Mode enfantine: de la plage à la lune

Ce printemps, la mode enfantine québécoise prend le large, voyage dans le temps avec des clins d'oeil rétro et vintage, emprunte des motifs et des coupes aux cultures asiatique ou indigène et s'éclate, comme toujours, en multitude de motifs et de couleurs. Tour d'horizon sur les thèmes du confort, du jeu et du voyage imaginaire.
 
Jean Airoldi : inspiration paternelle
Le designer, styliste et animateur Jean Airoldi s'associe avec L'Aubainerie pour créer des collections signatures et abordables. Après ses robes de Noël, des collections pour femmes et pour fillettes poursuivent le bal ce printemps, et une collection pour hommes sera sur les tablettes à l'automne.
La première incursion d'Airoldi dans la mode enfantine a été inspirée par ses filles de cinq et sept ans, Stella-Ève et Lily-Rose, qui ont d'ailleurs joué les mannequins pour présenter les modèles. «J'ai deux petites princesses qui adorent la mode, comme leur père», indique le designer, qui a misé sur le confort et le plaisir. «Dans des jeans qui ne sont pas stretchs, mes enfants ne sont pas bien. Elles aiment les jupes qui tournent, la fleur sur la veste de jeans, les petits accessoires.»
Les camisoles sont longues, amples à la taille, asymétriques, «et cachent les fesses», fait remarquer le papa, qui a aussi pensé au legging à glisser sous la robe pour les jours d'école et les acrobaties.
«Je fais du magasinage, la recherche, les premiers dessins et les premiers tableaux, puis je choisis les tissus avec le fournisseur. Ensuite, je reviens seulement à la fin du processus pour faire la promotion, indique Airoldi. Donc, je n'ai pas à faire toutes les étapes de gestion que j'avais à faire quand j'étais à mon compte.»
Comme les vêtements sont produits en très grande quantité, «je ne peux pas me permettre de prendre de chances, souligne Airoldi. Il faut que ce soit beau sur toutes sortes de silhouettes».
Les rayures ainsi que le mélange du rose et du bleu, qui reviennent chaque saison, lui paraissaient comme des valeurs sûres pour la collection fillettes. «Mais avec une touche de branding, comme la signature Airoldi bien en évidence à l'avant, indique-t-il. Je regarde ma collection de printemps et je ne serais pas gêné de les vendre trois fois plus cher sur la rue Saint-Denis.»
Le designer a puisé dans ses archives personnelles pour ressortir une photographie de sa mère à 17 ans, assise dans la décapotable de son père, et en faire un imprimé sur certains chandails. «Elle a été ma directrice de production pendant 20 ans, et maintenant elle est décédée, alors c'est un hommage que je lui rends», explique Airoldi.
«Avec tout ce que j'ai vécu dans les derniers mois, faire cette collection m'a un peu sauvé», confie l'animateur, qui s'est séparé de la mère de ses filles l'automne dernier. «Revenir au design après huit ans, c'est vraiment tripant. Je suis déjà en train de travailler sur l'été 2015.»
La collection Airoldi sera disponible à l'Aubainerie le 10 avril.
Les multiples palettes de Deux par deux
Sur le thème Dans les ruelles de Montréal, Deux par deux a développé toute une panoplie de collections plus éclatées les unes que les autres pour la saison chaude. Pour les filles, Cerise sur le gâteau joue avec ce motif populaire des années 50 et le combine à du noir, du blanc, des robes à volants et noeuds de tissus, Alerte rose couvre les fillettes de rayures et de pois rose bonbon, Eye of Fashion joue avec les carreautés rose et orange, Rétro chic combine les minicarrés multicolores et les rayures marine et blanches, La vie comme une plume joue sur les fluos et le tacheté... Et bien d'autres gammes encore combinent rayures, couleurs vives et volants à l'infini.
Pour les garçons, Super poids lourd joue sur la combinaison du orange, du rayé et du noir et blanc, Révolution Néon y ajoute des dessins de skateboard et des touches de jaune fluo et Puff Doggy un bleu turquoise très vif et de fausses superpositions.
