«Il faut que l'on cesse de nous infantiliser, nous, les femmes! Nous sommes en 2013 et, souvent, les femmes travaillent, vivent en appartement avant d'avoir un conjoint, s'achètent une automobile et se tirent d'affaire par elles-mêmes», explique-t-elle, ajoutant qu'elle voudrait voir le gouvernement mettre fin aux «pensions alimentaires sans terme», affirme Lise Bilodeau fondatrice de L'organisme Action des nouvelles conjointes et nouveaux conjoints du Québec (ANCQ)

Lola contre Éric: l'Action des nouvelles conjointes applaudit la décision

L'organisme Action des nouvelles conjointes et nouveaux conjoints du Québec (ANCQ) applaudit la décision de la Cour suprême du Canada, qui a refusé à la femme connue dans les médias sous le nom de «Lola» le droit au partage du patrimoine familial et à une pension alimentaire qu'elle réclamait de son ex-conjoint milliardaire.
«C'est une très heureuse nouvelle, et je crois en plus que le fait que le ministre de la Justice se dise prêt à une réflexion sur l'ensemble des règles du droit familial ouvre la porte sur plusieurs changements que nous réclamons depuis des années, mais que les politiciens sont trop frileux à accorder parce que les lobbys féministes sont trop puissants», déclarait samedi Lise Bilodeau, une résidante de Québec qui a fondé l'ANCQ il y a 15 ans afin de venir en aide aux hommes divorcés et à leurs nouvelles conjointes.
Actualiser la loi
Satisfaite que le plus haut tribunal du pays ait choisi de ne pas étendre aux couples vivant en union de fait les obligations des couples mariés, l'ANCQ voudrait maintenant voir la loi être modifiée afin de tenir compte des nouvelles réalités des couples mariés.
«Il faut que l'on cesse de nous infantiliser, nous, les femmes! Nous sommes en 2013 et, souvent, les femmes travaillent, vivent en appartement avant d'avoir un conjoint, s'achètent une automobile et se tirent d'affaire par elles-mêmes», explique-t-elle, ajoutant qu'elle voudrait voir le gouvernement mettre fin aux «pensions alimentaires sans terme».
«Je connais un homme de plus de 80 ans qui doit encore payer une pension alimentaire à son ex-épouse. Ça n'a aucun sens qu'une personne puisse avoir quelqu'un qui vit à ses crochets jusqu'à sa mort. Je n'ai rien contre une pension alimentaire durant trois ou cinq ans, mais après cette période, la personne qui reçoit une pension devrait chercher du travail ou retourner aux études», poursuit Mme Bilodeau.
La présidente de l'ANCQ souhaiterait aussi que le gouvernement du Québec aille plus loin encore et mette fin à la présomption de garde partagée et au partage obligatoire du patrimoine familial.
«Il ne faut pas oublier qu'encore aujourd'hui, la garde des enfants est encore accordée systématiquement à la mère dans plus de 80% des cas. Le père doit presque toujours prouver sa capacité parentale alors qu'on n'en demande pas autant de la part de la mère», soutient-elle.
Une notion à revoir
Quant au partage obligatoire du patrimoine familial, en force depuis 1989 au Québec, mais inexistant ailleurs en Amérique du Nord, Mme Bilodeau croit qu'il serait temps de revoir cette notion qui accorde automatiquement, en cas de divorce, à chacun des deux membres d'un couple la moitié de la valeur des résidences, meubles et véhicules utilisés par la famille, ainsi que la moitié des droits accumulés dans un régime de retraite et à la Régie des rentes du Québec durant le mariage.
«C'est quelque chose qui m'irrite beaucoup. Si le gouvernement mettait ça un peu plus lousse, peut-être que les hommes auraient davantage envie de s'engager, de se marier. Les époux pourraient eux-mêmes décider dans le contrat de mariage ce qu'ils sont prêts à se donner», poursuit-elle, faisant référence au fait que le Québec montre depuis plusieurs années le plus haut taux de couples non mariés au Canada.