La Russe Evgenia Medvedeva, 17 ans, semble totalement invincible présentement, elle qui a remporté les deux derniers Championnats d'Europe, en plus d'être championne du monde en titre.

Medvedeva sans rivale, Fernandez menacé

Tous les deux cherchent à conserver leur couronne, mais si la Russe Evgenia Medvedeva semble sans rivale, l'Espagnol Javier Fernandez va devoir batailler pour s'offrir un triplé aux Championnats du monde de patinage artistique présentés à Helsinki, de mercredi à samedi.
Elle n'a que 17 ans, mais déjà tout d'une grande. Depuis plus d'un an, rien ne résiste à la fine silhouette de Medvedeva. Étapes et finales du Grand Prix - rendez-vous le plus prestigieux de la planète patinage après les JO et les Mondiaux -, double championne d'Europe et championne du monde en titre, record absolu de points (229,71). On voit mal qui pourrait priver l'adolescente moscovite d'un nouveau sacre qui l'installerait encore un peu plus en position idéale à moins d'un an des Jeux de Pyeongchang, en Corée du Sud.
Répondre présent compétition après compétition? «Je ne vois pas cela comme de la pression», estime la jeune Russe dans une entrevue donnée à la Fédération internationale de patinage.
Si l'or semble promis à Medvedeva, vendredi, sa compatriote Anna Pogorilaya, médaillée de bronze en 2016, et l'Américaine Ashley Wagner, médaillée d'argent il y a un an, feront partie des principales prétendantes au podium. À 30 ans, la revenante italienne Carolina Kostner, montée sur la dernière marche du podium européen il y a deux mois à Ostrava, en République tchèque, pour son premier grand championnat depuis trois ans, et la Canadienne Kaetlyn Osmond pourraient également se mêler à la lutte.
Bataille de quadruples sauts
La catégorie masculine offre de son côté un plateau d'exception et la promesse d'une bataille de quadruples sauts, avec les trois derniers patineurs sacrés champions du monde, Fernandez (2015 et 2016), le Japonais Yuzuru Hanyu (2014) et le Canadien Patrick Chan (2011, 2012 et 2013), ainsi que la nouvelle pépite du patinage artistique, le jeune Américain Nathan Chen.
Fernandez (25 ans), double tenant du titre mondial, se présente sur la glace finlandaise fort d'une cinquième couronne européenne consécutive obtenue fin janvier, une performance rarissime.
Mais, si Chan semble un peu en retrait, gare à Chen. À 17 ans, l'Américain, victorieux aux Championnats des Quatre continents mi-février devant Hanyu, champion olympique en titre, est devenu le premier patineur à réussir cinq quadruples sauts dans un même programme. Il tentera de répéter l'exploit, samedi, à Helsinki.
Comme Fernandez, les jeunes patrons de la danse sur glace Gabriella Papadakis (21 ans) et Guillaume Cizeron (22 ans) visent un troisième sacre mondial d'affilée. Le duo français aura fort à faire face aux revenants canadiens Tessa Virtue et Scott Moir. Les champions olympiques 2010 et vice-champions olympiques 2014, de retour cette saison après deux ans de pause, leur ont infligé l'automne dernier coup sur coup leurs deux premiers revers depuis la fin de 2014. D'abord au Trophée NHK, au Japon, puis en finale du Grand Prix, à Marseille (France). Depuis qu'ils ont rechaussé les patins, Virtue (27 ans) et Moir (29 ans) sont tout simplement invincibles.
En couples, méfiance pour les doubles tenants du titre planétaire, les Canadiens Meagan Duhamel et Eric Radford. La concurrence s'annonce redoutable : elle a le visage des Chinois Wenjing Sui et Cong Han, médaillés d'argent des deux précédentes éditions, des Russes Evgenia Tarasova et Vladimir Morozov, sacrés champions d'Europe il y a deux mois et valeur montante de la catégorie, ou encore des Allemands Aliona Savchenko et Bruno Massot.
Radford ennuyé par une blessure
Eric Radford souffre d'une blessure à la hanche droite qui l'accable depuis la semaine dernière.
À la veille de l'ouverture des Championnats du monde de patinage artistique, le double champion canadien Eric Radford avait peine à se bouger à son réveil.
L'Ontarien de 32 ans souffre d'une blessure à la hanche droite qui l'a accablé depuis la semaine dernière et qui l'a ennuyé lors des deux séances d'entraînement, mardi, le pire moment possible pour lui et sa partenaire Meagan Duhamel. «C'est extrêmement frustrant», a reconnu Radford.
Radford a d'abord ressenti cette blessure à la hanche de sa jambe d'atterrissage la semaine dernière, la décrivant comme des spasmes musculaires abdominaux.
«C'était ennuyant, mais la situation était sous contrôle, a-t-il expliqué. C'était juste une sorte de douleur. Et puis ce matin, je me suis réveillé et c'était tellement raide que je pouvais à peine bouger. Et une fois sur la patinoire, je ne peux pas serrer les jambes ensemble. Je ne sais pas de quel muscle il s'agit spécifiquement...»
«Comme du Jell-O»
Cela affecte principalement leur triple Lutz côte à côte parce qu'il pivote alors avec puissance sur sa hanche droite. Il est tombé trois fois en l'exécutant pendant l'entraînement de mardi après-midi et il a posé la main sur la glace une autre fois. «La sensation, c'est comme si le muscle ne répond pas. Ça donne l'impression d'avoir les jambes comme du Jell-O», a-t-il ajouté.
Une chute sur un triple Lutz en compétition serait coûteuse. Cet élément du programme court procure une note de base de 6, avec un potentiel de 3 points ajoutés pour l'exécution. Une chute vaudrait une note négative pour l'exécution en plus d'une déduction de 1 pour la chute.
Radford a des problèmes avec sa hanche, un syndrome qui affecte l'amplitude des mouvements, depuis 2012, mais il a composé avec la situation grâce à des traitements.
Il a reçu un traitement après l'entraînement et a dit qu'il se sentait légèrement mieux, et se soumettra à un autre traitement, mercredi matin, avant son programme court avec Duhamel plus tard dans la journée.
«J'espère seulement me réveiller et que tout soit normal, car à l'heure actuelle, je me sens encore faible», a dit Radford, qui ne songe pas à déclarer forfait. «Je vais néanmoins le faire, peut-être que le Lutz ne fonctionnera pas. Tout le reste s'est vraiment bien déroulé.»  La Presse canadienne