«Merci, les jeunes, d'être venus»

Il était confortablement campé dans un canapé, de petits animaux sur lui. Et il chantait : «Les souvenirs de nos vingt ans sont de jolis papillons blancs...»
Benoît Cloutier était bien. L'âge vénérable, il souriait : «C'est tout simplement merveilleux. Merci, les jeunes, d'être venus.» 
Les jeunes? Il y avait de l'animation ce dimanche à la Maison Vilar de Limoilou où il écoule ses jours. Seize filles, hockeyeuses en habit sportif, jouaient avec les maîtres des lieux, des aînés souvent appuyés sur la marchette, parfois un peu confus. Mais franchement illuminés.
Autour d'eux, il y avait donc les joueuses de cette équipe pee-wee AA, au début un peu gênées, mais vite dégourdies, qui s'adonnaient aux poches ou au hockey sur table avec ces hommes et ces femmes en perte d'autonomie. On leur avait expliqué que certains peinaient à marcher, que certaines oublieraient leur nom après quelques secondes. 
Plusieurs pensionnaires rechignaient quand on les invitait au jeu, ce qui déconcertait la jeunesse. Jeunesse qui découvrait rapidement un esprit de compétition certain chez l'aïeule... Il y a ce «Na, na na, hey hey hey, goodbye» entonné pour le confirmer!
Les jeunes filles et les aînés n'étaient cependant pas seuls. Autour de cette rencontre, il y avait aussi le commerce. Mais, le sourire collé aux lèvres, Benoît Cloutier n'en avait cure de ces caméras promotionnelles. Il profitait du moment : «Il y a de la vie, ça bouge!» Il caressait la colombe et le hérisson. Il s'émerveillait. Et il chantait : «Les souvenirs de nos vingt ans...»
La présence de ces publicitaires lui passait bien au-dessus de la tête. Pourquoi était-elle là, cette équipe non sportive? La direction des Citadelles de la Capitale-Nationale a inscrit ses protégées à un concours piloté par un constructeur automobile. La troupe qui gagnera repartira avec un chèque de 10 000 $. Voilà une somme appréciable qui permettrait de couvrir les frais de la participation à un grand tournoi, fait valoir la gérante, Nathalie Roy. Pour se démarquer parmi les autres ambitieuses formations d'un océan à l'autre, il faut faire de bonnes actions.
Comme les plus âgés, les jeunes ne semblaient pas trop s'en soucier. «C'est le fun!» s'amusait Emmy Linteau. Ce qu'elle appréciait : «Quand on voit leur sourire.»
L'oeil de la pro
«Pour moi qui, maintenant, essaie de promouvoir le hockey féminin le plus possible, je trouve vraiment que c'est un beau moment, une belle action de la part des Citadelles de Québec», a commenté la hockeyeuse québécoise quadruple médaillée d'or aux Olympiques, Caroline Ouellette, présente. «Je pense que c'est important d'inciter les jeunes à en faire plus que simplement jouer au hockey. Je pense qu'aujourd'hui, elles vont apprendre qu'on a le pouvoir d'inspirer, on a le pouvoir d'aider les gens à sourire, à être heureux. Et aussi à amener beaucoup de fierté; je pense qu'il y avait beaucoup de femmes ici aujourd'hui qui jamais n'avaient vu des filles jouer au hockey. Je pense que ça montre l'avancement de la femme dans notre société.»
«De se rassembler comme ça en équipe et d'amener du bien autour de nous, ça rassemble aussi l'équipe, ça nous permet de mieux performer sur la glace.»