Le comptoir prêt-à-manger, traiteur et épicerie Morena, sur l'avenue Cartier

Mange ta ville: Montcalm, mon amour!

Mange ta ville. Le titre du magazine culturel d'ARTV qu'animait Catherine Pogonat a inspiré à Régal et Restos le thème de sa série d'été : goûter Québec. Les 12, 19 et 26 juillet, la cité de Champlain, on va la boire et y mordre à pleines dents à travers des itinéraires à suivre pas à pas, dans l'ordre ou le désordre, selon l'humeur de vos papilles. En guise de finale, le 2 août, Lévis passe à table. Aujourd'hui, la balade serpente les hauteurs de la ville dans les secteurs Montcalm, Grande Allée, Saint-Jean-Baptiste, Vieux-Québec (1er de 4).
<p>L'épicerie Provisions Inc. sur la rue Cartier</p>
J'ai été élevée dans le quartier Saint-Sacrement, mais dès mon premier appart, j'ai migré vers Montcalm. Mon coeur et mes habitudes y sont restés, l'une de longue date et l'autre plus récente. D'abord,  Provisions inc. Lorsqu'on y vendait des sapins de Noël, j'y allais cueillir le mien avec ma fougueuse Orphée (Dieu ait son âme!), un Beagle mal élevé. Aujourd'hui, j'y vais avec mon fils (!).
L'été, mon gars vole une ou deux fraises à l'occasion, sans doute les premières de l'île d'Orléans à franchir le pont vers la grande ville. Car l'un des attraits de Provisions inc. est son marché en plein air qui dure jusqu'aux citrouilles. Mais ce que j'aime surtout, c'est l'atmosphère de «gang» où tout le monde se connaît sans se connaître vraiment, mon fromage râpé Spécial Gratin 1 $ moins cher que chez IGA et la boucherie axée sur le service client. En juillet, on se ramasse un panier de fraises à déguster au jardin Jeanne-d'Arc.
Après les musées, lorsque je voyage, les épiceries fines et les marchés sont ma deuxième destination. Par exemple, si je suis à Paris, aucune négociation possible; je DOIS passer de trois à quatre heures à La Grande Épicerie (38, rue de Sèvres, 7e arrondissement). Chez Morena, que j'ai baptisé «grande épicerie de Québec», ma carte de crédit ne surchauffe pas, mais j'ai droit à des papillons dans l'estomac en faisant le tour des étagères.
Des nouveautés, il y en a, ainsi que du vin en import privé, du prêt-à-manger et des pizzas (miam, la jambon) à réchauffer en criant 1-2-3. En plus, un menu du jour (de 13,95 à 15,95 $ selon les plats) permet de vraiment bien manger au coeur de ce sanctuaire de la bonne bouffe. Au dessert, essayez impérativement la cassatina, une pâtisserie à base de ricotta. Un délice avec un espresso.
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Provisions inc. (1115, avenue Cartier, Tél. : 418 525-7154)
Morena | Prêt-à-manger - Épicerie - Traiteur (1038, avenue Cartier, Tél. : 418 529-3668)
<p>Le Bistro B, sur la rue Cartier</p>
Pour bien manger, sur Cartier!
C'est rare qu'il le fasse - car c'est plutôt moi qui invite pour le boulot -, mais l'homme lorsqu'il m'invite pense d'abord au Bistro B. Sans lui prêter d'intention du genre «c'est pour-se-faire-plaisir-à-lui», je sais qu'il aime l'énergie de la place, le bar derrière lequel tout se passe et bien sûr la bouffe. Moi aussi!
J'oubliais, l'homme est techno, la carte des vins sur iPad, ça l'allume! Le menu chez François Blais - le fameux B - bouge. Le midi, le tableau du jour tourne entre 18 $ et 20 $ et le soir, les plats s'avancent de 24 $ à 29 $. Aucun d'entre eux n'est coulé dans le béton d'une carte. C'est la logique de l'ardoise et des saisons.
