Le parti de Pauline Marois veut freiner l'attrait des écoles anglaises en obligeant les cégeps francophones à offrir une meilleure formation en anglais à leurs étudiants.

Loi 101: plus d'exception pour les enfants de militaires, dit le PQ

Le Parti québécois (PQ) reviendrait à la charge pour empêcher que les enfants de militaires francophones puissent fréquenter les écoles anglaises au Québec.
La chef Pauline Marois et la ministre Diane De Courcy ont présenté vendredi leurs engagements en matière de langue. Pour le PQ, la question des enfants de militaires, à qui la loi 101 accorde pourtant une exception depuis 30 ans, s'apparente au cas des écoles privées non subventionnées dites «passerelles».
Ces écoles passerelles permettent que des élèves s'inscrivent à grands frais dans des établissements anglophones non subventionnés pour obtenir, au bout de trois ans, le droit de s'inscrire aux réseaux anglophones public ou privé subventionné.
Pour Mme De Courcy, la possibilité de s'acheter le droit de fréquenter des écoles anglaises pour les «prochaines générations» apparaît «profondément injuste». Il en va de même pour ceux qui y parviennent «avec un titre», ajoute-t-elle, comme dans le cas des enfants de militaires.
Réaffectation possible
Les familles de militaires plaident qu'une réaffectation sur une autre base ailleurs dans le monde peut survenir à tout moment. Elles craignent que le cheminement scolaire de leurs enfants ne soit bouleversé encore davantage par un changement de la langue d'enseignement.
Ce dossier, ainsi que celui des écoles passerelles, serait toutefois abordé après l'adoption d'une nouvelle Charte de la langue française.
Vendredi, Mmes Marois et De Courcy ont confirmé que le PQ n'appliquera pas la loi 101 aux cégeps, tel que Le Soleil l'avait écrit il y a trois semaines. Elles veulent néanmoins freiner l'attrait des écoles anglaises en obligeant les cégeps francophones à offrir une meilleure formation en anglais à leurs étudiants.
Aussi, les étudiants de cégeps anglophones devraient obligatoirement passer une épreuve uniforme de français pour s'assurer qu'ils maîtrisent cette langue au moment de l'obtention de leur diplôme.
Le PQ souhaite également que la loi 101 s'applique aux petites et moyennes entreprises, et qu'une compagnie prouve la nécessité d'exiger le bilinguisme pour un poste.