Les vêtements d'extérieur, rassemblés dans la collection Pluies d'avril, font pleuvoir des plumes multicolores sur fond noir, combinent les carreautés, les picotés et les rayés des manteaux aux pantalons aux teintes unies et foncées. Avec l'élément qui plaît le plus aux tout-petits : les bottes de caoutchouc assorties.
Le bord de mer de Perlimpinpin
Les vêtements d'extérieur de Perlimpinpin, qui s'inspirent de l'univers nautique et du bord de mer, suivent trois tendances, explique Catherine Webster, la porte-parole de la compagnie de Québec : «L'esprit nautique classique, avec du rouge, du bleu et des rayures; l'esprit vintage avec des motifs de tricots imprimés en trompe-l'oeil et l'idée du cerf-volant et des jeux sur la grève, ludiques et toniques.»
Les thèmes sont développés jusqu'au bout avec des écussons inspirés du voyage et de la navigation. Les détails techniques (comme un trou pour le pouce qui permet de garder la manche bien en place) sauront plaire aux parents qui ont le souci du détail.
Une douzaine de nouveaux modèles deux pièces ou trois en un (incluant un polar et un coupe-vent à superposer ou à porter seul pendant l'été, lors des soirées fraîches ou des jours de pluie) sont offerts cette saison chez Clément, ainsi qu'à La Gaminerie et à La Grenouillère sur la Rive-Sud.
Les Girouettes : douceur et ingéniosité
En devenant maman et en faisant les boutiques, la créatrice de Québec Lisa-Marie Masse avait l'impression que les vêtements pour enfants tombaient trop souvent dans l'excès de couleurs et de motifs, au point de cacher l'enfant plutôt que de le mettre en valeur.
La designer de présentation, joaillière et couturière a donc lancé sa collection Les Girouettes, qui privilégie les tons neutres (beige et rose, avec des incursions de jaune ou de rouge) et les coupes simples et confortables (kimono ou taille ample) qui s'ajustent en suivant la croissance de l'enfant.
Cette saison, elle propose trois nouveaux modèles de robe pour fillette, mais prodigue généreusement ses conseils pratiques sur sa page Facebook : «La robe achetée l'an passé devient une cami. La jupette ballon se porte sous la robe un tantinet trop courte pour l'allonger. Le veston de grand frère devient la veste de sortie de la petite soeur. Le noeud pap de frérot se porte en bandeau pour mademoiselle. L'hiver peut facilement se transformer en été, s'agit de le porter autrement.» On aime sa façon de penser!
Tribus et sable fin chez Souris Mini
Pastel vintage, bleu délavé par la mer, jaune soleil et gris profond saupoudré de craie donnent le ton chez Souris Mini, où la designer Annie Bellavance semble avoir multiplié les histoires fabuleuses pour inspirer ses collections. L'entreprise née à Québec continue de faire son petit bonhomme de chemin au-delà des frontières du Québec, aux Émirats arabes unis, notamment, mais aussi à Paris où le site Melijoe.com vend ses créations depuis un an.
Pour les garçons, on peut puiser dans les collections Forêt des ombres (noir et blanc, comme des dessins à la craie), Bienvenue à Panacheville (bonbons, cinéma, balades urbaines et grimaces), Tribu cornue (couleurs primaires avec une touche de néon et des influences ethniques de l'Afrique et des Amériques), École de surf (nautique et denim), Week-end photo (pantalons roulés, couleurs vives délavées, esprit des années 50), qui recoupent certaines tendances déjà observées.
Pour les fillettes, Souris Mini privilégie les thèmes gourmands avec les collections Fleur citronnée et Punch exotique, la rêverie romantique avec Dentelle de nuages et l'esprit bohème et les fleurs avec Champs de rêves. La collection Pop Aztèque, qui combine les graphiques primitifs à des coupes technos, donnera des allures de princesse tribales ou de divas aventurières aux plus intrépides.