Sa cuisine à François Blais, elle ressemble à quoi? Des saveurs franches comme lui, des plats généreux (j'ai en tête une pâte «de garçon» aux cubes de flanc de porc), des ris de veau d'exception et de beaux poissons (morue, flétan) déposés, par exemple, sur un ragoût de petits légumes. À inscrire à ma liste de ce que je dois faire d'ici septembre : réserver pour le brunch du dimanche.
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Bistro B (1144, avenue Cartier, Tél. : 418 614-5444)
Pas de panique dans la boutique
Non, Le Billig, notre crêperie adorée, n'a pas fermé ses portes! Suffit de débouler un peu la Saint-Jean du 526 jusqu'au 481 pour la retrouver moins à l'étroit dans l'ancien Pizza 2 pour 1. Toujours en formule deux pour un, Le Billig sera moins à l'étroit (et d'un!) en plus de servir (et de deux!) des crêpes super gourmandes.
<p>Bistro l'Atelier, sur Grande Allée</p>
L'endroit pour boire
Trois buvettes ou plutôt quatre (!) pour s'arrêter le temps d'un verre ou se barrer les pieds pour la soirée.
Bistro L'Atelier
Pour les cocktails imaginés par le mixologue Patrice Plante. Regroupés en trois sections (Créatifs, Alternatifs et Distinctifs), ces élixirs, dont 12 nouveaux (de 8 $ à 14 $), ont été créés à la manière d'un plat à savoir le dosage précis de chaque ingrédient. Qu'est-ce qui les «pimpent» autant? Des amers inattendus (au céleri, au piment habanero, etc.) et des sirops ludiques à saveur de Pop-tarts pour aromatiser le Next Level (à la chartreuse, cointreau, tequila). Notre choix : l'exotique Hasta la vista Beaudet qui combine du Bacardi Oakheart, du Campari, du jus d'ananas, du sirop de litchi... Tchin!
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(624, Grande Allée Est, Tél. : 418 522-2225)
Ex aequo Le Sacrilège et Le Projet
Les points forts du Sacrilège : sa terrasse bondée d'une faune hétéroclite qui fait que personne n'a l'air à côté de ses pompes, ses spéciaux sur les bières bouteilles et pintes de midi à 3h du mat et «le spirit» cool du quartier. Pas plus, pas moins. Les points forts du Projet : en grande partie, excluant la terrasse, ceux du Sacrilège sauf qu'ici on mange pour pas cher et c'est bon et tout le Québec s'y retrouve en bouteille.
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(447, rue Saint-Jean, Tél. : 418 649-1985, et 399, rue Saint-Jean, Tél. : 418 914-5322)
Le Moine Échanson
Pour les vins natures, les conseils pour les déguster le nez et les papilles affûtés et tout ce qu'il y a en marge, c'est-à-dire des saucissons et fromages au poids, des beignets de morue et des spécialités des terroirs de France.
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(585, rue Saint-Jean , Tél. : 418 524-7832)
D'actualité, la gastronomie
Je l'ai dit et écrit récemment, j'aime beaucoup Chez Boulay. Je ne répéterai pas les raisons, vous les connaissez. En discutant avec Arnaud Marchand, le chef copropriétaire de l'établissement, ainsi qu'avec Christian Lemelin, chef à Toast! SSS et Pur Sang, j'ai pris à nouveau la pleine mesure de l'influence de Jean-Luc Boulay sur ses «élèves». Apprécier la cuisine de Marchand et de Lemelin, c'est par extension prendre la pleine mesure de celle de leur maître.
Au Saint-Amour, Jean-Luc Boulay pratique toujours la grande restauration (nappe et serviette en tissu, brigade professionnelle et attentive, produits nobles, etc.) depuis 1978. Il suffit de consulter sa carte pour constater que les jeunes chefs n'ont pas «inventé» les produits locaux avec la bistronomie. Les asperges ne poussent pas d'hier au Québec! Contrairement à la croyance populaire, il y a de moins en moins d'écart important entre les fourchettes de prix du néobistro et du «gastro». Un menu Inspiration au Saint-Amour (quatre services avec un choix de flétan ou de longe de veau en plat) coûte 65 $.
