LumoCité émerveille et impressionne

Ce sont les yeux brillants et la bouche grande ouverte que les premiers spectateurs de LumoCité ont vu mercredi soir quatre constructions architecturales de la ville prendre vie par un froid mordant. Si tous se sont émerveillés devant le génie des effets 3D réalisés par les équipes venant d'Europe, des États-Unis et du Québec , celles-ci ont cependant dû faire quelques ajustements en cette soirée de première.
Magnifique, superbe, à couper le souffle; les compliments fusaient de toutes parts devant la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, où avait lieu le coup d'envoi de l'événement «urbain illuminesque». «Il [le concepteur de la projection] découpe les pierres, l'architecture, il la tourne, la bouge... C'est extraordinaire. Je suis très impressionnée», a spontanément lancé la ministre responsable de la Capitale-Nationale, Agnès Maltais, qui a assisté au spectacle aux côtés de Bonhomme Carnaval et du maire de Québec, Régis Labeaume.
«Ce sont les enfants de Robert Lepage. On parle de technoculture depuis quelques années et là, ça débourre comme on dit, on vient de monter une marche [...] C'est très, très beau», a renchéri ce dernier, qui n'a pas voulu se prononcer sur la possibilité d'installations permanentes.
Résidant de Québec, Éric croit que cette idée n'est pas mauvaise. «J'aimerais ça», a affirmé celui dont la projection son et lumière lui rappelait le Moulin à images. Un touriste de Montréal s'est quant à lui avoué un peu jaloux de la Capitale-Nationale. «On va vous prendre l'idée», a menacé à la blague Steve Turcotte.
Le concepteur de la projection, le Hongrois Bordos László Zsolt, voyait en même temps que le public, son oeuvre complétée pour la première fois. S'il s'est dit très heureux du résultat, il regrettait cependant «la pollution» de la lumière environnante, provenant surtout des commerces de la rue Sainte-Anne. «C'est comme si on ouvrait la porte pendant une séance de cinéma», a-t-il illustré, précisant qu'il avait déjà augmenté le contraste de sa projection pour tenter de contrer ce pépin.
Philippe Bergeron, à la tête de l'équipe américaine qui présentait sa fresque architecturale illuminée devant le Palais Montcalm, a reconnu avoir le même problème en raison des nombreuses sources de lumière à la place D'Youville. «C'est sûr que ça serait mieux d'en avoir un peu moins, mais ils ont fait une très bonne job», a affirmé le fondateur de la firme PaintScaping, de Los Angeles.
Le président du Carnaval, Alain Winter, a expliqué qu'il était compliqué de faire mieux. «C'est difficile de demander aux commerçants d'éteindre leurs lumières. Il va y avoir quelques ajustements avec le temps», a ajouté celui qui assure déjà que la présentation 2014 de LumoCité deviendra une compétition internationale.
Regarder... avec l'effigie
Au Morrin Centre et sur les fortifications de Parcs Canada, ce problème ne se pose pas, puisque les projections sont suffisamment isolées. Pour accéder à ce dernier lieu, l'effigie du Carnaval au coût de 15 $ est obligatoire.
L'artiste québécois qui a illuminé les quelque 3000 briques de cette portion de mur ne s'en est pas formalisé. «C'est sûr que j'ai des amis qui ont dû prendre l'effigie, mais il y a plein de belles choses à voir au Carnaval», a soutenu Stéphane Rousseau, qui avait raccourci mercredi soir le temps entre deux représentations en raison du froid.
Ce dernier a confié déjà rêver à ce qu'il pourrait faire si on lui donnait la chance, l'année prochaine, d'éclairer le parlement ou, encore, le Château Frontenac.