Gérald Maltais est fier de sa fille, Dominique Maltais, qui vient de gagner une médaille d'argent en snowboard cross, aux Jeux olympiques de Sotchi.

Médaille d'argent pour Dominique Maltais: un papa ému et heureux

Si Dominique Maltais décidait de se présenter aux élections, il y a fort à parier qu'elle délogerait le maire en poste. «Je lui laisserais ma place, je ne me ferais pas battre», répondait d'un ton rieur son père Gérald Maltais, qui est aussi le premier magistrat de Petite-Rivière-Saint-François.
Près de l'arrivée et ébloui par l'étincelant soleil, le paternel a suivi la course, les yeux rivés sur l'écran géant et le bas de la piste. Il a fait le voyage à Sotchi en compagnie d'un commanditaire de sa fille, le reste du clan se trouvant à neuf fuseaux horaires de là. Ému, il était heureux pour Dominique.
«Il s'agit vraiment d'un beau couronnement. L'après-Vancouver n'a pas été facile, mais elle a su merveilleusement bien se remonter. Elle était bien supportée, conseillée et elle a mis tous les efforts pour y arriver. Tout le mérite lui revient», confiait M. Maltais.
La première fois qu'il a pu serrer la deuxième de ses trois filles dans ses bras, c'était sous l'arche dans l'aire d'arrivée. Les deux se sont enlacés pendant plusieurs secondes, ce moment étant plus réjouissant que celui plus douloureux d'il y a quatre ans.
«C'est un petit peu plus plaisant qu'à Vancouver, où on était tous-là. Dominique visait la première marche, mais la deuxième, c'est excellent. On appréhende toujours les courses, elles [les filles] ne sont pas à l'abri d'une chute en raison des impondérables de ce sport. On voulait un podium au minimum, idéalement on aurait aimé l'or, mais on va se contenter facilement de la médaille d'argent.»
Dominique fait battre le coeur de ses proches depuis longtemps, mais en ce dimanche, ce fut un crescendo qui s'est conclu par un hymne à la joie.
«Jamais n'aurais-je pensé un jour venir en Russie. De la voir remporter une médaille aux Jeux olympiques de Sotchi, c'est le plus beau moment de ma vie», avouait-il entouré par quelques amies de sa fille, dont sa relationniste Brigitte Légaré et l'ex-biathlète Martine Albert.
Fêter avec de la vodka
Il savait qu'à Petite-Rivière-Saint-François, le reste de la famille, les amis et une bonne partie du village, comme le disait la principale intéressée, ont passé une partie de la nuit ensemble afin de regarder la course. Certains citoyens lui disent qu'on ne reverra pas de sitôt une athlète aussi productive que Dominique, double médaillée olympique et multiple gagnante du Globe de cristal.
Bien sûr, il y aura une fête au retour de la vedette locale dans son patelin. Avant le départ, le père et la fille auront certainement réussi à célébrer cette médaille d'argent. «Si je suis capable, je vais fêter ça ici. Je vais goûter à la vodka russe», disait-il, heureux... comme un père.
Dans le tourbillon médiatique qui suit une telle réussite, Dominique a eu le temps de parler brièvement à sa mère, à sa grande soeur et à son amoureux. «Pour eux, ç'a été dur de me voir partir aussi souvent, je leur en suis très reconnaissante, on l'a fait ensemble. De savoir que mon père était ici pour me voir finir ma carrière avec une médaille, c'est fantastique. Je leur ai aussi dit que mon père allait bien, qu'il était toujours en vie...», rigolait-elle avant de fermer le livre de cette belle journée.