McCartney : ménage éclair sur les Plaines

À les voir à l'oeuvre hier matin sur les plaines d'Abraham, on aurait dit des abeilles tellement ils étaient affairés. En une dizaine d'heures, les travailleurs de l'équipe de nettoyage mandatée pour faire maison nette après le passage de Paul McCartney avaient pratiquement fait oublier le passage de la foule monstre.
À la tête de la petite ruche de 38 nettoyeurs d'origine colombienne, Hildebrando Leon, directeur des opérations de Maintenance métropolitaine de la Capitale. Il n'était pas peu fier du travail accompli lorsque Le Soleil l'a croisé en matinée, hier. Il faut dire que l'équipe d'ouvriers de tous âges avait démarré sans attendre, sitôt le concert terminé, vers 00h20.
Dans l'air frais du matin, après une nuit sur le terrain, ce n'est pas l'ampleur de la sale besogne qui déplaisait à M. Leon, mais plutôt... la température! «Il fait froid. Pour nous, c'est l'hiver quand il fait 26 ºC», blaguait tout sourire le Colombien à la barre de la jeune entreprise familiale, fondée il y a un an et demi.
Marathon
Et dire que l'homme avait encore le goût de rigoler, après un véritable marathon de ménage pour le moins unique. Car entassés durant de longs moments en prévision du spectacle de l'ex-Beatle, certains spectateurs ont littéralement campé sur place... avec tous les détritus que ça comprend. Et même plus!
À travers le lot, chaises de camping, bouteilles de plastique, couvertures et emballages de nourriture étaient choses courantes.
«On a même trouvé des sous-vêtements et des cellulaires», raconte M. Leon. Évidemment, les objets de valeur découverts pendant cette chasse au trésor bien orchestrée, ont été remis entre les mains des organisateurs du concert, assure le chef d'entreprise.
Pendant que des cargaisons de caisses de bouteilles de bière vides étaient ramenées vers la sortie du site, un homme en bleu faisait de son côté son travail avec le sourire. Et pourtant, le travailleur de Sani-Bleu avait la lourde tâche de ramener à bon port les toilettes portatives. Sur les lieux depuis 6h hier, six hommes de l'entreprise sillonnaient les longs murs bleus formés des précieux abris sanitaires.
Au total, plus de 200 toilettes à s'occuper sans compter les trois remorques de 45 pieds équipées pour satisfaire à la tâche. «Une grosse journée de 12 heures», prévoyait Martin Sirois, loin d'être impressionné par la tâche, et ce, malgré l'importance du nombre de spectateurs la veille. «Ce n'est pas dégueulasse. Les gens ont été respectueux. C'est pas mal pire à certains shows rock!»