La présidente de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec s'étonne du recours si fréquent au temps supplémentaire.

L'Ordre prône une meilleure organisation du travail

«Quand on me parle de temps supplémentaire, je m'étonne beaucoup», exprime Lucie Tremblay, présidente de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. «Il y a plus d'infirmières qui entrent dans la profession que d'infirmières qui sortent de la profession. J'ai de la difficulté à m'expliquer qu'on doive avoir aussi souvent recours au temps supplémentaire alors que 40 % des infirmières [...] sont à temps partiel.»
«Quand je rencontre les infirmières, elles se désolent de ne pas avoir accès à des postes à temps complet. Si on le sait d'avance quand est-ce qu'on travaille, il y a probablement moins de chances qu'on ait besoin d'avoir recours à des heures supplémentaires», déduit Mme Tremblay, qui prône une meilleure organisation du travail.
Selon elle, il y a des décisions de gestion qui doivent être prises pour éviter le recours si fréquent aux heures supplémentaires. «À la lumière des articles, on voit à quel point il y a une urgence d'agir.»
Il faut absolument que les équipes de soins répondent aux besoins des patients, affirme-t-elle. Et pour pouvoir faire cela, les infirmières doivent être en nombre suffisant. Les besoins sont toujours de plus en plus complexes, ajoute-t-elle, référant notamment au vieillissement de la population.
Selon elle, une meilleure organisation du travail pourrait régler une partie du problème de l'intimidation, dévoilée dans une étude d'Hélène Durocher, chargée de cours et doctorante à la Faculté des sciences infirmières de l'Université de Montréal.
«Il faut qu'on donne aux infirmières le moyen de mieux soigner. Et si on est capable de faire ça, ça diminue les tensions entre les soignants», croit Mme Tremblay.