Le massothérapeute du SkySpa, Renald Lambert.

Massothérapeute accusé d'agression sexuelle sur deux jeunes clientes

Un massothérapeute du SkySpa que son patron considérait comme le «meilleur massothérapeute au Québec», Renald Lambert, a été accusé jeudi d'agression sexuelle sur deux jeunes clientes. La police de Québec pense que le masseur d'expérience aurait pu faire d'autres victimes.
<p>Renald Lambert</p>
Les gestes seraient survenus tout récemment à l'établissement situé au 17e étage du complexe Jules-Dallaire, sur le boulevard Laurier : le 3 décembre sur une cliente de 22 ans et le 19 décembre sur une cliente âgée de 19 ans.
Le copropriétaire de SkySpa, Sébastien Goulet, assure d'ailleurs avoir mis Lambert à la porte dès qu'il a été mis au courant de la plainte d'une cliente le 19 décembre. «La fille est sortie de la salle de massage et elle est allée me voir. Après avoir su de quoi il était question, nous avons appelé la police, et j'ai annulé tous les rendez-vous de Renald pour la journée», a expliqué au Soleil celui qui n'avait pas été mis au courant des gestes présumément posés le 3 décembre.
M. Goulet a avoué qu'il était extrêmement surpris d'apprendre que c'est Renald Lambert qui était la cible de telles accusations, un massothérapeute qui comptait une dizaine d'années d'expérience et était selon lui «le meilleur au Québec». «Si des journalistes, ma mère, ma soeur ou mon ex-copine voulaient vivre l'expérience Sky-Spa, c'est clair que je leur suggérais Renald et je n'avais que des commentaires positifs», insiste-t-il.
Ceci dit, l'homme d'affaires ajoute qu'il ne peut endosser les gestes qui sont reprochés à son ex-employé. «C'est inacceptable, et on fera tout pour que ça ne se reproduise plus jamais.»
Après avoir congédié Renald Lambert et déposé une plainte officielle auprès de l'Association des massothérapeutes du Québec, Sébastien Goulet envisage maintenant la possibilité de déposer une poursuite contre son ex-employé pour le tort causé à l'entreprise. «Ce n'est pas agréable pour personne, j'ai mis tout ce que j'avais dans SkySpa, et on ne veut pas voir tous ces efforts brisés par de telles allégations.»
Comparution
Lambert, qui était sans antécédent judiciaire, s'est livré lui-même jeudi matin au palais de justice de Québec. L'homme de 46 ans, résident de Québec, est demeuré impassible durant sa brève comparution.
L'avocate de la Couronne, MeNathalie Leroux, ne s'est pas opposée à sa remise en liberté en échange d'un engagement de 1000 $ sans dépôt d'argent. Il lui sera interdit de communiquer avec les deux plaignantes et de se trouver au cégep fréquenté par l'une des victimes ou sur les lieux de leur travail. Il lui sera aussi formellement interdit de pratiquer la massothérapie ou de se rendre au SkySpa durant les procédures. Son dossier reviendra à la cour en février.
La police recherche des victimes
Par ailleurs, le Service de police de la Ville de Québec a publié un communiqué afin de trouver d'autres victimes de Renald Lambert. Au fil des années, il a travaillé dans diverses entreprises de massothérapie de la région de Québec, souligne la police. Toute information peut être transmise de manière confidentielle au 418 641-AGIR ou au 1 888 641-AGIR.
Tolérance zéro
Le copropriétaire de SkySpa, Sébastien Goulet, jure que son entreprise exerce une politique de tolérance zéro pour les gestes à connotation sexuelle de la part de ses employés.
«Si un massothérapeute donne son numéro de téléphone à une cliente ou s'il la complimente, il est congédié. Il n'y a pas de deuxième chance», a assuré l'homme d'affaires en entrevue avec Le Soleil.
L'entreprise utilise plusieurs méthodes, notamment les fiches d'appréciation et les clients mystères, pour s'assurer que ses employés ne franchissent pas la ligne. «Et on l'a déjà fait, on a déjà congédié un massothérapeute parce qu'il avait complimenté une cliente et que c'était venu à nos oreilles.» 
Depuis les événements concernant Renald Lambert, les massothérapeutes de SkySpa ont tous été rencontrés afin de leur rappeler leurs obligations aux termes du code d'éthique et de déontologie de l'entreprise.  Ian Bussières