabelle Latendresse (Maxim Roy), la femme de Barron que jouait Julie Perreault, répond même «Law-ten-dress» au téléphone. L'acteur qui joue Gendron, Bruce Robert Ramsay, est plus petit et plus sec que Jean Petitclerc. Laurence Leboeuf, qui arrive au second épisode, est excellente comme toujours dans le rôle d'Audrey Pouliot.
19-2 en anglais sera diffusée sur Bravo le mercredi 29 janvier à 21h, juste avant la deuxième saison de Homeland à 22h. Puis, CTV diffuse aussi le premier épisode le jeudi 30 janvier à 22h.