Louis-Jean Cormier: mission accomplie!

En termes festivaliers, c'est ce qu'on pourrait appeler une promotion. Après avoir fait déborder l'Impérial l'an dernier, Louis-Jean Cormier s'est offert les plaines d'Abraham lundi. Il a fait honneur au défi qui lui était présenté avec un concert authentique, créatif et franchement grisant.
Louis-Jean Cormier a livré un excellent concert sur les Plaines, lundi soir.
<p>Louis-Jean Cormier est débarqué au Festival d'été, lundi, avec un menu bonifié à servir à ses fans de Québec.  </p>
On a craint le pire en début de soirée en arrivant sur les Plaines, où ne prenaient place qu'une poignée de festivaliers. Le site s'est peu à peu rempli, jusqu'à réunir une foule plus que respectable pour ce lundi soir pluvieux. Tant mieux parce que l'auteur-compositeur-interprète réservait un solide programme aux festivaliers.
Pas de compromis artistique ni de détours racoleurs pour flatter les oreilles qui l'ont connu au concours télévisé La voix, où il a agi à titre de coach cette année. Juste un concert de Louis-Jean Cormier. Un excellent concert de Louis-Jean Cormier, devons-nous ajouter : des versions réarrangées des chansons du Treizième étage, quelques détours chez Leclerc et Miron qui font maintenant partie de son répertoire, une poignée d'amis pour pimenter l'ensemble... Et un chanteur charismatique au sommet de son art, qui a pris au sérieux la tribune qui lui était offerte.
Prouvant que l'immense terrain des Plaines n'est pas un obstacle à la convivialité, Cormier s'est fait un point d'honneur de tutoyer son public, comme il a pris l'habitude de le faire. «Je me sens privilégié de chanter devant une marée humaine, une marée qui n'a pas peur de la pluie», a souligné le musicien vers la fin d'une prestation, visiblement content de son effet.
Menu bonifié
Louis-Jean Cormier est débarqué au Festival d'été avec un menu bonifié à servir à ses fans de Québec. Il nous avait promis la visite des «femmes de sa vie musicale», il n'avait pas menti : Ariane Moffatt, Marie-Pierre Arthur et Lisa LeBlanc ont momentanément formé un «band de filles» avec lui. Avec la première, il a revisité de magnifique manière Le tour de l'île de Félix Leclerc. La seconde a interprété une chanson qui la touche directement : Oublie pas de Karkwa, qui a été inspirée par son histoire d'amour avec le claviériste François Lafontaine. Lisa LeBlanc a de son côté prêté sa voix à Ce soir l'amour est dans tes yeux. Très chouette moment de complicité!
Martin Léon, qui avait planté son parasol au parterre, est monté sur scène à sa guise pour offrir des choeurs ou faire résonner le tambourin. C'est toutefois avec le très beau duo Je redeviens le vent qu'il a vraiment justifié sa présence sur les Plaines...
Entre les crescendo musicaux et la présence d'une chorale sur scène, Cormier ne s'est pas gêné pour en mettre épais, lundi. Mais sans oublier l'essentiel. Sa recette musicale est tout aussi efficace dans l'intimité. C'est en tête à tête avec le public qu'il a terminé son rendez-vous sur les Plaines, devant un public trempé, mais comblé.
Jimmy Hunt en ouverture
En début de soirée, le talentueux Jimmy Hunt s'est mesuré aux planches des Plaines devant un parterre pour le moins dégarni... Au début de sa prestation, du moins. «On ne joue pas souvent sur une si grosse scène, on n'en prend pas large», a-t-il d'ailleurs souligné. Physiquement peut-être, mais musicalement, Hunt et ses musiciens ont bien su occuper l'espace, même si leur rock plutôt dense, échafaudé avec soin et livré avec précision, aurait peut-être été d'emblée plus dans son élément en salle. N'empêche que le choix des Plaines a rapporté au final : avec de chouettes envolées musicales et quelques segments flirtant avec le psychédélique, les gars se sont payé la traite. Voilà une belle occasion saisie pour l'auteur-compositeur-interprète, qui s'est sans doute gagné quelques fans lundi.