Les grandes artères, Louis-Jean Cormier

Louis-Jean Cormier: à la hauteur****

On peut dire que les attentes étaient hautes. Louis-Jean Cormier ne les déçoit pas avec son deuxième album solo, successeur du très réussi Treizième étage, paru en 2012.
Avec cette collection de chansons subtilement construites et joliment arrangées, l'auteur-compositeur-interprète se montre fidèle à sa réputation de musicien cultivant l'équilibre entre l'inventif et le rassembleur. Un peu comme celles qui nous avaient fait découvrir en solo l'ex-chanteur de Karkwa, les chansons des Grandes artères ne sont pas trop portées sur les formats rigides. Elles jouent sur les contrastes, s'offrent des détours mélodiques et instrumentaux. Mais comme leur créateur n'aime pas trop se répéter (même si sa signature demeure forte), elles se posent ici dans un territoire à la fois plus orchestré (l'instrumentation folk se gonfle de cuivres et de cordes, les choeurs sont quasi omniprésents) et plus près du coeur.
Avec la complicité de Daniel Beaumont et de Martin Léon, Cormier signe des textes sensibles où la rupture, le manque ou la dépression (magistrale Traverser les travaux) côtoient l'amour ou la soif d'évasion. En prime, on retrouve la très belle version de Complot d'enfants de Félix Leclerc, que le chanteur et sa bande font vivre sur scène depuis un moment.