Du 16 au 25 août a lieu la Semaine québécoise des marchés publics.

Marchés publics: de la ferme à la ville

Du 16 au 25 août a lieu la Semaine québécoise des marchés publics. À travers 60 marchés participants du Québec, les activités, comme les récoltes, foisonnent. Régal et restos en a profité pour visiter les marchés urbains saisonniers, les plus méconnus et les «éphémères» de la région. Suivez-nous et n'oubliez pas vos sacs réutilisables!
>> Coopérative de Solidarité du Marché public de Sainte-Foy
«Le malaimé». Voilà comment certains perçoivent le Marché public de Sainte-Foy. Une perception erronée, lance sa coordonnatrice Isabelle Brodeur, qui considère que la comparaison avec le Marché du Vieux-Port ne s'applique pas. «Le nôtre cible spécifiquement le secteur agroalimentaire et est fréquenté par une clientèle très locale.»
Autre distinction importante, poursuit Mme Brodeur, les producteurs et commerçants sont réunis depuis le 15 avril en coopérative de solidarité. Auparavant, ce rendez-vous annuel relevait de la Ville de Québec qui appuie toujours le projet devenu autonome. Des parts membres de soutien sont également accessibles à la clientèle qui souhaite s'impliquer.
Car dans Sainte-Foy, la clientèle est très fidèle, assure Mme Brodeur. Le marché qui existe depuis 38 ans compte entre 35 et 40 producteurs (selon le calendrier des arrivages).
«C'est le nouveau perron de l'église», illustre la jeune femme à propos des liens tissés serré entre les producteurs et les gens qui reviennent d'année en année. «Nous les accompagnons de la planification de leur potager jusqu'aux arrivages», résume la coordonnatrice à propos du mandat de la nouvelle coopérative appelé à se développer.
Dans les plans, il y a l'installation d'une structure permanente et, à plus court terme, l'organisation d'une cuisine collective qui s'inscrirait en continuité avec la collaboration déjà établie avec Moisson Québec.
Mme Brodeur qui salue tous les producteurs par leur prénom nous présente Carole Mallard alias Mme Tomate. Derrière le kiosque de la Ferme Benoît et Denise Gaudreaut depuis 25 ans, elle en connaît un chapitre sur les tomates de Neuville. «Elles sont belles cette année, mais elles détestent les changements de température la nuit.» Dernier arrivé au marché, Réal Thérrien, lui, fait des bleuets sur sa terre de Bernières, ouverte à l'autocueillette. «Un projet de retraite», nous dit ce paysagiste originaire du Lac-Saint-Jean. En 2012, il a récolté 5000 livres de fruits. Il devrait, estime-t-il, en ramasser entre 10 000 et 12 000 livres d'ici la fin de la saison.
À noter à l'agenda que le chef Simon Côté-Tremblay du restaurant Le Pain Béni cuisinera, le 24 août, à trois reprises, des aliments du marché.
- Où : 939, avenue Roland-Beaudin
- Quand : tous les jours jusqu'au 3 novembre
- Pour plus de renseignements : rendez-vous à http://www.marchesaintefoy.com/accueil/ et sur Facebook.
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<p>Selon Isabelle Brodeur, coordonnatrice du Marché public de Sainte-Foy, la clientèle qui le visite y est très fidèle. </p>
>> Marché public de Val-Bélair
Soignez votre timidité et jasez. Au Marché Public de Val-Bélair, qui fête sa cinquième année d'existence, les producteurs aiment causer avec leurs clients. Et vice versa. On en revient le sac plein de légumes du Potager France Marcoux, de découpes de cerf rouge du Domaine du Mérifick, de fromages de Rudy Ducreux et d'anecdotes.
L'un de ces fournisseurs de tranches de vie est Philippe, le boulanger de L'Atelier du Pain de Charlesbourg. Un Belge qui fait du pain selon les méthodes du plat pays. «Sauf peut-être la baguette, plus française.» Pour la fin de l'année, Philippe et sa Fabienne, raconte-t-il, se cherchent un nouveau local à louer. Le compte de taxes les a éreintés. L'homme est philosophe. Du pain, il en pétrira ailleurs.
Toujours dans le produit de niche, Lulu Turgeon fait commerce de ses petits pots. Des contenants de pur bonheur - gelées de bleuets sauvages, confitures de mûres, etc. Sa particularité à Mme Lulu, elle cueille ses fruits dans son réseau de talles de Sainte-Claire, Portneuf et en périphérie de Québec. «Pas trop près de la ville pour ne pas travailler des fruits contaminés au monoxyde de carbone.» Seuls les poivrons, elle les achète chez des maraîchers. L'an passé, elle a vissé plus de 1500 couvercles de 110 ml de savoir-faire artisanal. En septembre, raconte-t-elle, la confiturière-cycliste roulera le long de la piste cyclable vers la chute Montmorency pour récolter du sureau.
