Me Jessie Bérubé: avocate accusée au criminel

La carrière de l'avocate criminaliste Jessie Bérubé est en chute libre. Hier, son nom apparaissait sur le rôle criminel du palais de justice de Québec, alors qu'elle est accusée d'entrave à la justice.
On accuse Me Bérubé d'avoir «volontairement tenté d'entraver, de détourner ou de contrecarrer le cours de la justice». Les faits reprochés à l'avocate se seraient déroulés le 26 février dernier.
La femme de 29 ans s'était rendue aux enquêteurs de la police de Québec mardi après-midi, alors qu'elle savait qu'un mandat d'arrestation visé avait été émis à son nom. Elle a été libérée avec une promesse de comparaître. Elle n'était pas au tribunal, hier, lorsque sa cause s'est retrouvée devant le juge.
Le Journal de Québec a affirmé dans son édition d'hier qu'on reproche à l'avocate d'avoir suggéré à des clients des stratégies «inhabituelles» afin de se sortir d'une situation dans laquelle ils se seraient placés. Ces quatre individus auraient comploté pour faire une introduction par effraction dans un logement, en février dernier, dans le quartier Limoilou, pour se rendre compte, trop tard, qu'ils s'étaient trompés d'adresse.
Deux des quatre individus ont déjà été arrêtés, alors que les deux autres, Jean Pierrin fils et Dale Huron-Laperrière, étaient toujours recherchés, hier après-midi.
Gestes embarrassants
Depuis quelques mois, l'avocate a multiplié les gestes qui l'ont placée dans la plupart des cas dans l'embarras. En mars dernier, Me Bérubé était absente du palais de justice de Québec alors qu'elle devait travailler dans le cadre de deux procès dans des causes d'agression sexuelle.
Au cours du même mois, on apprenait qu'un individu arrêté dans le cadre de l'opération SharQc, Bruno Belzile, avait été appréhendé en novembre 2011 au volant d'une voiture appartenant à Me Bérubé. Belzile avait alors été arrêté en possession d'une substance illicite.
Le 9 mai dernier, Me Bérubé s'est effondrée en pleine salle de cours, au palais de justice de Montmagny, durant le procès pour meurtre du délinquant Daniel Blais, après avoir subi une crise de panique.
D'après le Barreau du Québec, Me Bérubé peut techniquement continuer à exercer. «Au moment où on se parle, il y a la présomption d'innocence», dit Martine Meilleur, porte-parole de l'organisme.
Si elle devait finalement être jugée coupable, le comité de discipline du Barreau devrait se poser deux questions comme elle le fait dans chaque cas qui lui est soumis. Est-ce que la faute commise a un lien avec la profession? Est-ce que la sécurité du public est en danger? Selon le type de faute commise, Me Bérubé pourrait être suspendue ou même radiée.
Avec la collaboration de Jean-François Néron