Pauline Marois a aussi défendu la décision de Pierre Karl Péladeau de placer ses actions en fiducie sans droit de regard. Une action qui correspond au Code d'éthique des élus, selon elle.

Marois accuse ses adversaires de salir la réputation des employés de Québecor

Pauline Marois passe à l'attaque dans le dossier PKP. Ses adversaires politiques Philippe Couillard et François Legault salissent la réputation des journalistes de Québecor en affirmant que l'intégrité de ces derniers est menacée par le fait que Pierre Karl Péladeau refuse de se départir de son empire médiatique.
Mme Marois s'est dite «profondément déçue» que le Parti libéral du Québec (PLQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) refusent de considérer comme un coupe-feu suffisant la décision de confier ses actions à une fiducie sans droit de regard s'il est élu dans Saint-Jérôme.
«Ce que veut faire M. Péladeau» correspond parfaitement aux exigences du Code d'éthique que l'Assemblée nationale s'est donné à l'unanimité, en 2010, a fait valoir la chef du Parti québécois. Des règles, a-t-elle martelé, qui n'existaient pas lorsque M. Couillard a été élu, une première fois, en 2003.
«Je trouve que c'est inadmissible que [le chef libéral Philippe Couillard et son homologue caquiste François Legault] s'attaquent à l'intégrité journalistique, au professionnalisme des journalistes», a affirmé Mme Marois.  
«Les journalistes sont tout à fait capables de respecter leur propre code et être capables de faire preuve d'objectivité. Leur attitude [aux deux politiciens] est condamnable.»
Lundi, Pierre Karl Péladeau a commencé par affirmer que jamais il ne céderait à une recommandation du commissaire à l'éthique, l'enjoignant de se départir du joyau de ses actifs. Il a adouci sa position, en fin de journée. Pauline Marois a répondu qu'elle n'est pas intervenue pour qu'il change d'idée.
François Legault s'est défendu mardi de mettre en doute le professionnalisme des journalistes de Québecor. Mais il estime que l'implication politique de M. Péladeau les place dans une position délicate. «C'est malheureux pour eux qu'on leur mette une telle pression, a affirmé M. Legault. [...] Il va y avoir des journalistes, la majorité probablement, qui vont se tenir debout. Ils vont dire : "Moi, ça ne me dérange pas, je vais perdre ma job s'il faut, mais je vais tenir à mes principes." Mais pourquoi leur faire subir ça? Et je pense qu'il y a certains journalistes qui vont être ébranlés par les appels de la part des amis de Pierre Karl.»
Tout de suite, dit Couillard
De passage à Trois-Rivières, Philippe Couillard a répété n'avoir «aucun doute sur la compétence et le professionnalisme» des journalistes de Québecor. Mais M. Péladeau doit «dissiper le doute», dit-il.
Le chef du PLQ a aussi précisé que M. Péladeau ne doit pas attendre d'être élu pour se départir de ses actions de Québecor. «Il doit les vendre immédiatement parce qu'on est en campagne électorale», a-t-il dit. 
Avec Valérie Gaudreau et Simon Boivin