Vous connaissez les alfajores? Ces petits biscuits argentins recouverts de chocolat noir, blanc ou de noix de coco, Gloria Porteña, qui débarque pour une première saison au marché de Val-Bélair, les confectionne à la main. Elle concocte également une autre spécialité d'Argentine, les empanadas cuits au four et sans gras trans. «Tout naturel», assure-t-elle. Ses produits sucrés, on les trouve également à l'épicerie Le Crac (La Carotte joyeuse) et les empanadas sur commande à http://www.gloriaportena.ca.
En plus de l'offre comestible, les visiteurs peuvent consulter Dre Maman. Docteure en immunologie et mère de quatre enfants, Isabelle Brodeur, également coordonnatrice au Marché public de Sainte-Foy, a créé en 2009 une gamme de produits de soins corporels doux qu'elle vend au marché depuis quatre ans.
- Où : 1465, rue de l'Innovation (stationnement de la bibliothèque Félix-Leclerc)
- Quand : tous les samedis de 9h à 13h jusqu'au 6 octobre
- Pour plus de renseignements : rendez-vous sur la page Facebook de l'événement.
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<p>Lulu Turgeon fait commerce de ses petits pots au marché public de Val-Bélair.</p>
>> Marché Saint-Sauveur
Organisé par le collectif Fardoche, un noyau de neuf citoyens engagés dans leur quartier, le Marché Saint-Sauveur fait revivre le marché Saint-Pierre incendié en 1945. Mis sur pied en 1888, ce point de ravitaillement sous forme de halles et de place publique renaît à petite échelle grâce à ce projet-pilote.
Samedi dernier, pour la première présentation, une atmosphère de fête familiale y régnait avec des musiciens animant le site. Une dizaine de producteurs locaux et de commerçants du secteur y offraient de quoi garnir la table du soir. Parmi les producteurs présents il y avait et aura la Ferme Rustique, la Ferme Chouette Lapone ainsi que la boulangerie La Boule-Miche ainsi que Le Pied Bleu - cuisine ludique.
Renaud Sanscartier, porte-parole du collectif Fardoche, explique que l'adhésion du milieu a été spontanée. L'organisation bénévole a ainsi été appuyée par le Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur et le Centre Durocher. En plus de bien nourrir les citoyens, l'initiative vise aussi à poursuivre la revitalisation en cours du secteur où s'installent de plus en plus de jeunes familles.
- Où : parc Durocher (290, rue de Carillon)
- Quand : aujourd'hui et le 24 août de 9h à 13h
- Pour plus de renseignements : rendez-vous à http://marchesaintsauveur.com/ et sur Facebook.
Faubourg en saveurs
Lancé par le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, le Collectif Caméléon, les AmiEs de la Terre et le Centre de santé et de services sociaux de la Vieille-Capitale, l'événement Faubourg en saveurs regroupe des producteurs régionaux comme Terra Sativa (Saint-Alban), l'Herboristerie La Maria (Saint-Michel-de-Bellechasse), Les Jardins d'Inverness (Inverness) ainsi que la Coopérative La Mauve. Les étales sont pourvus aussi de champignons de La Dame de trèfle (Notre-Dame-de Lourdes), de bleuets et d'ail de Catherine Drolet. À sa troisième semaine, ce ballon d'essai de marché public dans la cité aura lieu demain pour la dernière fois. Pour l'occasion, la Ferme Les Trois Bergères (Saint-Vallier) joindra les rangs et servira des merguez sur baguette.
À l'heure des bilans, Mathieu Houle-Courcelles du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste indique que les participants sondés se sont manifestés positivement par rapport à un retour (l'an prochain) en formule prolongée. «Les citoyens ont apprécié particulièrement le contact direct avec les producteurs», mentionne M. Houle-Courcelles, qui souligne également que plusieurs ont salué le fait que ce marché hebdomadaire a comblé un vide en haute ville. En espérant qu'une graine soit semée pour l'été 2014, profitez-en dimanche.
- Où : parvis de l'église Saint-Jean-Baptiste
- Quand : demain de 9h à 13h
- Pour plus de renseignements : rendez-vous sur la page Facebook de l'événement.
