Voici une poignée des 155 choristes qui partageront la scène du Capitole avec les membres du groupe Mauvais Sort et l'orchestre des Voltigeurs de Québec.

Maîtrise des petits chanteurs de Québec: une passion qui rayonne

La Maîtrise des petits chanteurs de Québec cultive plus qu'une tradition. Depuis un siècle, c'est la passion qui rassemble les jeunes autour de la musique. «Quand ils chantent, ça rayonne», note Céline Binet.
<p>Robert Huard et Céline Binet</p>
Pour la coordonnatrice du programme de chant choral de l'école Anne-Hébert et directrice artistique et musicale de la Maîtrise, le bonheur et le plaisir sont des facteurs clés de la réussite. «Ça se voit qu'ils ont du fun, remarque-t-elle. On sent la passion.»
Pour s'en convaincre, il suffit de se rendre au Capitole, le 6 février, alors que 155 choristes motivés partageront la scène avec les membres du groupe Mauvais Sort et l'orchestre des Voltigeurs de Québec. Au programme entre autres, une douzaine de chansons traditionnelles joliment harmonisées à voix égales et à voix mixtes.
Si l'institution fête cette année son centenaire, c'est probablement parce qu'on a compris avec le temps que la pratique du chant choral à l'école se révèle avantageuse à plusieurs points de vue. Elle favorise notamment le développement de l'esprit d'équipe et celui de l'autonomie. En travaillant ensemble dans la réalisation d'un objectif commun, les jeunes apprennent le sens de la solidarité.
Patrimoine de Québec
La Maîtrise des petits chanteurs a été créée en 1915 à l'initiative du Chapitre des chanoines, alors fraîchement réinstauré par le cardinal Bégin. On peut dire qu'elle appartient aujourd'hui au patrimoine de Québec. Longtemps réservée aux garçons, l'institution ouvre ses portes aux filles en 1980. Celles-ci forment désormais les deux tiers des cohortes.
À l'arrivée de Céline Binet, en 1992, l'école comptait moins d'une cinquantaine d'élèves. Cette année, le secteur primaire en attire quelque 230; le secondaire, une bonne vingtaine.
Pour la directrice, cette croissance pose un nouveau défi. «Il faut apprendre à gérer [ce plus grand effectif ] tout en gardant la même qualité», indique-t-elle.
Il faut préciser qu'avec le temps, les critères d'admission ont été assouplis afin d'accueillir également certains candidats présentant une moyenne un peu moins forte. On s'est aperçu que les sujets qui éprouvent des difficultés en français ou en mathématiques en retirent un réel bénéfice. «Si le plaisir de faire de la musique permet de les garder à l'école, c'est déjà une réussite», fait valoir Mme Binet.
=> Vous voulez y aller?
Quoi : Cent ans de tradition
Qui : la Maîtrise des petits chanteurs de Québec avec Mauvais Sort et les Voltigeurs de Québec
: théâtre Capitole
Quand : le 6 février à 20h
Billets : 30 $; étudiants : 20$; 12 ans et moins : 10$ (taxes et frais de serviceen sus)
Info : 418 694-4444; lecapitole.com
De la Maîtrise à la Chapelle
Quand on le voit évoluer sur scène - physique imposant, débordant d'énergie, instinct comique manifeste -, on a peine à imaginer Robert Huard en petit chanteur tout de blanc vêtu. C'est pourtant vrai, le baryton a fréquenté la Maîtrise de 1969 à 1972. Vrai également qu'il faisait partie des «malcommodes», avoue-t-il. Cela n'étonne qu'à moitié. 
Turbulent ou pas, c'est à la Maîtrise que Robert Huard a découvert sa vocation. Dans les années 70, le régime de la Maîtrise était soumis à un calendrier d'activités liturgiques assez soutenu. Les élèves chantaient la messe du chapitre à la cathédrale à 8h tous les matins et la grand-messe tous les dimanches. Ce qui ne les empêchait pas d'en redemander. «Quand on annulait la répétition à quatre voix mixtes du mardi soir, ça en décevait plusieurs», se souvient le chanteur.
Le quotidien de Robert Huard baigne encore et toujours dans le chant. En plus de se produire régulièrement à l'Opéra de Québec et à l'Opéra de Rimouski, le baryton participe depuis des années aux concerts de la Chapelle de Québec et du Choeur symphonique de l'OSQ. Il est également maître de chapelle de l'église des Saints-Martyrs-Canadiens.