Réjean Hébert et Pauline Marois ont dévoilé les engagements du PQ en santé à Laval, lundi.

Médecin de famille pour tous sans hausse de budget, promet Marois

Au pouvoir, le PQ promet que tous les Québécois auront accès à un médecin de famille d'ici 2016. Il éliminerait en quatre ans les listes d'attente pour détecter l'autisme chez les tout-petits. La même chose se produirait, dans deux ans, pour les examens de d'échographie et d'imagerie médicale.
Pendant que le Parti libéral du Québec s'engage à injecter 750 millions $ sur cinq ans pour les soins à domicile, la chef du Parti québécois Pauline Marois  a dévoilé un train de mesures que le réseau de la santé devra réaliser avec un budget pratiquement gelé pour l'année qui vient.
Flanquée de son «équipe santé», rassemblée dans un minuscule local d'une clinique médicale de Laval, au nord de Montréal, Mme Marois a insisté qu'elle n'envisage pas de couper dans les services existants, «mais de ralentir leur déploiement» si elle ne parvient pas à étaler la hausse de salaire de 500millions $ que les médecins ont négocié.
Elle a réitéré que le budget de son ministre des Finances Nicolas Marceau prévoit de relever les fonds en santé. «Une augmentation de 3 %, c'est quand même pas une décroissance des budgets», a-t-elle lancé. Ce niveau, c'est plus d'un point de pourcentage de moins que le niveau nécessaire pour la progression inévitable des dépenses du réseau.
La délicate question des urgences n'a été évoquée que brièvement pour suggérer une diminution d'une heure du temps d'attente, réalisée sous son gouvernement. Pour établir des systèmes régionaux de rendez-vous, elle et son ministre de la Santé, Réjean Hébert, se donnent quelques années.
«On ne promettra pas des miracles, pour demain matin, a répondu Mme Marois. Il y a des systèmes à modifier. La volonté est là. Les moyens» le seront aussi.
Au point de presse, le ministre Hébert a fait valoir que la situation s'est grandement améliorée pour les Groupes de médecine familiale, en 18 mois de gouverne péquiste. Les GMF sont accessibles à 80 % des Québécois. Ils l'étaient à 40 %, sous les libéraux de Jean Charest, a-t-il noté. En 2016 - peut-être avant, a spéculé M. Hébert -, 300 Groupes couvriront l'ensemble du Québec.
Une des promesses ne coûtera rien à l'État. C'est le cas en permettant d'obtenir une seconde carte d'assurance-maladie pour les enfants, une pour chacun des parents.
L'annonce de la première ministre sortante survient 20 ans après une réforme effectuée par un gouvernement péquiste. Le virage ambulatoire du ministre de l'époque Yves Rochon avait été fortement critiqué à l'époque.
Pauline Marois a vécu ces remous à titre de ministre de la Santé, à la fin des années 1990. Lundi, elle a indiqué qu'elle n'a pas pris ses distances avec la réforme Rochon. Elle a suggéré que la difficulté a été de la concilier avec l'opération de restrictions budgétaires qu'avait menée le gouvernement de Lucien Bouchard.
Les engagements servent à «placer le patient au coeur du système de santé», soutient le Parti québécois. Il ne faut pas y voir une appréciation négative de ceux qui y oeuvrent, a précisé Mme Marois. Médecins, infirmières et autres membres du réseau sont handicapés par un système «qui fonctionne en silo. Je ne blâme personne.»