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Le Saint-Amour (48, rue Sainte-Ursule, Tél. : 418 694-0667)
<p>Le restaurant Le Sam, au Château Frontenac</p>
Le nouveau venu à signaler
Il a beau faire partie du décor depuis bientôt 121 ans, le Château Frontenac affiche des allures de jeune homme après une cure de rajeunissement de 75 M $. Personnellement, lorsque je voyage, je loue des appartements (www.housetrip.fr) plus adaptés à la vie de famille. Les hôtels, j'en profite davantage pour leurs bars et restaurants.
C'est ce que je vous propose, citoyens de Québec, avec le Château 2.0. Et les occasions sont multiples. J'ai cassé la glace il y a deux semaines à l'heure de l'apéro au 1608, le nouveau bar d'esprit british des clubs privés, très cosy avec ces fauteuils laqués au dos enveloppant. Si je n'avais été prise après ma flûte de cava, j'en aurais profité pour l'accompagner d'une planche de fromages ou de charcuteries. J'aurais pu également créer mon gin-tonic sur mesure en choisissant parmi les tonics premiums et les variétés de gin, dont du Piger Henricus.
D'ailleurs, la carte des alcools, particulièrement les rhums et les purs malts écossais, s'illustre par la qualité des labels sélectionnés. À l'agenda dans les prochaines semaines, j'irai prendre le thé avec ma mère ou les copines au Sam (tous les jours, entre 14h et 17h) pour voir comment le chef des restaurants, Stéphane Modat, réinvente l'heure du thé, sandwichs, scones, pâtisseries et crème Devon inclus. Parce que finalement, je l'aime la vie d'hôtel, je prévois sous peu un 5 à 7 pour siroter l'un des intrigants mocktails (sans alcool) sortis droit des shakers du directeur de la mixologie, Nader Chabaane.
Bien sûr, je passerai en prolongation. Pour manger. Sans doute pour me faire le palais un poulet de Cornouailles laqué au sirop d'érable et sauce soya. Accessible, Le Sam sert grignotines (7 $ à 14 $) et plats (14 $ à 27 $ pour le flétan poché). Voyez-y la porte d'entrée pour Le Champlain, là où les fans de Stéphane Modat depuis L'Utopie retrouveront sa créativité à travers une carte alliant terroir éclaté, rigueur française dans l'exécution et signature porteuse de toute la modernité québécoise (entrée et plat à la carte respectivement de 13 $ à 27 $ et de 27 $ à 42 $ ainsi que plusieurs menus signatures). Je vous en reparle plus longuement bientôt.
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Château Frontenac (1, rue des Carrières, Tél. : 418 692-3861)
Avec les bambinos qui ne tiennent pas en place!
Vos enfants ne sont pas «sortables»? Ben voyons! Il y a «vie» à part le McDo pour les parents de gamins de 5 ans et moins. On va où dans le Vieux? D'abord, les faire courir autour du Château Frontenac en leur racontant un conte (lire bobard) au sujet de Belphégor, le petit dragon qui y vit dans un donjon secret. Après, filez au Chic Shack pour casser la croûte. En formule libre-service, on y mange sur le pouce de bons burgers sur pain brioché, dont le Chiquito (7 $) pour les petits cocos, mais aussi des salades craquantes.
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Chic Shack (15, rue du Fort, Tél. : 418 692-1485)
Cache-cache terrasse...
Insoupçonnée en façade, la terrasse du Ristorante Il Bello est une oasis de confort unique dans la zone historique du Vieux-Québec. Réplique (adaptée, s'entend) de l'atmosphère BCBG de l'intérieur, ce Bello en plein air n'a rien de la zone terrasse négligée. Qu'est-ce qu'on y boit les jours de canicule? De la sangria (8 $ et 16 $ selon la soif).
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Ristorante Il Bello (73, rue Saint-Louis, Tél. : 418 694-0030)
L'heure du thé
L'été, certains lisent des polars ou des lectures «faciles» tandis que d'autres replongent dans les classiques russes (Guerre et Paix, Anna Karénine, etc.). Vous êtes plus Jane Eyre, Les Hauts de Hurlevent ou Rebecca? Après avoir lu trois ou quatre chapitres en toute tranquillité au parc Cavalier-du-Moulin (au bout de la rue Mont-Carmel) et lapé un sorbet à l'ananas ou au pamplemousse de chez Paillard (30 parfums, à partir de 3,50 $), rendez-vous à la bibliothèque victorienne du Morrin Centre pour un thé à l'anglaise. Il en coûte 10 $ (adulte) et 5 $ (12 ans et moins) pour la dégustation de quatre thés de Sebz, dont un Lapsang souchong fumé, accompagnée de biscuits sablés. Jusqu'au 1er septembre, les samedis et dimanche à 16h et 17h (deux services).
