La première ministre du Québec Pauline Marois.

Loi 101 dans les cégeps: le PQ passe son tour

Le Parti québécois ne ramènera pas son engagement d'élargir l'application de la loi 101 au réseau collégial durant l'actuelle campagne électorale, selon des informations du Soleil.
La version préliminaire de la plateforme politique de la formation souverainiste a circulé ces derniers temps chez des membres du gouvernement.
Un interlocuteur crédible et bien placé confirme qu'elle ne contient rien sur ce dossier délicat. Le sujet a alimenté des débats passionnés au sein du Parti québécois au fil des ans.
Un gouvernement majoritaire péquiste ne fermerait donc pas la porte des établissements collégiaux anglophones aux francophones et aux allophones, comme il l'a déjà souhaité.
Le programme électoral du parti dirigé par Pauline Marois ne sera dévoilé que dans quelques jours. Il doit encore être approuvé par les militants. Ils seront réunis en conseil national samedi.
On pourra parler d'un vrai revirement s'ils forçaient la main du gouvernement et imposaient un retour à l'idée d'élargir la portée de la loi 101 aux cégeps, confie-t-on.
Cet engagement faisait partie de la dernière plateforme électorale du Parti québécois, en août et septembre 2012. Il a été mis de côté dans les semaines ayant suivi l'élection du gouvernement de Pauline Marois. Son statut minoritaire l'a obligé à le ranger au placard, avait-on expliqué.
De fait, le projet de loi 14 présenté par la ministre Diane De Courcy, qui charpentait la Charte de la langue française, a totalement évacué cette question. Ce projet de législation n'a pas davantage obtenu l'aval des partis d'opposition, cela dit.
L'adoption du projet de loi 14 - tel qu'il a été rédigé il y a plus d'un an - fera partie des thèmes de campagne du gouvernement sortant.
Le projet porté par Diane De Courcy prévoit entre autres que les entreprises employant entre 26 et 49 employés veillent à ce que la langue de travail soit le français. De plus, pour décrocher des contrats gouvernementaux, toutes les entreprises soumissionnaires devraient respecter certains aspects de la Charte de la langue française.
L'extension de la loi 101 au réseau collégial a toujours divisé les péquistes. Ceux qui ne souhaitaient pas voir revenir cet engagement paraissent pour l'heure avoir gagné.