Une violoniste professionnelle (Marianne Marceau) invite à souper son nouveau chef d'orchestre (Jack Robitaille), dans le but de bien se placer à ses yeux pour une promotion.

Maestro: partition rythmée

Le succès d'une comédie au théâtre tient bien souvent à son rythme. La pièce Maestro, présentée au Nouveau Théâtre de l'Île d'Orléans, n'en manque certainement pas!
Quand la situation de base est celle d'une violoniste qui tente de séduire son chef d'orchestre pour obtenir un poste de premier violon, la comparaison avec le monde de la musique s'impose. La qualité de la partition comique de Claude Montminy (Bébé à bord, Voleurs d'occasion) ne fait aucun doute. Sous la direction précise du metteur en scène Carol Cassistat, les comédiens s'exécutent avec brio. Visiblement, les représentations de la même pièce l'an dernier à L'Isle-aux-Coudres ont aidé à sceller une belle chimie entre le trio.
On a un peu craint au départ que le jeu soit gros. Il faut dire que Lucien Ratio, en grand dadais vaguement adolescent, est un peu caricatural dans ses mimiques. Mais quand la dynamique entre les trois personnages s'installe réellement, tout devient fluide.
Dans Maestro, il est question de couple, du désir de prendre sa place, de l'envie de vouloir avancer dans sa carrière... peu importe le prix. Quand Maude, une violoniste professionnelle (incarnée par la pétillante Marianne Marceau) se retrouve seule à la maison, en froid avec son copain Éric (Lucien Ratio), elle invite à souper son nouveau chef d'orchestre (Jack Robitaille), dans le but de bien se placer à ses yeux pour une promotion.
Éric frappe inopinément à la porte, pour ravoir sa friteuse... et tenter de reconquérir sa blonde. Quand il découvre la présence d'un autre homme à la maison, et qu'il s'invite pour de bon à la soirée, les choses vont déraper. Bien vite, le copain compositeur comprend qu'il a peut-être lui aussi quelque chose à tirer de cette soirée bizarroïde rythmée par les excentricités du chef d'orchestre. Les deux amoureux se démènent alors à qui mieux mieux pour ne pas jouer les seconds violons auprès du vieux snob allergique aux germes. Ils se mettent (littéralement) à quatre pattes devant lui.
L'humour se décline dans une série de situations comiques plutôt que dans les blagues elles-mêmes. Le jeu physique précis contribue beaucoup au succès de l'entreprise. Il y a un petit quelque chose d'irrésistible à la pièce de Montminy, qui nous amène dans un univers différent. La finale est savoureuse même si on a craint un moment une petite morale un peu trop appuyée.
La pièce Maestro est présentée au Nouveau Théâtre de l'Île d'Orléans jusqu'au 30 août.