Maire de Québec à l'époque, Jean-Paul L'Allier a permis d'aller chercher les fonds nécessaires au projet de coopérative, tout en faisant confiance aux artistes.

Méduse: un maillon de la revitalisation de Saint-Roch

Pour l'ex-maire Jean-Paul L'Allier, il y eut d'abord l'aménagement du Jardin Saint-Roch, une oasis en plein coeur d'un quartier laissé à l'abandon, puis un cadeau, laissé sur le pas de sa porte par des artistes.
<p>Le chantier de Méduse, en 1995 </p>
<p>La coopérative Méduse aujourd'hui</p>
«Michel Choquette était responsable des dossiers culturels à la Ville de Québec. Il vient me voir et me dit : "Je vais te présenter des gens qui vont t'expliquer un projet fantastique". Je ne comprenais rien. J'ai écouté, ils sont partis, et j'ai dit à Choquette : "Réexplique-moi"», raconte M. L'Allier.
La Ville n'a pas de sommes à allouer à la future coopérative, mais le premier magistrat décide d'aider les artistes à obtenir de l'argent des deux paliers de gouvernement. C'est finalement grâce à l'impasse du projet de restauration des Nouvelles Casernes et de l'îlot des Palais - et quelques amitiés haut
placées - que le maire a pu récupérer un montant de 15 millions $ et l'allouer à Méduse.
Un «plus» culturel
Même s'il avoue ne pas vraiment avoir fréquenté l'endroit, sauf pour des évènements officiels, Jean-Paul L'Allier a permis d'aller chercher les fonds nécessaires au projet, tout en faisant confiance aux artistes.
«Comme administration municipale, notre intérêt était la restauration de la côte [d'Abraham]. Un projet culturel, c'était un plus. On avait, comme équipe politique, décidé de mettre la culture au coeur de la réhabilitation du centre-ville. Ça tombait bien. C'est comme ça que Méduse est née, et ce sont les artistes qui l'ont fait», indique M. L'Allier.
Les morceaux se plaçaient tranquillement pour la réhabilitation du quartier. La coopérative artistique arrivait au même moment que le centre multimédia, alors dans les anciens bureaux du Soleil. Puis il y a eu l'Université du Québec, suivie par l'Université Laval, venue rejoindre les fonctionnaires responsables de développement économique et urbain dans l'édifice La Fabrique. «J'ai aucun mérite, je ne suis pas urbaniste, je n'ai aucun métier culturel, mais je suis un politicien qui croit à la culture comme base de développement d'une société. Tu ne dis pas aux artistes quoi faire, tu leur dis ce que toi, tu veux faire avec la ville et ils se trouvent une place là-dedans», soutient l'ex-maire, qui a plusieurs fois été salué lors de notre entrevue au Fastoche, au deuxième étage de Méduse.