Pauline Marois

Marois veut des excuses de Couillard pour les «années libérales»

Copinage, magouilles, mensonges, corruption. Le Parti québécois ouvre le front de l'éthique et Pauline Marois exige des excuses de Philippe Couillard pour les «années libérales».
Le discours de la chef péquiste a pris un ton plus agressif, hier, lors d'un rassemblement militant dans le Bas-du-Fleuve. Mme Marois a remis en question la probité des ex-ministres de Jean Charest, incluant Philippe Couillard, sous le régime libéral.
«Il refuse de parler du bilan libéral sur l'intégrité, a lancé Mme Marois. Il dit que c'est du passé. Depuis qu'il est chef, tout ce qu'il fait est minimiser, banaliser, se défiler. La vérité, c'est que Philippe Couillard n'a jamais rompu avec l'héritage de Jean Charest.»
Crise de confiance
L'ancien gouvernement libéral est responsable de «la plus douloureuse crise de confiance» des Québécois envers leurs institutions, poursuit Pauline Marois. Il doit s'en excuser. «Si Philippe Couillard veut tourner la page, il doit se dissocier», a demandé la chef péquiste. «Il doit regarder les Québécois dans les yeux et admettre les erreurs du passé. Comme chef libéral, il doit s'excuser pour tout ce que son parti a fait subir à nos institutions.»
La chef péquiste enchaîne les dossiers. Les 18 anciens ministres ont tous applaudi à plusieurs reprises en période trouble l'ex-titulaire de la famille, Tony Tomassi, aujourd'hui accusé de fraude et d'abus de confiance, dit-elle. Ils étaient autour de la table au moment où des Post-its sur l'allégeance partisane étaient accolés aux candidatures pour des postes de juges. Ils ont voté 11 fois contre la tenue d'une commission d'enquête sur l'industrie de la construction. Ils devaient atteindre un quota de financement partisan de 100 000 $ par année. Elle ajoute à la liste les dépassements de coûts dans les projets.
Le candidat péquiste dans Rivière-du-Loup-Témiscouata, Michel Lagacé, n'a pas mâché ses mots: «un vote pour le Parti libéral est un vote pour la corruption». Son collègue dans Côte-du-Sud, André Simard, affirme que «la couleur des libéraux, c'est de mentir avec conviction».
Commission Charbonneau
La chef péquiste a rejeté les affirmations de l'ex-député caquiste Jacques Duchesneau selon lesquelles le PQ aurait déclenché les élections pour éviter que la commission Charbonneau entache ses pratiques de financement. «Je peux vous dire que ce n'est pas une culture que nous avons eue au Parti québécois», a affirmé Mme Marois.
En 2006, le rapport du juge Jean Moisan, commandé par le Directeur général des élections, a conclu que des prête-noms ont financé le PQ et que «le parti connaissait cette situation et [qu'il] fermait les yeux».
Samedi, la chef péquiste a réitéré sa critique envers Québec solidaire. Selon elle, les attaques contre le PQ ne sont pas de nature à servir les causes sociales défendues par les solidaires. «Il me semble que pour les Québec solidaires de ce monde, ça devrait être rassurant de savoir qu'il y a un parti capable de se fixer des objectifs de renforcer le Québec, de créer de l'emploi, pour maintenir les grandes politiques sociales qu'on s'est données», a affirmé la chef du Parti québécois.