Malgré la présence de nombreuses vedettes de la LNH et de la KHL, les Russes ont baissé pavillon au compte de 3-1 mercredi contre une équipe finlandaise méthodique.

Mikhaïl Grigorenko ne croit pas que les Russes aient craqué sous la pression

Comme la plupart de ses compatriotes, Mikhail Grigorenko a assisté incrédule à l'élimination prématurée des Russes du tournoi olympique, mercredi. Selon l'attaquant des Remparts, ce n'est pas tant la composition de l'équipe qui a fait défaut que sa capacité à trouver rapidement sa cohésion.
Alignant des vedettes de la LNH et de la KHL comme les Datsyuk, Ovechkin, Radulov, Kovalchuk et Bobrovsky, la formation nationale russe était considérée comme l'une des favorites avant le début de la compétition. Une défaite de 3-2 contre les États-Unis et une victoire de 1-0 sur la Slovaquie, toutes les deux acquises en tirs de barrage lors de la ronde préliminaire, ont toutefois ébranlé les certitudes. Le revers de 3-1 contre la méthodique Finlande en quart de finale allait confirmer ces doutes.
«Ça n'a pas bien fonctionné pour l'équipe. En même temps, ce n'est pas une si grande surprise. La LNH et la KHL ont de bons joueurs. Je pense qu'ils ont tout donné. Tous, des joueurs aux dirigeants de l'équipe, voulaient gagner. Mais ce sont les Olympiques. C'est un tournoi difficile à remporter. Les équipes n'ont pas le temps de trouver leur cohésion. Ce qui me surprend le plus, c'est de voir qu'ils ne sont pas arrivés à marquer plus de buts», a indiqué l'espoir des Sabres.
Grigorenko sait que la pression peut être écrasante, surtout pour une équipe nationale qui a soif de victoire à la maison. Lui-même a ressenti cette pression lors du Mondial junior de 2013, où il a remporté le bronze, à Oufa. Il ne croit toutefois pas que les Russes aient craqué.
«Oui, il y a peut-être un peu plus de pression, mais ces gars-là sont tous des professionnels, de grands noms, qui ont de grandes carrières. Ils gèrent de la pression au quotidien.»
Selon Grigorenko, c'est le manque de temps de préparation qui aura été l'ennemi ultime des Russes. Surtout quand on sait que trouver les bons trios revient souvent à un jeu d'essais et erreurs. Un luxe qu'aucune nation ne possède dans le contexte olympique.
«Parfois, ça ne fonctionne tout simplement pas, pendant un tournoi. Ç'a été comme ça pour les Russes. C'est aussi comme ça pour le Canada, qui a de la difficulté à marquer des buts. Il y a tellement de bons joueurs parmi lesquels on peut choisir pour former ces équipes et parfois, ça ne clique pas. C'est comme à la Coupe du monde de la FIFA. Il n'y a pas de pays qui produit plus de joueurs de soccer que le Brésil, mais ils ont toujours des ennuis à gagner», a-t-il illustré.
À l'image de Nolan
Le manque de talent ou de «chimie» d'une équipe peut toutefois être compensé par une éthique de travail irréprochable. Un principe que l'étonnante Lettonie, dirigée par l'entraîneur des Sabres Ted Nolan, a mis en application dans sa défaite de 2-1 contre le Canada, mercredi.
«Il n'y a pas de secret à leur succès. C'est probablement l'équipe qui travaillait le plus fort dans le tournoi. C'est à l'image de l'entraîneur, qui sait toujours tirer le maximum de ses joueurs. C'est en travaillant plus fort que le Canada qu'ils ont réussi à garder le pointage aussi serré en quart de finale», a estimé Grigorenko, qui a évolué sous les ordres de Nolan plus tôt cette saison, à Buffalo.
N'empêche que s'il devait maintenant miser sur une équipe pour décrocher l'or, le centre de 19 ans mettrait son argent sur la bande à Sidney Crosby. «Il est toujours le meilleur joueur sur la patinoire. Ce n'est pas parce qu'il ne marque pas que ça change. Des fois, c'est comme ça...» a philosophé le grand 25.