Défaits à leurs quatre derniers matchs préparatoires contre les États-Unis, le Canada et Marie-Philip Poulin ont finalement eu le dessus 3-2, hier, sur leur grand rival.

Marie-Philip Poulin: à deux victoires d'une seconde médaille d'or

Dans l'attente d'un autre duel au sommet contre les États-Unis, le Canada a vaincu l'équipe américaine 3-2, hier à l'aréna Shayba, pour obtenir son laissez-passer pour la demi-finale du hockey féminin. Marie-Philip Poulin n'est donc qu'à deux victoires de la seconde médaille d'or de sa jeune carrière.
La Beauceronne n'a pas participé au pointage dans ce face-à-face attendu contre leurs éternelles rivales - les Canadiennes avaient perdu leurs quatre derniers matchs préparatoires contre les États-Unis -, laissant cette tâche à Megan Augosta (2) et Hayley Wickenheiser. La rencontre n'a pas donné lieu à des débordements, comme ce fut le cas dans certains matchs entre ces deux formations dans un passé récent.
«Ça fait quatre ans qu'on vise la médaille d'or comme en 2010, on s'en va tous dans la même direction», nous disait-elle avant cette rencontre attendue.
À 22 ans, Marie-Philip n'est plus la recrue de 2010, où elle était le bébé (en âge) de l'équipe. Son expérience internationale lui permet d'apprécier encore plus ce qu'elle vit et de ne pas se laisser distraire par ce qui se passe autour. Comme l'arrivée en ville de l'équipe masculine, par exemple, qui attire l'attention de tout un chacun.
«Nous sommes habitués à leur présence. Les gars, ce sont des idoles, non seulement pour les jeunes, mais aussi pour nous. C'est un privilège de les côtoyer et de porter le même chandail qu'eux. Il y a un respect mutuel entre nous, on sait qu'ils vont nous encourager comme on le fera de notre bord», soulignait-elle sans savoir que les Crosby, Subban, Luongo et compagnie seraient dans les gradins pour les appuyer.
«UNE même grosse famille»
L'été dernier, les deux formations nationales ont eu un séminaire à Calgary. À l'occasion d'un souper, on avait eu l'idée de mélanger les genres, histoire de mieux se connaître et de tisser des liens pour l'aventure olympique qui s'en venait.
Aujourd'hui, hommes et femmes n'ont qu'un but commun. L'or pour les uns, l'or pour les unes. Non seulement l'objectif est-il précis, mais les inspirations viennent de partout, le Canada ayant déjà remporté 10 médailles.
«L'esprit d'équipe dans le village est incroyable, autant entre les athlètes canadiens que ceux d'ailleurs. Lorsqu'on a vu les soeurs [Dufour-Lapointe] l'emporter, c'était magique. Il se passe quelque chose, ici, et même si on ne connaît pas le nom de tout le monde, on n'a qu'à se saluer et on a l'impression de faire partie de la même grosse famille», dit celle dont mère, père, marraine et parrain débarquent en ville, aujourd'hui.
La joueuse de Beauceville apprécie aussi la présence d'un ancien coach de la LNH derrière le banc. Né à Québec quand son père jouait avec les défunts As de la Ligue américaine dans les années 1960, Kevin Dineen a pris la relève de l'équipe féminine à peine six semaines avant le début des Jeux. Il disait, cette semaine, qu'un joueur des Panthers de la Floride (qui l'ont viré au début de sa troisième saison, cet automne) ne verrait pas la différence entre son discours, même s'il s'adresse à des femmes.
«C'est un honneur d'être dirigé par quelqu'un qui a joué et dirigé au plus haut niveau. Il est vraiment bon tactiquement, c'est un atout de l'avoir avec nous et la transition s'est bien passée», expliquait l'étudiante en pause de l'Université de Boston.
Il lui reste une année scolaire à terminer, et ensuite, tout indique qu'elle tentera sa chance dans la CWHL (Ligue canadienne de hockey féminin), «peut-être bien à Montréal». Mais d'ici là, tout ce qui compte, c'est l'or olympique!