Après une tournée de 14 ans pour Saltimbanco, Kurios marque le retour de Marc Sohier sous le chapiteau bleu et jaune, cette fois en tant que  chef d'orchestre (au centre, avec le foulard rouge).

Marc Sohier: du répit dans le bois

Pour Marc Sohier, chef d'orchestre de Kurios, l'arrêt de la tournée à Québec sera l'occasion de profiter de sa maison «dans le bois», à Saint-Gabriel-de-Valcartier.
«J'ai commencé à jouer avec le Cirque du Soleil sur Saltimbanco, en 1993. Finalement, j'ai été en tournée durant 14 ans! On est allés à peu près partout dans le monde», raconte-t-il. À son retour, il a eu besoin de s'éloigner un peu de la civilisation, d'où l'idée de s'installer dans la vallée de la Jacques-Cartier. Il a fait une longue pause du cirque, pendant sept ans, afin de passer du temps avec sa famille.
Kurios marque son retour sous le chapiteau bleu et jaune, cette fois en tant que chef d'orchestre. Un poste, en soi, aussi acrobatique que les autres! «J'ai des yeux tout le tour de la tête. On invente de nouvelles recettes au jour le jour. C'est un exercice assez intéressant, c'est très vivant», soutient le musicien de formation, un sourire dans la voix. 
«L'image que je donne souvent, c'est qu'on fait une bande sonore de film, mais qui n'est jamais pareille d'un soir à l'autre», poursuit-il. L'orchestre doit toujours être sur le qui-vive. Même si les prestations sont bien rodées et minutées, la nature même du cirque force l'improvisation. Un artiste manque parfois son numéro et le reprend. Parfois, certaines sections de partitions doivent être sautées, énumère Marc Sohier.
Pour Kurios, les sonorités sont très acoustiques, décrit-il. Beaucoup de violons, de violoncelles, d'accordéon... «C'est un peu jazz manouche. Ça nous ramène au début du siècle. Tout le spectacle baigne dans cet univers-là. Il y a de vieux gramophones, entre autres», décrit le chef d'orchestre. 
La musique a été composée à 70 % par le Français Rafaël Beau, qui lui donne un petit côté «café de Paris», détaille Marc Sohier. Le reste du travail a été fait par des compositeurs ayant travaillé sur d'autres spectacles du Cirque, Guy Dubuc et Marc Lessard, alias Bob & Bill. «C'est un beau mariage, c'est comme le Ying et le Yang», image-t-il.