Le criminaliste Huot a souvent travaillé dans des affaires médiatisées, comme le dossier Scorpion ou le décès de Claudio Castagnetta.

Me François Huot nommé juge à la Cour supérieure

Un criminaliste parmi les plus réputés de Québec, François Huot, a été nommé, hier, juge à la Cour supérieure.
L'information avait circulé durant toute la journée au palais de justice, mais ce n'est qu'en toute fin d'après-midi que le ministère de la Justice du Canada en a fait l'annonce officielle. Procureur de la Couronne de 1990 à 1999, le juge Huot est ensuite passé du côté de la défense où il accumulait les coups d'éclat.
Parmi ses hauts faits d'armes comme avocat de la défense, il y a eu cet acquittement du Dr Robert Trudeau de 13 chefs d'agression sexuelle, à La Malbaie, en 2005. En 2002, le juge Huot avait fait considérablement réduire par la Cour d'appel la peine infligée au «prédateur de la 20», André Gagnon. Plus récemment, soit le mois dernier, il a fait acquitter le journaliste Yvan Côté d'accusations de conduite avec capacités affaiblies causant des lésions et de conduite dangereuse.
Sans nécessairement obtenir des acquittements, François Huot s'était aussi fait remarquer pour son travail dans des affaires très médiatisées, telles celles des hommes d'affaires Jacques Racine, Yves Doyon et François Houle, tous accusés dans le dossier Scorpion qui avait amené le démantèlement du réseau de prostitution juvénile à Québec. Jusqu'à hier, Me Huot représentait Marie-Ève Bastille, cette jeune femme accusée l'an dernier du meurtre de son bébé naissant, ainsi que la famille de Claudio Castagnetta.
À l'époque où il était procureur de la Couronne, c'est Me Huot qui avait fait condamner le Bourreau de Beaumont à 22 ans de pénitencier. D'ailleurs, l'individu avait été accusé puis acquitté d'avoir offert de l'argent à un codétenu pour qu'il assassine Me Huot.
Il ne s'agit que d'un échantillon des nombreuses causes dans lesquelles a brillamment plaidé Me  Huot. Tant à l'époque où il représentait le ministère public qu'au cours des années suivan­tes, il était considéré comme l'un des meilleurs et des plus redoutables adversaires. Son accession à la magistrature de la Cour supérieure était fort prévisible et Me  Huot se faisait régulièrement taquiner à ce sujet.
Au cours de ses années de pratique, il a obtenu une maîtrise en droit pénal de l'Université de Toronto. En quittant le ministère public, il s'était d'abord associé à Claude Gagnon, maintenant juge à la Cour supérieure lui aussi.
En 2003, Me Huot fondait son bureau en compagnie de Me Carl Thibault, un autre criminaliste. Depuis, un autre jeune criminaliste prometteur, Me Maxime Roy, s'est entre autres joint à eux.