Sylvain Marcel, Fanny Mallette et Éric Bruneau forment un trio d'enquêteurs chevronnés dans la nouvelle série policière psychologique Mensonges.

Menteurs, menteurs

Pas moyen de leur en passer une, ils décèlent chaque signe, chaque indice pouvant les mener au coupable. Avec eux, chaque interrogatoire ressemble à un duel à finir. Et c'est diablement divertissant.
Fanny Mallette, Éric Bruneau et Sylvain Marcel forment un trio d'enquêteurs du tonnerre dans la nouvelle série policière psychologique Mensonges. Enquêteuse à l'escouade des homicides, Julie Beauchemin (Fanny Mallette) a autant de succès dans sa vie professionnelle que de déboires dans sa vie personnelle. Un couple en crise, une fille qui fugue, et un père joué par Gabriel Arcand, qu'elle tient le plus éloigné possible. L'arrivée au poste d'un nouveau spécialiste en détecteur de mensonges, Maxime Moreli (Éric Bruneau), risque de l'ébranler. Le troisième, c'est Bob Crépault (Sylvain Marcel), le bon gars, rusé, qui tourne les coins ronds, mais que tout le monde aime quand même.
Club illico gâtera ses abonnés en leur offrant les 10 épisodes d'un coup à partir du 13 mars, avant que la série arrive sur AddikTV le 12 juin prochain. Un bonbon pour attirer de nouveaux clients sur ce site de vidéo sur demande l'année dernière, et qui entrait dans 60 000 foyers après un an. Il en coûte 9,99 $ par mois pour s'abonner au Club illico.
Mensonges marque le retour du réalisateur Sylvain Archambault, qui n'avait rien fait au Québec depuis Les Lavigueur. Mensonges constituait un pari risqué, puisque la majorité des scènes se passent dans un lieu clos, une salle d'interrogatoire et une autre attenante, séparées par une vitre miroir. Ç'aurait facilement pu être étouffant ou gris longtemps, mais ça ne l'est pas; à son meilleur, Archambault a su maîtriser parfaitement cette contrainte et propose une oeuvre solide et captivante.
Quand elle cuisine ses suspects, Julie Beauchemin joue la comédie en fine manipulatrice. Elle les embobine, tantôt avec le sourire, tantôt en leur piquant des crises. Fanny Mallette incarne ce personnage avec toutes les nuances qu'il requiert. À mon avis une de ses meilleures interprétations à la télé, très affirmée et tout à fait convaincante. Éric Bruneau n'est pas moins bon dans le rôle de Maxime Moreli, et traduit parfaitement bien la tension sexuelle toujours présente entre les deux enquêteurs.
L'auteur Gilles Desjardins, qui a aussi écrit Musée Eden, manie le genre avec beaucoup d'aisance et de subtilité. Un crime à résoudre par épisode, et généralement trois suspects, joués par des comédiens invités, dont Magalie Lépine-Blondeau, Paul Doucet, Sophie Prégent et Jacques Godin. Au premier épisode, on a deux cadavres sur les bras et une sale affaire d'infidélité. Antoine Bertrand, Monia Chokri et Catherine Bérubé jouent les suspects. Dans les deux premiers épisodes, j'ai trouvé le coupable avant la fin, mais rien pour gâcher mon plaisir.
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<p>Ils ont de 30 à 40 ans et des scénarios plein la tête. Le projet Fiction nouvelle leur permettra de donner naissance à de vraies oeuvres.</p>
Le club des sept
Ils ont de 30 à 40 ans, des scénarios plein la tête et réuniront leurs forces pour pondre des fictions audacieuses que vous risquez de voir dans les prochaines années. En juin, la maison de production Pixcom se lançait à la recherche d'une douzaine de créateurs inspirés, les Serge Boucher de demain, dans le but de créer un laboratoire d'auteurs et de susciter de nouveaux projets de fiction, pour la télé, mais aussi les plateformes Web et mobiles.
Après neuf mois de gestation, on en a finalement réuni sept, des perles rares qui ont pour noms Guillaume Corbeil, Rébecca Déraspe, Kathleen Gurrie, Guillaume Lambert, Étienne Lepage, David Paquet et Jennifer Tremblay, tous emballés par le défi. Plusieurs viennent du théâtre, d'autres du cinéma, de la télé et même de l'édition.
La composition de ce casting particulier appartenait à un comité très restreint de professionnels, composé du réalisateur Patrice Sauvé, à qui on doit notamment les séries La vie la vie et Grande Ourse, de la conseillère à la scénarisation et ancienne directrice des dramatiques de Radio-Canada Myrianne Pavlovic et du producteur Jacquelin Bouchard. Appuyé par l'École nationale de théâtre, le Centre des auteurs dramatiques et l'Institut national de l'image et du son, le trio ne voulait pas d'amateurs, mais bien des auteurs originaux traînant déjà une bonne expérience du métier. «Des auteurs qui vont faire une différence», ajoute Myrianne Pavlovic.
Il se donne jusqu'à l'automne 2015 pour voir naître un premier projet concret. D'ici là, les sept auteurs se réuniront régulièrement et pourront compter sur l'expertise de consultants du milieu.
Avec ce projet, on souhaite encourager le travail d'auteurs en groupe, une rareté au Québec, mais une chose courante aux États-Unis ou en France. «Je ne sais pas comment je pourrais tenir le souffle durant sept ans en étant le seul auteur d'une série», confie le scénariste et comédien Guillaume Lambert, qui fait partie des sept privilégiés.
Jacquelin Bouchard a confiance de convaincre des diffuseurs de se rallier à ce projet pour le moins original.