Si l'Australien Vance Joy a fait des vagues le 9 juillet, le duo allemand Milky Chance a frôlé le tsunami.

Milky Chance: après la vague, le tsunami!

Le 48e Festival d'été de Québec (FEQ) s'est terminé un peu comme il avait commencé au parc de la Francophonie : un projet folk-pop venu d'ailleurs, propulsé par un succès Web et radio. En 10 jours, l'effet s'est toutefois multiplié. Si l'Australien Vance Joy a fait des vagues le 9 juillet, le duo allemand Milky Chance a frôlé le tsunami, dimanche soir.
Il y a d'abord eu ce torrent de festivaliers qui a convergé vers le site dès l'après-midi. Des files interminables qui n'ont pas semblé diminuer, même une fois le parc rempli. Pas de doute que le Pigeonnier était trop petit pour contenir les admirateurs de Milky Chance... Avec des succès comme Stolen Dance ou Down by the River, on s'attendait certes à un engouement. Mais aussi grand que celui vu dimanche? C'était plutôt difficile à voir venir. 
Le duo formé de Clemens Rehbein et Philipp Dausch (joint en tournée par Antonio Greger, qui ajoute entre autres des touches d'harmonica) a donc été reçu par un public plus que motivé. Au son des rythmes gonflés de basse bien ronde, ça dansait ferme : pendant Flashed Junk Mind ou Running, on aurait pu croire que le parc de la Francophonie était monté sur des ressorts. 
Entre les pièces, ça hurlait encore plus fort. Les Allemands ont même semblé un peu soufflés par l'accueil qui leur a été réservé en début de soirée, alors que le niveau de décibels émanant de la foule était assourdissant. «On n'a jamais rien vu de tel», a d'ailleurs souligné Philipp Dausch à propos de la foule qui débordait du site. 
Comme on pouvait s'y attendre, l'enthousiasme déjà décoiffant a augmenté à mesure que la voix un peu traînante de Clemens Rehbein parcourait les titres de l'album Sadnecessary. Au moment de mordre dans Down by the River, en fin de rappel, l'énergie était au max, freinée uniquement par cette habitude un peu paradoxale qui pousse de plus en plus de spectateurs à filmer le moment plutôt qu'à le vivre... 
Avis aux festivaliers qui n'ont pas pu entrer au parc de la Francophonie dimanche et qui ne rechignent pas devant un peu de route : Milky Chance fait escale à la Zone portuaire de Chicoutimi ce soir. Et il restait encore des billets, dimanche. Pour citer Clemens Rehbein, «ce n'est qu'à deux heures» de Québec...
Mark Berube
Alors que la foule attendait toujours avec impatience le duo allemand, Mark Berube et ses musiciens sont venus mettre un terme à une tournée de deux ans sur les planches du Pigeonnier. Pendant une heure, ils ont fait résonner leur folk finement brodé de lignes de violoncelle et d'harmonies vocales. Spectacle rodé au quart de tour, donc, mais livré devant une foule à l'écoute plutôt inattentive. Un site rempli, c'est bien. Mais un site rempli de festivaliers qui placotent, ça l'est un peu moins. Une grande part du public n'en avait que pour Milky Chance. Difficile de se battre contre ça. 
En début de soirée, Elliot Maginot a ouvert la marche en présentant une brochette de titres de son album Young/Old/Everything.In.Between. Visiblement heureux d'être là, l'auteur-compositeur-interprète a voulu tirer le maximum de sa courte prestation : «J'aimerais vous parler plus, mais les secondes sont comptées!» a lancé le jeune homme, qui a profité de ce parc de la Francophonie bondé pour offrir une belle vitrine à sa folk-pop mélodique.