Marie-Michèle Gagnon a été la meilleure skieuse au monde dimanche dernier en terminant au premier rang du super combiné en Coupe du monde de ski alpin, en Autriche. Elle tentera de répéter l'exploit à Sotchi, ses deuxièmes Jeux olympiques.

Marie-Michèle Gagnon: progression lente et dangereuse

Présentation: Marie-Michèle GagnonOccasion: Sa première victoire en Coupe du monde de ski alpin, dimanche dernier, au super combiné d'Altenmarkt-Zauchensee, en Autriche
Un déclic. Une révélation! «J'imaginais que pour gagner, il fallait que tout soit parfait. Mais ma run de super-G n'était vraiment pas parfaite et j'ai gagné pareil», a confié Marie-Michèle Gagnon, quatre jours après sa première victoire en Coupe du monde de ski alpin.
Un moment charnière dans sa carrière survenu à la station Zauchensee, dans les hauteurs d'Altenmarkt, en Autriche. L'athlète de 24 ans a été LA meilleure skieuse au monde, ce dimanche-là, dans un super combiné jumelant une manche de super-G et une manche de slalom.
«J'étais déjà montée sur un podium de Coupe du monde pour une troisième place, mais la victoire, c'est autre chose. C'est toi la meilleure! D'avoir goûté à la victoire une fois, ça me donne un bel élan vers Sotchi.
«C'est vraiment excitant d'aller vers les Jeux avec ce résultat-là. Ça aide beaucoup la confiance. Je poursuis ma progression lente et dangereuse, en espérant atteindre le sommet à Sotchi», a-t-elle précisé, le jour de l'annonce officielle de sa sélection olympique.
Cette progression «lente et dangereuse» la caractérise bien. Malgré son jeune âge, la grande brune a déjà six campagnes de Coupe du monde sous les spatules. En décembre, elle a franchi le cap des 100 départs sur le circuit mondial. Cette saison s'avère de loin sa meilleure, avec 9 résultats parmi les 10 meilleures en 15 départs. Dont sa victoire.
«En ce moment, j'ai l'impression d'être dans un moment magique, tout fonctionne bien», constate-t-elle. «Même quand j'arrive dixième, maintenant, je sais que j'ai une autre vitesse et que je peux l'utiliser. À Sotchi, je vais y aller avec la vitesse pleine.
«Pour gagner en Coupe du monde, ça prend un amalgame du mental, du physique et de la technique. Toutes les pièces du casse-tête se rejoignent. J'ai toujours été très féroce, j'attaque à fond. Mais maintenant, j'utilise le vrai chemin. Il me manquait des gains techniques que j'ai acquis et que j'utilise dorénavant.»
Avec les résultats viennent les attentes. Comme après sa médaille de bronze au slalom d'Are, en Suède, en mars 2012, qui avait été suivie par plusieurs tops 7 pour conclure la saison.
«L'an dernier, j'étais arrivée avec plus d'attente et ça ne s'était pas passé aussi bien. Alors cette année, je suis plus relaxe. Avec de la constance, je sais que mes attentes font plus de sens, qu'elles sont mieux fondées. J'y vais pour performer, pas pour finir en telle ou telle position.»
Gagnon est l'enfant chérie de la petite communauté des Etchemins où elle a grandi, Lac-Etchemin, justement en bordure du lac du même nom. Une piste du mont Orignal, son alma mater sportive, tout près, est nommée en son honneur, la «Pitch à Mitch». On a peint la vitrine de l'épicerie locale pour l'encourager.
Elle passe d'ailleurs actuellement quelques jours au foyer familial, question de se ressourcer avant d'entreprendre le sprint final. «Ça fait du bien de revoir ma famille. Même juste faire mon lavage, dormir dans mon lit, cuisiner du pain aux bananes! Me sentir chez nous», résume celle qui était sur la route depuis juillet et qui compte bientôt s'établir en Californie, patrie de son amoureux, aussi skieur professionnel.
Elle repart demain pour trois épreuves en Allemagne et en Slovénie, avant de mettre le cap vers la Russie et Sotchi. À ses deuxièmes Jeux, Gagnon participera à quatre épreuves: slalom, slalom géant, super-G et super combiné. Le super combiné olympique remplace toutefois le super-G par une descente, en première manche, ce qui la désavantage. À Vancouver, en 2010, Gagnon avait terminé 21e au slalom géant et 31e au slalom.