Pour Love Letters, le leader du groupe, Joseph Mount (à droite), a puisé son inspiration dans la musique psychédélique des années 60.

Metronomy: aujourd'hui le Québec, demain l'Amérique

Déjà bien établi en Europe avec à son actif une nomination au Mercury Prize pour son dernier album, le groupe new wave britannique Metronomy n'en demeure pas moins méconnu de ce côté-ci de l'Atlantique. Et c'est par le Québec que leur leader Joseph Mount a choisi de partir à la conquête de l'Amérique.
Mount était à Montréal pour faire la promotion de Love Letters, quatrième album du quatuor qui paraît aujourd'hui, quand Le Soleil l'a joint par téléphone. «C'est toujours intéressant de voir comment toutes ces scènes fonctionnent. Pendant un certain temps, nous étions surtout vus comme un concept européen», confie-t-il.
«Maintenant, l'Amérique du Sud n'est plus un problème pour nous. Nous y avons fait plusieurs bons spectacles. Pour l'Amérique du Nord, cependant, c'est plus difficile, peut-être parce qu'il y a déjà une scène musicale très forte. Nous essayons de passer par le Québec, car nous sommes déjà très populaires en France et en Belgique et qu'il y a sûrement des Canadiens français qui lisent les médias de France!» lance-t-il.
D'ailleurs, Mount a utilisé la langue de Molière dans un remix qu'il a fait il y a quelques années pour la pièce One Nation du duo Goldfrapp. «Oh oui, c'était un extrait du groupe français The Teenagers, un monologue. Je trouvais ça amusant d'avoir du français pour raconter une histoire.»
Clin d'oeil
Pour Love Letters, Mount a puisé son inspiration dans la musique psychédélique des années 60, comme le laisse entrevoir le graphisme de l'album. «J'écoutais les Beatles, les Zombies et des artistes de Motown quand j'ai travaillé sur cet album. En plus, il a été enregistré en analogique. C'est en quelque sorte un clin d'oeil aux années 60.»
Le chanteur, guitariste et claviériste dit ne ressentir aucune pression extérieure à l'approche de la parution du nouvel album, même si la barre avait été placée haute depuis que The English Riviera a été mis en nomination au Mercury Prize. «J'ai terminé cet album trop tard pour que la pression affecte ma musique. En fait, je suis la personne qui me met de la pression!»
Chimie
Love Letters sera également le second album où Mount et Oscar Cash auront la batteuse Anna Prior et le bassiste Olugbenga Adelekan comme acolytes. «La chimie est excellente entre nous quatre. C'est important, car on passe tellement de temps ensemble, il faut aimer la compagnie des autres.»
Mount avoue également qu'il apprécie de plus en plus le fait de chanter, alors que Metronomy était au départ un projet instrumental. «J'ai commencé à chanter davantage sur notre deuxième album et plus ça va, plus j'essaie d'être plus confiant, plus expressif», conclut-il.
Un titre mémorable
Pip Paine (Pay the £5000 You Owe), c'est par cet album au titre original que Metronomy a fait son entrée sur la planète musicale en 2006. Joseph Mount nous raconte la petite histoire de ce titre plutôt particulier. «À Totnes, le village où j'ai grandi, un type devait 5000 livres sterling [environ 9000 $] à un ferrailleur, et ce dernier a décidé de l'humilier en public. Il s'est donc mis à inscrire cette phrase partout, sous forme de graffitis sur de vieilles voitures qui s'en allaient à la casse. Je ne connaissais pas le gars, mais à cause de ça, il est un peu devenu une légende locale», explique Mount. Un jour, les graffitis ont cessé. «J'imagine que le gars a dû finalement être payé, ou alors il a simplement abandonné», poursuit le musicien en riant.