«Je suis content d'en être arrivé là, à ce grand moment de vie. J'ai tout vendu pour arriver ici. J'ai vendu ma maison parce que j'avais besoin de financement», explique le chanteur sur son cheminement pour réaliser 22 câline de blues.

Mario Saint-Amand: le tout pour le tout

En incarnant Gerry Boulet au cinéma, Mario Saint-Amand s'est frotté au rôle d'une vie. En se réappropriant - sur scène et sur disque - le répertoire du célèbre rockeur québécois, le comédien et chanteur boucle la boucle... et joue le tout pour le tout.
«Je suis content d'en être arrivé là, à ce grand moment de vie. J'ai tout vendu pour arriver ici. J'ai vendu ma maison parce que j'avais besoin de financement», raconte Saint-Amand de sa voix rauque si particulière.
Ce «grand moment de vie», c'est 22 câline de blues, projet qui prendra corps à Québec cette semaine : l'album arrivera dans les bacs aujourd'hui, le spectacle de lancement suivra jeudi au Théâtre Petit Champlain. Le chanteur y partage ses interprétations de titres chantés par Boulet ainsi que les histoires qui se cachent derrière eux. Il s'affirme aussi dans la composition : la pièce Divine, qu'il signe «à quatre mains» avec Jean-François Caron, est notamment immortalisée sur l'album.
«C'est un hommage aux paroliers, aux poètes qui ont créé la musique rock et le blues au Québec. S'ils n'avaient pas été là, Offenbach n'aurait pas existé. Ou il aurait existé autrement», résume Mario Saint-Amand, offrant un coup de chapeau aux André Saint-Denis, Pierre Huet, Michel Rivard, Pierre Harel et Cie. «Ce sont des histoires qui nous ont marqués et qui nous marquent encore parce que ces chansons sont restées dans le temps, ajoute-t-il. Elles nous suivent depuis 30 ans.»
La performance de Mario Saint-Amand dans le film Gerry d'Alain Desrochers a marqué les imaginaires. Selon le comédien et chanteur, le téléphone a continué de sonner pour lui réclamer des chansons du célèbre rockeur, mais aussi les siennes. Une tournée des salles du ROSEQ a suivi, le goût des planches s'est enraciné. «J'ai décidé de monter ce projet final, qui englobe tout ce que j'ai fait depuis trois ans», précise Saint-Amand.
Sentiment d'appartenance
Comme motivation au projet 22 câline de blues, Mario Saint-Amand cite la nécessité de «savoir d'où on vient» pour cultiver un sentiment d'appartenance à la culture. «J'ai tellement entendu parler, depuis une dizaine d'années, de jeunes qui préféraient écrire en anglais, note-t-il. Je me demande pourquoi il y a cette barrière-là qui les empêche de s'y mettre et de peaufiner leurs textes en français. Parce que la langue leur fait peur? Parce que c'est plus facile de dire "I love you" que "je t'aime"?»
La recherche qu'il a faite auprès des paroliers ou de leurs proches, Saint-Amand la considère un peu comme «une école». Avec ce projet, il dit aussi boucler la boucle associée à Gerry Boulet dans sa carrière et ouvrir vers la suite des choses.
«Je ne pensais jamais devenir producteur, avoue-t-il. Quand je sors de l'argent de mes poches pour faire un album, je deviens une PME. Je sens que j'ouvre une porte importante dans mon désir de création. Et c'est là que c'est le plus payant. Ce n'est pas financièrement. C'est dans la gratitude que j'éprouve à voir des gens qui sont stimulés par le projet, heureux d'y travailler, comblés de mettre l'épaule à la roue et d'arriver à un produit final.»
Dans son avenir, Mario Saint-Amand voit de la musique, de l'écriture de scénarios et du jeu : on le verra d'ailleurs dans le téléroman 30 vies, sur les ondes d'ICI Radio-Canada Télé.
Vous voulez y aller?
Qui : Mario Saint-Amand
Quand : le 30 janvier à 20h
Où : Théâtre Petit Champlain
Billets : 45 $ ou 53 $ pour le combiné lancement (à 18h) et spectacle
Info : 418 692-2631