Nouveau personnage de la deuxième saison de House of Cards, Jacqueline Sharp (Molly Parker) vient du domaine du renseignement militaire. «Francis Underwood [Kevin Spacey] est intéressé par elle. Il admire son pragmatisme impitoyable», raconte la comédienne.

Molly Parker, une Canadienne à la Maison-Blanche

Molly Parker a fait comme bien des téléspectateurs : elle a dévoré les 13 épisodes de la première saison de House of Cards en trois jours à peine. «J'étais vraiment excitée quand ils m'ont proposé un rôle», raconte l'actrice d'origine canadienne au bout du fil.
Parker, qui était notamment dans la série télé Deadwood, Dexter et Six pieds sous terre, a sauté sur l'occasion de travailler avec Kevin Spacey. C'est d'ailleurs avec lui et Robin Wright (Claire Underwood) qu'elle partage de nombreuses scènes. «D'avoir l'opportunité de travailler avec Kevin et Robin, c'est vraiment spécial. Kevin s'investit beaucoup dans cette série. Comme acteur, chaque fois qu'on peut travailler avec quelqu'un qui est à l'apogée de son talent, ça nous rend meilleurs», analyse l'actrice.
Netflix garde un contrôle très serré sur les informations qui filtrent sur la nouvelle saison. Molly Parker, nouvelle venue dans la série, ne peut qu'en dire très peu sur son personnage de Jacqueline Sharp. «Elle est une démocrate, et elle représente un district de la Californie au Congrès américain», détaille son interprète. «Elle est issue du domaine du renseignement militaire; c'est donc dire qu'elle a déjà servi dans l'armée. Elle n'est pas nouvelle à Washington, mais ça ne fait que quatre ou cinq ans qu'elle est au gouvernement. Francis Underwood est intéressé par elle. Il admire son pragmatisme impitoyable.»
<p>David Clennon et Molly Parker</p>
Underwood (Kevin Spacey), nouveau vice-président des États-Unis, la prendra sous son aile. En tant que femme, Jackie s'interrogera sur ses véritables pouvoirs en politique. «Une des choses intéressantes dans ce rôle était de penser et de comprendre ce que ça prend à une femme pour être dans les hautes sphères d'un gouvernement», raconte Molly Parker. «J'ai lu plusieurs autobiographies de politiciennes américaines, comme Hillary Clinton, Nancy Pelosi, Condoleezza Rice. Je voulais comprendre ce que ça coûte à une femme de frayer avec ce niveau de pouvoir, que ce soit en affaires ou dans le gouvernement.»
Surtout que les femmes sont encore trop peu nombreuses en politique, estime l'actrice. «En ce moment, plus de 50 % des diplômés universitaires sont des femmes, mais il n'y a qu'environ 11 à 12 % de femmes en politique», déplore Molly Parker. «C'est comme ça depuis quelques décennies. Quelque chose nous retient encore», pense-t-elle.
Dans les quatre épisodes de la nouvelle saison, que Le Soleil a pu écouter sous embargo, Jacquie Sharp se montre prête à beaucoup de sacrifices pour pouvoir grimper l'échelle du pouvoir. «Je pense que mon personnage, ayant été militaire, a grandi dans un système très patriarcal. Elle comprend comment se présenter et se faire prendre au sérieux. Je pense qu'elle estime qu'elle a autant le droit que n'importe qui d'être au gouvernement», raconte Molly Parker.
L'actrice, qui a grandi en Colombie-Britannique mais habite depuis près de 15 ans à Los Angeles, pense qu'une des différences fondamentales entre la politique canadienne et américaine est l'argent. «Obama a dépensé un milliard de dollars pour se faire élire lors des dernières élections. De façon évidente, il n'y a pas autant d'argent qui se dépense en politique canadienne», analyse-t-elle.
Reste que l'expérience de se plonger dans les entrailles de la Maison-Blanche a été fascinante pour la comédienne. «Je me tenais au courant de la politique, mais j'en ai beaucoup appris sur comment sont vraiment faites les politiques et les lois, de façon beaucoup plus profonde, derrière les portes closes», conclut-elle.