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<p>Un noyau de neuf citoyens engagés dans leur quartier, le Marché Saint-Sauveur fait revivre le marché Saint-Pierre incendié en 1945.</p>
Le Cercle Maraîcher en ville
Le Cercle Maraîcher a beau «poussé» à l'île d'Orléans (4052, chemin Royal, Sainte-Famille), il dispose d'une antenne sur le bitume. Ainsi, l'aquarium du Cercle sert de point de cueillette pour les paniers et, les dimanches, autour de 14h, un marché public s'improvise au gré des récoltes du jour. À noter que Le Cercle Maraîcher est également présent au Marché Saint-Sauveur.
- Où : au Cercle (dans «l'aquarium»), 228, rue Saint-Joseph Est, à Québec.
- Quand : les dimanches dès 14h.
- Pour plus de renseignements : rendez-vous à http://www.cerclemaraicher.com/index.php/fr/ et sur Facebook.
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Un premier marché public pour Lotbinière
Grâce à une initiative du milieu soutenue par le site Goûtez Lotbinière (http://www.goutezlotbiniere.com/), la région a droit à un premier marché public estival. Neuf producteurs, dont la Ferme La Rosée du Matin (Saint-Antoine-de-Tilly), la Miellerie Prince-Leclerc (Saint-Agapit) et La Charolaise (Lotbinière), tiennent kiosques chaque semaine auprès d'une clientèle déjà fidélisée selon Myriam Bolduc, agente de communications et aux événements du CLD de Lotbinière. Considérant la forte adhésion de la communauté au projet, le marché reviendra l'an prochain.
D'ici là, le 22 août, une activité spéciale est organisée à l'occasion de la Semaine québécoise des marchés publics. Des crêpes préparées par Michèle Youinou de la crêperie Du côté de chez Swann seront offertes en dégustation. D'autres producteurs ponctuels se joindront à la fête comme NYMA Chocolats & Confiseries.
- Où : IGA Veilleux de Saint-Apollinaire
- Quand : les jeudis de 15h à 19h jusqu'au 26 septembre
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<p>Aujourd'hui, chez Provisions inc., la troisième génération a pris la relève et perpétue la tradition du marché en plein air.</p>
Provisions inc.: marché de famille!
De mémoire d'homme, il y a toujours eu un marché extérieur chez Provisions inc. de l'avenue Cartier. «Depuis 64 ans», calcule Pierre Drouin qui, beau temps, mauvais temps, accueille les clients et coupe les fanes des carottes en bottes. C'est lui qui gère le trafic, taquine les «madames malcommodes» et distribue les fraises aux enfants.
Pierre Drouin cumule pas moins de 55 ans de service. Il appartient à la deuxième génération de propriétaires de l'épicerie familiale fondée en 1949. Ce pince-sans-rire a connu les marchés publics de la gare du Palais et du parc Victoria. Il continue de travailler, dit-il, au lieu «d'aller flâner au centre d'achats».
Aujourd'hui, la troisième génération a pris la relève. Les cousins Vincent et Bruno Drouin comptent toujours sur l'aide de leurs pères respectifs. S'ils ont rajeuni l'image de l'entreprise, ils perpétuent la tradition, notamment celle du marché en plein air.
Vincent Drouin raconte qu'il a commencé à 11 ans à vendre des légumes dehors. Il a été à la bonne école avec son oncle Pierre. D'ailleurs, le neveu pratique l'humour du premier. Une chance qu'ils ont la réplique facile. Car les clients ne se gênent pas pour interrompre la conversation avec des «Elles viennent d'où tes pommes, Vincent?», «Salut, boss!» Ce contact direct leur plaît bien.
Quant à la provenance des fruits et des légumes, les étals de Provisions sont ravitaillés une à deux fois par jour. C'est Pierre Drouin qui va au Marché du Vieux-Port de Québec chercher les denrées achetées auprès de producteurs de l'Ange-Gardien, de Château-Richer, de Pintendre, de l'île d'Orléans et de Neuville. Des liens de longue date. Certains producteurs viennent aussi livrer eux-mêmes. Pierre Drouin cite alors une maraîchère, Cubaine d'origine, qui cultive des framboises au nord du boulevard Pierre-Bertrand.
Y aura-t-il une quatrième génération de Drouin pour reprendre le flambeau? Au marché dès 6h pour monter les tables, Vincent Drouin n'est pas sûr d'avoir de la relève. «Je ne le sens pas», dit-il en faisant semblant de renifler. Sa motivation les jours chauds : sa piscine entre le café Krieghoff, dont il aussi copropriétaire, et son épicerie...
- Où : 1115, avenue Cartier, à Québec
- Quand : tous les jours jusqu'à la mi-octobre (selon la température)