Les cellules du pavillon Charles-Baillairgé du MNBAQ serviront de stations d'écoute pour chacune des pièces du nouvel album de Millimetrik. Des photographies signées Carl Raymond et habillées de lumières compléteront l'installation.

Millimetrik: l'électro sans frontières

Avec plus d'une décennie de musique électro derrière la cravate, Millimetrik est devenu un ambassadeur de la scène culturelle locale. Faisant toujours aller son carnet de contacts pour décloisonner son art, Pascal Asselin - de son vrai nom - poursuit ses expérimentations avec une exposition-lancement au Musée national des beaux-arts du Québec.
Depuis près de 14 ans, la musique électronique transporte Pascal Asselin au-delà des frontières du Québec, tant de manière fictive dans ses pièces que de façon réelle en signant avec des étiquettes de disque outre-mer.
Son dernier florilège de pièces «sombres et ambiantes», Lonely Lights, a été conçu comme une trame sonore d'un parcours urbain. Pascal Asselin s'est notamment imaginé en Asie. «Je rêve d'aller à Hong Kong et idéalement, même, d'y jouer. Toutes les capitales asiatiques me fascinent. Je me suis dit : "Le jour où je vais y aller, je me promènerai dans la nuit avec des écouteurs dans les oreilles." Dans ces villes-là, tu découvres toutes sortes d'ambiances. Tu peux te ramasser dans une ruelle louche ou dans un grand hôtel chic.»
En composant ses nouvelles mélodies ambiantes, Millimetrik avait l'impression de créer des «lumières sonores».
C'est pourquoi il a eu envie de mettre sur pied une exposition qui utiliserait le même filon lumineux. Et ça tombait bien, puisque à son septième album, il en avait assez du traditionnel spectacle de lancement.
Pascal Asselin a donc approché le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) pour y planter une expérience musicale. À partir d'aujourd'hui, les cellules du pavillon Charles-Baillairgé du MNBAQ serviront de stations d'écoute pour chacune des pièces du nouvel album de Millimetrik. Des photographies signées Carl Raymond et habillées de lumières compléteront l'installation.
«Je veux emmener ma musique vers un autre public. Que le monde qui s'intéresse à la photo et au cinéma l'écoute, parce que je pense qu'il peut y avoir des connexions à faire», estime Pascal Asselin.
L'exposition s'ajoutera à un parcours parallèle en basse-ville. Trois commerces de Saint-Roch ont accepté de présenter de différentes façons le dernier opus de Millimetrik entre leurs murs. Au Café Nektar, le réseau wi-fi dissimulera ses morceaux électros. «Si tu les découvres, tant mieux, sinon tant pis», glisse Pascal Asselin.
Au Cercle, une installation artistique expérimentale meublera la section bar-spectacle. Et à la boutique de vêtements Teaspoon, une table tournante fera jouer le vinyle de «Lonely Lights».
Susciter une curiosité
«C'est comme des teasers», résume Pascal Asselin, qui y voit une façon différente de mousser l'intérêt ou, du moins, de susciter une curiosité envers sa musique «imagée et cinématique».
C'est en mettant à profit son réseau personnel qu'il arrive ainsi à se tailler une place au sein de la scène artistique de Québec. «C'est pour ça que c'est plus dur pour moi à Montréal. Sur le terrain, je suis moins souvent là. Mais c'est grâce à mes petites plogues que j'ai fait Osheaga l'an passé. C'était un point culminant de ma carrière», complète-t-il.
Pascal Asselin conjugue son boulot de conseiller en thés avec ses efforts acharnés pour faire rayonner sa musique. Il vient d'ailleurs d'être recruté par un label japonais, qui sortira Lonely Lights en version CD. «C'est vraiment un nouveau marché», avance-t-il, non sans fierté.
Comment Millimetrik réussit-il à durer sans équipe de gérance aucune? «Il faut juste ne pas avoir peur de se faire refuser, parce que c'est juste normal. Je m'en vais en Europe en juin faire une petite tournée de deux semaines. J'ai dû envoyer 60 e-mails pour avoir six shows. Si tu t'arrêtes à ça, tu prends ta retraite assez vite. Il faut avoir une carapace et une confiance en ses affaires.»
Ne jamais s'imposer de frontières, c'est peut-être une autre partie du secret de Millimetrik.
Vous voulez y aller?
Quoi : Lonely Nights, l'exposition
Quand : 14 au 25 mai, en tout temps
Où : cellules du pavillon Charles-Baillairgé, Musée national des beaux-arts du Québec
Billets : gratuit
Tél. : 418 643-2150