Le groupe Mes Aïeux a semé son message rassembleur au fil d'un programme réfléchi et savamment construit, festif et de grande classe.

Mes Aïeux: heureux d'un printemps

Il s'est écoulé près de trois ans entre la précédente tournée de Mes Aïeux et leur Tour du printemps, qui s'est arrêté mardi à la Salle Albert-Rousseau. La bande de Stéphane Archambault n'a pas ménagé ses efforts pour offrir à ses fans des retrouvailles magnifiques, tant visuellement que musicalement.
Quelques secondes auront suffi à mettre la salle dans l'ambiance : un voile vieillot qui s'ouvre sur une scène bien garnie, où les instruments côtoient des caisses de bois. Des éclairages aux tons de sépia qui embrassent le groupe. Un chanteur/comédien qui interrompt la première chanson pour plonger dans un conte se concluant par la phrase : «On dirait que le pays s'en revient!» Un univers scénique sur mesure pour mettre en relief les pièces de l'album À l'aube du printemps, paru en mars, sur lequel la colorée bande montre un visage plus sérieux et explore un folk-pop adouci et raffiné.
Ce virage s'est fait sentir en spectacle. Sans renier complètement son côté givré (on en veut pour preuve les collants multicolores et les perruques de lords mis à profit pour le défouloir La Stakose), le groupe a semé son message rassembleur au fil d'un programme réfléchi et savamment construit, festif et de grande classe. Du Mes Aïeux à son meilleur : une juste dose d'humour, une dentelle d'harmonies vocales, quelques clins d'oeil folkloriques, une générosité qui fait chaud au coeur et le violon virtuose de Marie-Hélène Fortin.
Place aux airs du passé
Pas d'hymne à la poutine ni de diable déguisé en Bonhomme Carnaval dans le répertoire choisi pour ce spectacle. On y fait quand même une place respectable aux airs du passé, pour la plupart réarrangés : Le repos du guerrier, Le déni de l'évidence, Ton père est un croche - particulièrement à propos en cette période de commission Charbonneau! -, Qui nous mène (en souvenir du Sommet des Amériques) et l'incontournable classique des classiques, Dégénérations, complètement réinventé.
En début de prestation, le chanteur Stéphane Archambault a rappelé que ces dernières années, les membres de Mes Aïeux ont apprivoisé la quarantaine... et qu'ils avaient décidé de ne pas reprendre la route à n'importe quel prix. Pour donner vie à leur printemps sur les planches, le groupe a retenu les services de Gabriel Pontbriand du studio multimédia montréalais Moment Factory. Celui-ci cosigne la direction artistique et a assumé la conception des éclairages. Et rien n'a été laissé au hasard pour créer un emballage visuel d'une sophistication rare. Chapeau!