Maurice Tanguay en compagnie de Sidney Crosby.

Maurice Tanguay, l'homme sans qui rien n'aurait été possible

Après une cinquantaine d'années d'engagement dans le monde sportif à titre de fondateur d'équipes, de commanditaire ou d'actionnaire, l'homme d'affaires Maurice Tanguay est celui qui a largement contribué à la présentation à compter d'aujourd'hui à Rimouski de la finale 2009 de la Coupe Memorial en y jetant les bases d'une solide organisation professionnelle.
« J'adore le sport. J'ai joué comme attaquant au hockey au Collège de Lévis quand j'étais étudiant. Voilà 50 ans que je m'occupe de hockey tant comme commanditaire, fondateur et actionnaire d'équipes, de ligues.», raconte M. Tanguay dans un entretien avec Le Soleil à la veille de l'ouverture des activités de la Coupe Memorial.
Premiers pas en affaires
À notre demande, M. Tanguay, qui célèbre ses 75 ans cette année, revient sur ses premiers pas en affaires.
Né à Saint-Philémon, dans Bellechasse, Maurice Tanguay a ouvert, alors qu'il était au début de la vingtaine, un garage à Montmagny, où on vendait des voitures Dodge Desoto puis Chrysler jusqu'en 1961. Il décide alors d'ouvrir un magasin de meubles à Lévis. Cette décision a jeté les bases de la grande entreprise Ameublements Tanguay connue partout au Québec.
Le début de l'Océanic
En 1995, avec des hommes d'affaires de Rimouski, M. Tanguay prend la tête d'un groupe pour acheter la concession des Lynx de Saint-Jean de la Ligue de hockey junior majeur pour la déménager à Rimouski. C'était le début de l'aventure de l'Océanic.
«J'ai passé trois mois en Floride cet hiver-là. On me parlait plus de l'Océanic en Floride que des Ameublements Tanguay», se souvient l'homme d'affaires.
Ce rappel donne toute la dimension de l'homme passionné de hockey. L'auteur de ces lignes a déjà vu M. Tanguay écouter à la radio un match local de séries...à quelques pas de sa loge. «Je prenais le hockey tellement à coeur. J'écoutais le match en dehors de la glace. J'étais trop nerveux pour regarder la partie.»
Rimouski est devenue pour l'homme d'affaires retraité une deuxième famille. «Le père fondateur de l'Océanic ne serait pas un mauvais titre. C'est une belle aventure qui continue avec le groupe des actionnaires de Rimouski où la bonne entente règne; c'est le secret de la réussite du club», confie M. Tanguay.
Décisions difficiles
Puis, il évoque avec une grande émotion la période où il était, avec Doris Labonté, aux opérations hockey. «Doris Labonté a fait une belle job. J'ai toujours aimé Doris. J'espère qu'un bon jour, on va tous reconnaître son travail. Il savait se faire respecter de ses joueurs. Avec lui, tout a toujours bien été», affirme M. Tanguay.
Mais il y a aussi eu des décisions difficiles à prendre, comme l'échange de Philippe Sauvé à Drummondville et de Jean-François Plourde à Sherbrooke, ainsi que le congédiement de l'entraîneur Gaston Therrien. «Je l'aimais Gaston. Doris et lui étaient en conflit. Ils ne marchaient pas ensemble. J'ai gardé Doris parce qu'il était un gars de la place et que je travaillais bien avec lui. Gaston était très populaire auprès du public et des médias», raconte M. Tanguay en assurant être toujours resté en bons termes avec Gaston Therrien.
Les joueurs de la première heure
Maurice Tanguay a gardé con-tact avec les joueurs de la première heure, au premier chef le premier capitaine Allan Sirois, originaire de Rivière-du-Loup, qui vit maintenant aux États-Unis.
«Allan m'envoie une carte de Joyeuses Fêtes à chaque année à Noël et on se parle encore au téléphone après 14 ans. C'est Allan qui nous a aidés à partir la concession. Il n'avait pas le talent de Sidney [Crosby] ou de Vincent [Lecavalier], mais il avait du coeur et il a fait un travail phénoménal. Il est sur le même pied que ces deux joueurs pour nous avoir aidés. C'est un de mes beaux souvenirs. C'est le mot juste. Ça me fait un petit velours quand je vois dans la Ligue nationale Crosby, Lecavalier, Richards, Michel Ouellet. J'ai une photo que j'aime beaucoup avec Vincent Lecavalier, Brad Richards et Sidney Crosby ensemble. C'est un souvenir inoubliable.»
Son deuxième chez-lui
Vous aimeriez saluer Maurice Tanguay entre le 15 et le 24 mai? Vous le verrez régulièrement au Colisée de Rimouski, endroit que ce passionné de hockey considère comme son «deuxième chez-lui». Et le dimanche 24 mai, l'Université du Québec à Rimouski lui rendra hommage en lui remettant un doctorat honorifique pour l'ensemble de son travail.