Marie-Philip Poulin a fièrement exhibé sa médaille d'or devant l'énergique comité d'accueil qui l'attendait à l'aéroport.

Marie-Philip Poulin: l'or grâce aux bonnes étoiles

La famille a joué un rôle primordial dans le parcours sportif de Marie-Philip Poulin. À Sotchi plus que jamais, la médaillée d'or s'en est remise à ses «anges gardiens» pour l'aider à accomplir sa destinée olympique.
Quand l'action se corsait sur la patinoire du Palais des glaces Bolchoï, c'est à ses grands-parents disparus que Marie-Philip Poulin parlait pour se recentrer. Sa prestation d'anthologie dans la finale des Jeux de Sotchi, c'est à eux qu'elle la doit, croit-elle.
«Après Vancouver, je croyais que le conte de fées était terminé. Que si j'avais voulu en écrire un plus beau, je n'aurais même pas pu le faire. Mais j'ai perdu des grands-parents dans les trois dernières années. Et je pense que j'avais des bonnes étoiles qui veillaient sur moi. Je ne leur ai jamais autant parlé! J'en ai trois en haut et une vraiment spéciale ici que je ne remercierai jamais assez», a laissé entendre Poulin, au sujet de sa grand-mère Julienne Bisson Poulin, à qui elle a passé sa médaille au cou, à son arrivée à l'aéroport, mardi.
Son père Robert raconte l'anecdote qui, déjà, prend force de légende. Avant son décès, grand-papa Roch avait parlé à Marie-Philip. «Quand mon père est mort, il y a quelques années, il lui a dit : "Salut, princesse!" Ce sont les derniers mots qu'il lui a dits. Je pense que c'est à cause de ça qu'il y a un petit peu de conte de fée dans sa vie. Sa princesse, c'était elle», explique-t-il.
Grand-maman Julienne confirme. «Il l'avait appelé "ma petite princesse" et lui avait dit qu'elle allait aller loin...»
Il n'était pas le seul à croire au talent de sa petite-fille. Quelques années plus tard, elle continue toutefois de surprendre sa famille. Qui aurait cru qu'elle puisse faire oublier les Jeux de Vancouver par une performance encore plus dominante à Sotchi?
«On s'est pincés, ma femme et moi. On s'est dit que ça ne se pouvait pas, que c'était incroyable. Mais c'est arrivé. Elle n'était peut-être pas à 100 % pour le tournoi, mais elle a joué à 200 %», s'étonnent encore ses parents, Robert Poulin et Danye Nadeau.
Force de caractère
Cette force de caractère, Marie-Philip Poulin la doit-elle à ses parents? Ou encore à la détermination notoire des Beaucerons?
«On ne sait pas de qui ça vient, peut-être un petit peu des deux. Je peux juste vous dire ce que l'entraîneur Kevin Dineen nous a dit quand il nous a fait venir après le match. [...] Je suis un peu gêné de le répéter... Mais il a dit que notre personnalité, à tous les deux, se reflétait sur elle. J'étais content de ça», a révélé le paternel.
Avec raison! À 22 ans, Marie-Philip Poulin est déjà considérée comme l'une des meilleures hockeyeuses au monde. «On est tellement heureux et fiers d'elle! C'est une médaille d'or et elle, c'est une fille en or!» a conclu grand-maman Julienne, avant de donner rendez-vous au Soleil, à la même heure et à la même place, dans quatre ans.