Le sculpteur Marc Côté et sa compagne Marichka entretiennent une foi inébranlable dans leurs talents respectifs.

Marc Côté chante la femme

Marc Côté sculpte la tendresse, la douceur, la féminité. «Je chante la femme», dit-il lors d'une entrevue réalisée à Saint-François, île d'Orléans. Et ces mots ne sont pas vains, car il les répète souvent à sa compagne de vie, Marichka, «parce que sans elle, il n'y aurait pas de sculptures ici, soupire l'artiste. Elle m'inspire, ajoute Marc Côté. Notre duo est indissociable».
Leur succès repose sur une grande complicité et une foi inébranlable dans leurs talents respectifs. «J'ai toujours admiré la créativité géniale de Marc, avoue Marichka, et ce, dès notre première rencontre, il y a 23 ans. Un jour béni des dieux», insiste-t-elle, et qui les a conduits, à la fin des années 90, dans ce coin de paradis en plein coeur du village de Saint-François-de-l'Île-d'Orléans.
Leur maison est un presbytère plus que centenaire dont l'immense terrain est devenu avec les années un jardin de sculptures, un lieu d'exposition empreint d'une atmosphère hors du temps. Disséminées un peu partout dans la propriété, des sculptures en rondeurs, en plis et en creux réfléchissent la lumière, la dispensent pour nourrir l'émotion.
«Quand je sculpte, ce n'est pas dans la tête que ça se passe, explique l'artiste. Je ne fixe pas à l'avance les contours de l'oeuvre. Je me vois comme un médium, un intermédiaire. Mes mains sculptent la pierre de façon automatique. Je m'abandonne dans la création. Si bien qu'à la fin du processus, je suis moi-même surpris par le résultat final. Mon oeuvre, dit-il, commande l'humilité.»
Plutôt que d'exposer dans les galeries, Marc et Marichka ont fait le choix d'ouvrir leur propriété aux visiteurs. «Nous avons ainsi le plaisir de rencontrer des centaines de personnes chaque année», souligne l'artiste. Des gens en provenance de tous les continents qui nous font réaliser que la sculpture rejoint une conscience universelle. «J'ai vu une famille israélienne repartir d'ici emballée, nous remerciant de lui avoir permis de faire un pèlerinage dans l'âme d'un créateur.» Parce qu'en plus de découvrir des sculptures, les visiteurs du matin peuvent voir Marc Côté s'amuser à sculpter la pierre. «Ça me permet de démystifier l'art de la sculpture, de montrer les différentes sortes de pierres ainsi que les outils dont je me sers, bref, de faire de la pédagogie à ma façon.»
Deuxième vie
La sculpture, pour Marc Côté, s'inscrit dans sa deuxième vie. Sur celle d'avant, il préfère ne pas s'étendre «parce que c'est à partir du moment où j'ai touché la pierre, dit-il, que j'ai su ce qu'était le bonheur». Et pour Marc Côté, le bonheur, c'est la vie qu'il mène aujourd'hui avec sa bien-aimée Marichka.
Et la maison-presbytère qu'habite le couple jouxte la petite église du village de Saint-François. À l'intérieur du temple, une immense statue de saint François de Sales trône à l'endroit où se trouvait autrefois la chaire des prédicateurs. Une sculpture sur bois imposante, qui avait été endommagée par le feu et que Marc Côté a restaurée il y a quelques années «parce que l'oeuvre de Denis Morissette méritait d'être sauvé, explique-t-il. J'ai donc copié le style du sculpteur pour refaire le visage et les mains». Et aujourd'hui, la sculpture a retrouvé sa place d'honneur dans l'église reconstruite.
Le presbytère-musée des Côté est situé au 341, chemin Royal, Saint-François-de-l'Île-d'Orléans. www.marccote.qc.ca