Depuis ses débuts dans Jamais deux sans toi et Les héritiers Duval, les projets se sont enchaînés presque sans temps mort pour Mélissa Désormeaux-Poulin, qu'on voit ici photographiée à l'intérieur des Delirious frites du collectif ARG-Les Astronautes, une oeuvre d'art urbain présenté de le cadre des Passages insolites, à Québec.

Mélissa Désormeaux-Poulin: l'enfant de la télé

La vie va vite pour Mélissa Désormeaux-Poulin. Et cet automne, le rythme de travail de la comé­dienne passera à vitesse grand V, avec le tournage simultané de trois séries télé, dont la quotidienne 30 vies à ICI Radio-Canada Télé, où elle sera la nouvelle enseignante-vedette de l'école du Vieux-Havre.
La cadence effrénée qui l'attend pour les prochains mois ne fait pas peur à Mélissa Désormeaux-Poulin, habituée au rapide tempo télévisuel. «Bon, c'est vrai que je n'ai jamais tourné comme ça [pour une quotidienne]. C'est comme du sport extrême, mais j'aime travailler sous pression!» affirme avec le sourire la comédienne de 33 ans, de passage à Québec cette semaine pour parler du téléroman de Fabienne Larouche, dont le tournage débute le 4 août.
Pour cette nouvelle saison de 30 vies (8 septembre), Mélissa Désormeaux-Poulin campera Lou Gauthier, une prof de géographie, «de géographie culturelle plus que territoriale», précise son interprète, qui a d'ailleurs choisi elle-même la matière que son personnage allait enseigner. Mieux que ça, Mélissa a même choisi son nom. «Fabienne m'a demandé : "Comment tu voudrais t'appeler?"» se souvient-elle en riant, au sujet de sa première vraie rencontre avec l'auteure et productrice. «J'ai choisi Lou. J'aime ce prénom, sa sonorité, son petit côté sauvage.»
À partir de ces trois lettres, Fabienne Larouche a créé Lou Gauthier, une jeune femme idéaliste de 30 ans, justement un peu sauvage et rebelle, marquée au fer rouge par le divorce de ses parents dont elle est la seule enfant. L'enseignante de géographie a un amoureux (Carlos, un prof d'éducation physique, joué par Sacha Charles, que les adeptes de 30 vies connaissent déjà), mais n'habite pas avec lui et, surtout, elle ne veut pas d'enfant.
Lou vient de Québec (qu'elle a quitté il y a cinq ans) et, plus précisément, elle est Lou de Limoilou... où Mélissa Désormeaux-Poulin (de Montréal) n'avait jamais mis les pieds. Mais cette dernière a comblé cette «lacune» avec une petite visite dans son nouveau quartier d'adoption, lors de son passage chez nous cette semaine. Et elle a écouté avec attention tous ceux (dont l'auteure de ces lignes) qui ont bien voulu tenter de lui expliquer la spécificité de l'âme limouloise. Bref, disons que c'est une étape «très agréable» dans la création du personnage, s'amuse-t-elle.
Mélissa Désormeaux-Poulin a donc trois projets sur la même planche cet automne : à part 30 vies, elle reprendra son rôle de Carla Moreli pour le tournage de la deuxième saison de Mensonges (addikTV), de même que celui d'Amélie dans Ces gars-là, à V (voir encadré).
Pigiste autodidacte
Ce rythme de travail convient tout à fait à celle qui est pigiste depuis qu'elle a... six ans. «C'est ma passion et c'est toujours ce que j'ai voulu faire dans la vie», confie-t-elle, avouant que plus jeune, manquer de travail était d'ailleurs une de ses craintes.
Mais force est de constater que depuis ses débuts dans Jamais deux sans toi et Les héritiers Duval, les projets se sont enchaînés presque sans temps mort, le grand écran s'ajoutant au petit, avec notamment Dédé à travers les brumes, Incendies, et Gabrielle, pour lequel elle a d'ailleurs reçu le Jutra de la meilleure actrice de soutien.
Pas mal pour une autodidacte qui a appris au contact de ses pairs (elle cite entre autres le regretté Jean Besré, qu'elle considère comme «un maître»). «De toute façon, je n'étais pas une fille de banc d'école», estime-t-elle, une particularité dont elle se servira pour son personnage dans 30 vies, qui utilisera «d'autres façons d'enseigner».
Seul le théâtre manque à son palmarès. Elle aimerait bien un jour se retrouver sur les planches, mais avec deux fillettes de 8 et un an et demi, disons que maman préfère pour le moment garder ses soirées libres, déjà que ses journées...
Enfin, après les tournages télé, l'an prochain sera surtout consacré au cinéma, avec deux films québécois... à propos desquels Mélissa Désormeaux-Poulin ne peut rien nous dire. Tout au plus apprendra-t-on qu'ils seront réalisés par deux cinéastes connus. Drames, comédies? «C'est deux genres différents», nous glissera-t-elle, coquine. L'actrice devrait aussi se glisser dans la peau d'une violoniste dans Pianissimo, du réalisateur belge André Buytaers. Le film est cependant toujours à l'étape du financement.
Mais pour l'instant, «je vis vraiment le moment présent», conclut Mélissa Désormeaux-Poulin. Un moment présent très bien rempli.
Cette fille-là
Mélissa Désormeaux-Poulin a aussi été, en début d'année, la principale fille dans l'univers de Ces gars-là, à V, une émission «différente» à laquelle elle a adoré collaborer. Elle connaissait déjà un desdits gars, Simon Olivier Fecteau (même si elle n'a jamais participé à la populaire websérie En audition avec Simon), mais n'avait jamais rencontré l'autre, l'humoriste Sugar Sammy. «Au début, on voulait se rencontrer tous les trois pour voir si ça pouvait cliquer. Mais bon, y'a toujours un petit malaise, tu veux être drôle, en plus», se rappelle en riant la comédienne.
Rapidement, la chimie s'est installée et Mélissa s'est glissée dans la peau d'Amélie, l'ex-blonde de Simon, que celui-ci veut reconquérir à tout prix. Le style baveux et irrévérencieux de l'émission a également beaucoup plus à Mélissa Désormeaux-Poulin. «Et à V, on sent qu'on avait un peu plus de liberté qu'ailleurs», constate-t-elle.
La série revient cet hiver pour une deuxième saison et sera tournée à l'automne. Comme l'horaire de travail de la comédienne est déjà surchargé, on a limité sa participation à quatre des dix épisodes. La première saison s'est d'ailleurs terminée par une scène cruciale, qui plaçait Amélie dans une situation impossible qui risquait même de compromettre l'amitié entre les deux «bros». «Mais ça va se régler», lance avec un sourire Mélissa Désormeaux-Poulin. Rendez-vous cet hiver.