Pour réserver, rendez-vous à www.morrin.org à la rubrique Visitez notre lieu historique. Cottage Regency d'un autre âge entouré d'un jardin romantique, la Maison Henry-Stuart offre également la visite et le thé du mardi au samedi de 11h à 17h jusqu'au 30 août. Coût : 8 $ et 3 $ (6 à 12 ans).
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Morrin Centre (44, chaussée des Écossais, Tél. : 418 694-9147)
Maison Henry-Stuart (82, Grande Allée Ouest, Tél. : 418 647-4347)
Pour les pique-niques improvisés
Quelques idées pour s'étendre sur les Plaines sans chichis avec du tout prêt à portée de mains.
Deux salades (vendues au poids) de La Papillote (42, boulevard René-Lévesque Ouest) : la classique rémoulade ici actualisée avec l'addition de carotte râpée et la salade de tortellini de volaille et parmesan. À noter que son sandwich Bangkok au saumon mariné (avec de la coriandre) est bluffant et unique. Attention, il faut le manger vite pour qu'il ne détrempe pas.
La baguette de rillettes de canard au porto et/ou (selon l'appétit) la prosciutto aux deux pestos de Fastoche (Halles du Petit Quartier et Musée national des beaux-arts du Québec). Savez-vous quoi? Fastoche livre ses boîtes à lunch (14,50 $) à vélo, là même où vous étendez votre nappe, sur le bitume ou le gazon. On s'informe à sandwicheriefastoche.com
TOUS les paninis de l'Épicerie européenne (560, rue Saint-Jean). L'institution du Faubourg Saint-Jean-Baptiste est la première à Québec à avoir proposé de vrais sandwichs comme on en trouve dans les comptoirs en Italie. La famille de paninis compte neuf membres. Mon préféré : le Milanese (Prosciutto crudo, bocconcini, laitue, crème de basilic, pâte d'olives noires et poivre noir). Un classique comme l'indémodable petite robe noire.
Assez de salé, jasons sucré. Dans le panier, point de salut même à court terme pour un gelato, mais oui aux biscuits  Lady Kookie (1, rue Saint-Jean, coin Salaberry) qui souffle sur ses trois chandelles. Parmi sa gamme de biscuits haute couture, s'il y en avait juste un (pas facile) à goûter pour développer une dépendance sévère : le Roseo, deux cookies au chocolat cimentés par une crème au beurre rose layette.
Ce festin urbain, on le mange où?
Avec la marmaille : sur les Plaines. Parents venus d'autres arrondissements, sachez que les jeux sont tout neufs (super araignée pour grimper) et qu'un jeu d'eau «vide» la fontaine d'énergie des petits.
Entre adultes ou en solo : au parc-cimetière Saint-Matthew. Premier cimetière protestant de Québec, pour se faire raconter par l'historien David Mendel des anecdotes sur ses occupants... dans le creux de votre oreille! Il suffit de télécharger l'application sur App Store. Il est également possible d'emprunter un iPod à la bibliothèque Saint-Jean-Baptiste.
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Le pourquoi et le comment
Mes fidèles lecteurs qui me suivent depuis 2001 dans Le Soleil savent que j'ai publié en 2008 et 2011 deux guides de coups de coeur. C'est tout simple, j'applique ici la même règle subjective sous forme de suggestions estivales. Oui, il y a des secteurs de Québec absents. Notre parti pris est d'aller là où il y a des possibilités de flâner longtemps et de s'en mettre plusieurs fois plein la bouche. Dans chaque itinéraire, il y a «le nouveau venu», c'est-à-dire un ou des établissements récemment ouverts à découvrir au plus vite.