Après une autre fabuleuse journée à pagayer, un spectaculaire coucher de soleil sur l'île Niapiskau, au coeur de la Réserve de parc national de l'Archipel-de-Mingan.

Magnifique Mingan

Les meilleurs plans sont souvent les plus simples. Question de fuir la cohue anticipée des vacances de la construction, l'idée a germé de filer vers le Nord pour fuir au-delà du 50e parallèle, jusqu'en Minganie. Et pour être bien sûr de trouver une tranquillité à faire rêver, l'exploration en kayak de mer des îles qui composent le magnifique archipel nord-côtier était au programme, au rythme des vents et des marées.
Mais avant de mettre à l'eau nos kayaks, encore fallait-il s'y rendre. Car la Réserve de parc national de l'Archipel-de-Mingan n'est pas à la porte. Une bonne douzaine d'heures de voiture par la 138 en partance de Québec. Une longue journée sur la route avant d'atteindre les limites de Havre-Saint-Pierre, point de départ de notre aventure. 
Un trajet en voiture qui permet cependant de faire le vide et de se mettre dans l'esprit des vacances en découvrant un Québec maritime qu'on connaît trop peu. Un voyage à longer le Saint-Laurent jusque sur la Côte-Nord, là où le golfe devient cette mer intérieure qui paraît sans fin.
On ne le dira jamais assez, le Québec possède quelques-uns des plus beaux endroits sur la planète pour pagayer. Pour quiconque aime le kayak de mer, la région de Mingan est un paradis à découvrir. Une destination de calibre international. Et l'accueil local est à la hauteur.
Tandis que des touristes étrangers sont prêts à bien des efforts pour une visite, comme Québécois, il est facile de constater sur place la chance d'avoir chez nous ce vaste terrain de jeu nautique. En relativisant, on finit par se dire que la Minganie n'est finalement pas si loin que ça...
Mingan comblera les plus aventureux sans problème. Car comme nous l'avons fait pendant quatre jours, le pèlerinage d'île en île est quasiment sans limites au large de la côte, sur environ 150 km. Un chapelet d'une quarantaine d'îles et d'îlots calcaires surgit des eaux du golfe, à quelques kilomètres de la rive. Sans compter le millier d'îlots granitiques. À l'horizon, au sud, Anticosti.
Autant sur l'eau que sur la terre, la faune et la flore rivalisent pour nous surprendre, tandis que les spectaculaires monolithes - ces tours rocheuses sculptées par la mer et le temps, symboles de l'endroit - restent des attraits majeurs qui valent le déplacement à eux seuls.
Réserve de parc national du Canada depuis 1984, l'archipel se veut accessible, tout en affichant un côté sauvage. Campings aménagés et sentiers de randonnée balisés sur les principales îles, service de bateaux-navettes pour ceux qui ne veulent pas pagayer, et guides-interprètes ne sont que quelques services qui permettent à tous de vivre Mingan à plein.
Ça faisait à peine 10 minutes que nous avions quitté Havre-Saint-Pierre que déjà notre choix d'explorer Mingan en kayak de mer payait. Dès notre première traversée en direction de l'île du Havre, un phoque gris se pointait à proximité, comme pour nous souhaiter la bienvenue. Rapidement, rorqual commun, marsouins et oiseaux aquatiques divers s'ajoutaient à nos fréquentations de vacances.
Le soir venu, une grande tranquillité régnait dans les campings de l'archipel. Chanceux, la majorité du temps nous avions une île complètement à nous. Nous n'en demandions pas tant!
Un calme sauvage qui se ressentait également sur l'eau. Au large, les bateaux du parc et ceux qui transportent les touristes étaient bien présents, mais jamais dérangeants. Une activité quand même rassurante, sachant qu'advenant un pépin majeur, de l'aide était à proximité.
Car reste que Mingan en kayak de mer, même au coeur de l'été, demeure une destination à ne pas prendre à la légère. D'abord à cause de ses eaux très froides, à environ 4 degrés Celsius. Suffit d'y plonger une main quelques instants pour comprendre que sans de bons vêtements de protection, une nage ici devient aussitôt de la survie.
Puis, il y a la navigation. À vue, les nombreuses îles s'enchaînent sans grand risque de confusion. Sauf que la brume, fréquente dans le secteur, peut désorienter le meilleur des marins mal préparé. Un bon ami kayakiste m'avait d'ailleurs averti de faire attention. Il se souvenait encore trop bien d'une traversée qui s'était compliquée soudainement quand un voile blanc l'avait avalé sans préavis. Le GPS l'avait heureusement mené à bon port.
D'une grande beauté, ce coin du golfe Saint-Laurent mérite donc le respect. Car si les eaux qui baignent l'archipel peuvent ressembler à une mer d'huile par moment, elles peuvent également se transformer en bête sauvage qu'il faut être prêt à dompter... ou à regarder à distance en patientant.
Un environnement unique aux multiples facettes qui mérite assurément qu'on s'y intéresse, quel que soit votre goût pour l'aventure.
Pour cette aventure, les kayaks de mer - des P&H Scorpio - ont été prêtés gracieusement par Mountain Equipment Coop. Merci également à Roadpost.ca pour le prêt d'un communicateur satellitaire DeLorme InReach SE, à l'essai pour l'occasion.