Madeleine Lechasseur

Madeleine Lechasseur: proche aidante par amour et altruisme

Madeleine Lechasseur n'a pas choisi d'être proche aidante. Elle l'est devenue. Lorsque le diagnostic est tombé, il y a bientôt trois ans, elle a vite réalisé que son conjoint, atteint de la maladie d'Alzheimer, avait besoin d'elle plus que jamais. Portrait d'une proche aidante qui assume son rôle par amour et par altruisme.
La dame de 79 ans a beaucoup hésité avant de livrer son témoignage. Puis, une fois qu'elle a eu accepté, elle a été envahie de regrets et a failli renoncer quelques fois. C'est d'ailleurs ce qu'ont fait quelques proches aidants avec qui nous avons communiqué. Pourquoi? «Parce que c'est tabou, admet Mme Lechasseur. On a peur de parler de ça, peur de ce que les autres penseront si on s'exprime sur le sujet.» D'ailleurs, elle a informé les frères et les soeurs de la maladie de son conjoint il y a seulement un an et demi. «J'aurais dû le faire avant, réalise-t-elle maintenant. Ils m'ont dit qu'ils ne pensaient pas que c'était si pire.»
Si Mme Lechasseur a accepté de parler de sa situation, c'est justement pour informer ceux qui peuvent vivre une situation similaire à la sienne. Selon elle, l'information et le soutien manquent cruellement au moment où le diagnostic tombe. «Les ressources disponibles existent, mais, au début, on ne les connaît pas, raconte la proche aidante. J'ai pensé m'adresser au CLSC, et l'aide est venue. Pourtant, on fait sauver énormément d'argent au gouvernement!»
Elle peut avoir de l'aide pour le ménage de sa vaste résidence, offert par l'organisme Coup de main à domicile, mais seulement à raison de trois heures aux deux semaines. «C'est pas assez», estime Mme Lechasseur. En revanche, elle apprécie beaucoup le service de Halte-répit. Une fois par semaine, on vient chercher son conjoint à domicile pour l'amener à Rimouski, où on l'intègre, de 9h à 15h, à des activités conçues pour des personnes qui présentent des pertes cognitives. «Pour moi, ça fait du bien, souligne la proche aidante. Je fais des choses pour moi.» En dehors de ce moment-là, Mme Lechasseur ne peut pas laisser son conjoint seul.
Elle a un peu le sentiment que la maladie lui a volé la personne avec qui elle partage sa vie depuis 56 ans. «C'est mon amoureux, mon confident et mon complice que je perds trop rapidement», illustre-t-elle. «On appelle ça le deuil blanc parce que la personne aidée n'est pas décédée, mais on la perd d'une autre façon», renchérit la chargée de projet du Comité Proche aidant Rimouski-Neigette, Suzanne Verreault.