François Legault a dit «espérer» qu'on ne passera pas la dernière semaine de campagne à parler de la charte des valeurs.

Marois parle de la charte par «manque de courage», dit Legault

François Legault estime que Pauline Marois a invité Janette Bertrand dans la campagne pour imposer son sujet de la charte parce qu'elle n'a pas le «courage» de parler «d'économie et de baisses de taxes».
«C'est ben certain qu'en invitant Janette Bertrand à prononcer une allocution, l'objectif de  Mme Marois est de dire: "Aïe, ça fait un mois qu'on ne parle pas de charte. Moi je veux qu'on parle de charte. Je ne veux pas parler d'économie et de baisse de taxes. Je n'ai pas le courage de travailler là-dessus"», a lancé le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) en entrevue à Radio X ce matin.
François Legault a aussi dit «espérer» qu'on ne passera pas la dernière semaine de campagne à parler de la charte des valeurs.
Le chef de la CAQ a toutefois réitéré aujourd'hui qu'il comprenait les inquiétudes de Janette Bertrand sur d'éventuels excès religieux au Québec.
Ce matin à la radio, François Legault a précisé que la demande pour des «balises» face aux religions est surtout répandue chez les résidents de la banlieue de Montréal.
«Les gens qui habitent sur l'île de Montréal et qui vivent avec les immigrants tous les jours ne voient pas de problème. Les gens qui habitent en banlieue de Montréal et qui viennent travailler à Montréal ne se retrouvent plus chez eux à Montréal et ça les inquiète. Ils se disent: "Est-ce qu'on peut mettre des balises?"»
Mais la façon dont Mme Bertrand a exprimé ses craintes, en parlant notamment des «riches étudiants de McGill», était «inacceptable», aux yeux de M. Legault.
La célèbre auteure et féministe a évoqué dimanche un scénario hypothétique où des jeunes «étudiants riches de McGill» bénéficieraient d'heures d'usage exclusif pour une piscine dans une tour à condos.
«C'est évident que la charte ne réglera rien dans les piscines privées des édifices», a rappelé M. Legault dimanche, ce qu'il a réitéré ce matin.
La CAQ propose aussi une charte, qui encadrerait les accommodements religieux et interdirait les signes religieux chez les personnes en autorité comme les policiers, les juges ou les professeurs.
Québec, nouveau Delaware?
S'il devient premier ministre le 7 avril, François Legault a aussi dit qu'il entend revoir les règles sur les entreprises pour les rendre plus souples et comparables à ce qui se fait au Delaware.
«On devrait changer la loi des compagnies pour avoir quelque chose qui est un peu semblable au Delaware», a-t-il en entrevue à Radio X.
Les règles de cet État de la côte est américaine ont fait jaser cette semaine. Québec Solidaire a remis en question publiquement le fait que plusieurs entreprises liées à Québecor du candidat péquiste Pierre Karl Péladeau sont enregistrées dans cet État.
La formation de gauche se demandait alors s'il pouvait s'agir d'un paradis fiscal.
Or, les avantages au Delaware n'ont «rien à voir avec les impôts», a assuré François Legault, qui souhaite plutôt simplifier les règles sur les modalités d'enregistrement des entreprises et le fonctionnement des conseils d'administration, notamment contre les offres d'achat hostiles.
Il a donné l'exemple de l'aluminerie américaine Alcoa qui a fait une offre pour acheter Alcan. L'inverse n'aurait pas été possible, car Alcoa est enregistrée au Delaware.
«On va arrêter d'être naïfs et d'être plus catholiques que le pape», a-t-il dit. «Il faut protéger nos entreprises», a affirmé le chef caquiste.