Régis Labeaume demande de ne pas «récupérer» le décès de Guy Blouin pour protester contre les autorités policières.

Manifs contre la police: «c'est pas Ferguson ici», dit Labeaume

«On n'est pas Ferguson ici.» Même si Régis Labeaume est «bouleversé» par la mort du cycliste Guy Blouin frappé par une voiture de police mercredi, il somme les manifestants de ne pas «récupérer la mort d'un homme».
M. Labeaume a fait allusion à Ferguson, cette ville du Missouri théâtre de sanglantes manifestations après la mort d'un jeune noir sous les balles de la police le mois dernier.
Le maire demande de ne pas «récupérer» le décès de Guy Blouin pour protester contre les autorités policières. «La tentation de certains serait de récupérer l'événement. Je pense qu'il faut qu'ils pensent à la famille aussi. Il n'y a rien de plus indécent que de récupérer la mort d'un individu. Je voudrais que tout le monde se souvienne de ça», a dit M. Labeaume en allusion notamment à la Ligue des droits et libertés. «Je vais demander à la Ligue de ne pas attiser le feu.»
Le maire dit par contre partager le désarroi des citoyens. «Je comprends les gens du secteur qui s'inquiètent, qui protestent. Je me sens un peu comme eux autres», a-t-il assuré. «Mais calmons-nous, ça ne sert à rien de tout bouleverser, il faut attendre les réponses», a-t-il martelé en point de presse en marge d'une cérémonie sur le 150e anniversaire de la conférence de Québec et de Charlottetown.
Ces réponses, Régis Labeaume dit les vouloir les plus claires possible après l'enquête en cours.
«C'est troublant, c'est très, très grave», a poursuivi le maire à propos des gestes qui ont mené au décès de M. Blouin.
«Depuis deux jours, je cherche des réponses. Comment tout ça a pu arriver? On a besoin de réponses claires», a poursuivi le maire en refusant toutefois de qualifier les événements de «bavure» policière.
M. Labeaume a réitéré qu'il a demandé par le passé la création d'un bureau d'enquête indépendant. «Mais il faut faire confiance à la SQ, on n'a pas le choix. Il n'en demeure pas moins qu'on va exiger des réponses claires. Attendons ensemble les réponses et si elles ne sont pas satisfaisantes, je serai le premier à le dire», a-t-il promis.