Le chef d'Option nationale, Sol Zanetti.

Loi 101 dans les cégeps: le PQ «manque de courage», selon Zanetti

Le Parti québécois (PQ) souffle le chaud et le froid en larguant l'idée d'étendre la loi 101 aux cégeps, déplore le chef d'Option nationale (ON), Sol Zanetti.
«Il manque de courage!» a lancé le chef de la jeune formation politique, de passage samedi dans la capitale pour présenter ses candidats locaux. «Le PQ va reculer dans l'application de la loi 101 aux cégeps, malgré que c'est une mesure qui a déjà été votée par son congrès, ses militants. Ils ont décidé de ne pas le faire, pour avoir plus de chances d'obtenir un gouvernement majoritaire.»
«Angliciser nos étudiants»
Le candidat dans Jean-Lesage aurait souhaité voir le parti au pouvoir mettre autant d'énergie dans cet enjeu que pour celui de la laïcité. «On aurait aimé que le courage qu'ils ont eu pour aller défendre leur interdiction des signes religieux, eh bien, qu'ils l'aient pour la langue française en priorité. Il me semble que c'est plus important.»
Ce laisser-aller entraînera un recul de la langue française, est persuadé le successeur de Jean-Martin Aussant à la tête d'ON. «En laissant aller les choses telles qu'elles sont, eh bien, on contribue à angliciser nos étudiants, soutient Sol Zanetti. La langue d'usage au collégial a un effet déterminant sur la langue de travail plus tard. Et si on laisse le milieu du travail s'angliciser davantage au Québec, dans le contexte nord-américain, le français va reculer. Et nous, c'est pas ça qu'on veut.»
Sol Zanetti ne voit pas de problèmes à restreindre du même coup la liberté à des étudiants pour la plupart majeurs. «Il y a d'autres façons d'apprendre l'anglais, d'autres façons d'aller en immersion. On va offrir ces façons-là.»
Parti plus militant
Catherine Dorion en est à sa deuxième campagne électorale. La comédienne et candidate dans Taschereau est une des figures les plus connues du parti souverainiste dans la région. Elle affronte toutefois la ministre sortante Agnès Maltais. «Je suis quand même réaliste; je ne me dirai pas que je vais déloger Agnès Maltais», reconnaît la candidate. «Mais je suis quand même assez contente qu'elle soit indélogeable. Elle est tellement en avance sur l'autre après elle que le vote stratégique ne jouera pas pour moi.»
Depuis le premier rendez-vous électoral de 2012, Catherine Dorion estime qu'Option nationale a consolidé sa base militante. «C'est devenu un parti plus militant. On avait au début Jean-Martin Aussant, qui était très flamboyant dans les médias, et ça a amené beaucoup, surtout après le "printemps érable", de personnes qui n'avaient jamais milité avant, avance la comédienne. Ça a changé une gang de cyniques en une gang de militants assez bien équilibrés.»
Le départ de Jean-Martin Aussant a créé un vide, mais il est comblé peu à peu. «Au lieu d'avoir une figure, et le reste dans l'ombre, là on a une figure moins forte - parce qu'il faut la faire connaître -, mais il y a plusieurs figures intéressantes dans chaque région. Je pense que ça crée une nouvelle classe politique, qui va prendre de la place avec les décennies.»