Ancien chanteur de hard rock, Michael Bolton écrivait des chansons romantiques pour d'autres artistes. Mais lorsque le patron de Columbia Records a vu que les secrétaires de la compagnie étaient séduites par ses chansons douces, il a convaincu Bolton de changer de registre...

Michael Bolton: l'odyssée d'un chanteur de charme

C'est en tant que chanteur de charme que Michael Bolton, qui sera au Capitole lundi, a vendu des millions d'albums et séduit des tonnes de femmes avec sa voix et ses chansons romantiques. L'Américain avoue cependant qu'il a dû se laisser convaincre d'emprunter cette avenue.
«J'ai fait de la pop et du R&B au départ, mais à un certain moment, j'avais comme gérant un type qui gérait aussi les carrières de Led Zeppelin et de Bad Company. Il m'a encouragé à former un groupe et à jouer du hard rock. J'ai alors formé Blackjack avec le guitariste Bruce Kulick [qui allait plus tard jouer dans Kiss] et on a eu un bon contrat sur l'étiquette Polydor», raconte Bolton en entrevue téléphonique au Soleil.
Le groupe a fait deux albums, puis Bolton, toujours flanqué de Kulick, a ensuite livré deux albums solo à saveur hard rock. Pendant ce temps, il écrivait toutefois aussi des chansons dans un registre plus doux pour d'autres artistes comme Laura Branigan et Cher. «Pour mettre du pain et du beurre sur la table!» avoue-t-il.
Un jour, Al Teller, le grand patron de Columbia Records, l'a appelé dans son bureau. «J'avais l'impression d'être à l'école et de me faire envoyer chez le directeur. J'étais convaincu qu'il voulait me mettre dehors», avoue Bolton.
En fait, Teller a dit à Bolton qu'il savait qu'il aimait le rock'n'roll, mais qu'il ne lui voyait pas d'avenir de ce côté. «Il m'a dit qu'il avait entendu les démos des pièces que je composais pour d'autres artistes et sur lesquelles je chantais en m'accompagnant au piano et que ses secrétaires adoraient tellement ça qu'elles les amenaient à la maison. Ensuite, il m'a dit qu'il voulait faire un autre album avec moi, mais pas un album rock», se souvient-il.
Bolton a sagement accepté la proposition du grand patron et ne l'a jamais regretté. The Hunger, lancé en 1987, est devenu son premier album double platine et s'est écoulé depuis à plus de quatre millions de copies, propulsant le chanteur au rang de supervedette.
Nugent, pas Sabbath
Par ailleurs, si une légende urbaine persistante prétend qu'il a déjà passé une audition pour devenir le nouveau chanteur de Black Sabbath lors du départ de Ronnie James Dio, Bolton assure qu'il n'en est rien. «Si c'était arrivé, je crois que je m'en souviendrais», dit-il en riant.
«Par contre, j'ai déjà soupé avec [le guitariste] Ted Nugent parce qu'on avait le même gérant et qu'il voulait que je devienne le chanteur de Ted», avoue-t-il. Imaginez la rencontre entre le végétarien Bolton et Nugent, carnivore et amateur de chasse. «On a fait bien des blagues quand il s'est aperçu que je ne mangeais pas la viande dans mon assiette! On a jasé de collaboration éventuelle mais, finalement, ça ne s'est jamais concrétisé.»
Souvenirs de Céline
Parmi les nombreux artistes qui ont assuré la première partie de ses spectacles, Michael Bolton se souvient très bien de la jeune chanteuse de 24 ans qui réchauffait son public durant sa tournée Time, Love and Tenderness à l'été 1992. Une certaine Céline Dion... «Elle débutait aux États-Unis et les gens connaissaient sa version de The Power of Love, mais elle n'était pas encore la star qu'elle est aujourd'hui. J'étais heureux de l'amener en tournée avec moi, car je sais qu'en début de carrière, ça peut être très utile d'être en tournée avec un autre artiste», se souvient-il.
La tournée a été un franc succès. «On remplissait tous les endroits où on s'arrêtait, il y avait plus de 15 000 personnes chaque soir et ils découvraient tous Céline», poursuit Bolton, qui a récemment assisté à un spectacle de la diva à Las Vegas. «Je l'ai vue après son spectacle et elle est toujours la femme charmante, la personne agréable qu'elle était 20 ans auparavant. Même si elle venait de terminer un spectacle, elle était très enthousiaste de me voir et a insisté pour me faire faire le tour de la scène.»
Seul à la Saint-Valentin
Que ses admiratrices se le tiennent pour dit : le beau Michael Bolton passera la Saint-Valentin à Niagara Falls, mais il n'a toujours pas de cavalière! «Vraiment? Je présente un spectacle à Niagara Falls le soir de la Saint-Valentin? Je ne m'en étais pas rendu compte avant que tu m'en parles! Sérieusement, ça fait deux beaux concepts romantiques qui sont réunis, n'est-ce pas?» a lancé le chanteur à l'auteur de ces lignes.
Questionné à savoir si sa copine lui tiendrait rigueur d'être au boulot et loin de la maison lors de la fête des amoureux, Bolton a alors lâché le morceau. «En fait, présentement, je n'ai pas de copine», a-t-il confié. Alors, est-ce que les dames célibataires qui assisteront à son spectacle peuvent le considérer comme disponible? «Ha! Ha!, je sens qu'un concept de téléréalité est en train de prendre forme!» a répondu en riant l'interprète de When a Man Loves a Woman.
Vous voulez y aller?
Qui : Michael Bolton
Où : Capitole
Quand : lundi 10 février, 20h
Billets : 56,10 $, 69,14 $ et 82,19 $ (taxes en sus)
Téléphone : 418 694-4444 ou 1 800-261-9903