La chef péquiste Pauline Marois

Marois réclame un chèque en blanc pour le Livre blanc

La chef du Parti québécois refuse toujours de discuter de référendum sur la souveraineté. Elle réclame un chèque en blanc pour son... livre blanc sur l'avenir du Québec.
De passage à Montréal, pour une annonce d'économie sociale, Pauline Marois s'est contentée de dire «qu'un livre blanc, ça dit tout. Ça veut dire qu'on fait le point sur l'avenir du Québec. À partir de là, les moyens peuvent être multiples. Je n'ai pas arrêté la formule.»
Mme Marois n'a fourni aucune indication si l'exercice s'inspirera de la commission Bélanger-Campeau, dans les années précédant le plébiscite de 1995. Il est impossible de savoir si une commission itinérante pour d'éventuelles audiences sera mise sur pied. Ou encore si des experts ou des élus piloteront l'exercice.
«Je ne me fixe pas de délais» pour compléter le document, a-t-elle signifié. Des sources ont récemment indiqué au Soleil que la première ministre souhaite l'obtenir dans la première année d'un mandat majoritaire qu'elle décrocherait le 7 avril.
Mme Marois a continué de faire face à la même mitraille de questions avec la même ligne de défense. Les élections portent sur la formation d'un gouvernement, non sur un plébiscite, a-t-elle répété. «Ça ne nuit jamais d'en parler. [...] Nous continuerons de le faire, mais en parlant aussi d'économie» et d'autres thèmes.
Plus tôt, lors d'une entrevue radiophonique, ce matin, la chef péquiste a parlé de son candidat vedette Pierre Karl Péladeau comme «un atout extraordinaire». Dans la région de Québec, elle l'avait présenté comme «un élément» dans son équipe.
Mme Marois a vanté la notoriété de l'ex-pdg de Vidéotron. Cela ne l'exempte pas de faire campagne dans sa circonscription de Saint-Jérôme - où il a peu fait de porte-à-porte à ce jour. Mais dans le cas de candidatures de son envergure, «certains sont sollicités à des tribunes, en dehors de leur circonscription». L'homme d'affaires a fait des apparitions sur la Rive-Nord et la Rive-Sud de Québec de même qu'en Montérégie.
Pauline Marois a effectué sa première sortie de la journée dans l'arrondissement de Pointe-Saint-Charles. Dans ce secteur plus défavorisé que le reste de l'île, elle a dévoilé des mesures visant à stimuler les entreprises du domaine de l'économie sociale.
Il ne s'y trouve aucune mesure qui ne soit annoncée déjà dans le budget du ministre Nicolas Marceau ou qui n'ait été votée par son gouvernement. Mme Marois a rappelé l'adoption d'une loi-cadre sur le sujet et des dispositions qui devraient se trouver dans la Banque de développement économique qu'elle voulait créer dès 2012. «Le développement économique et le développement social ne s'opposent pas. Au contraire, ils se complètent.»
Le chef caquiste François Legault croit que Pauline Marois a perdu le contrôle sur ses troupes depuis l'arrivée de Pierre Karl Péladeau et de l'enjeu référendaire. Le chapitre sur le livre blanc en est une illustration. «Elle essaie de ramer dans la gravelle, de reculer, et elle n'y arrive pas», a-t-il commenté.