L'Isle-Verte: une vision de fin du monde

Les médias ont eu accès pour la première fois, mardi avant-midi, à la zone dévastée par le funeste incendie de la Résidence du Havre de L'Isle-Verte, survenu dans la nuit du 23 janvier et qui a fait 32 victimes.
<p>La moitié des techniciens en recherche de la Sûreté du Québec à L'Isle-Verte avait également participé aux fouilles à Lac-Mégantic. </p>
<p>Les autorités font preuve de beaucoup de minutie afin de récupérer tout indice pertinent dans les décombres. </p>
À l'approche de la scène aux allures de fin du monde, les représentants de la presse n'ont pu faire autrement que de respecter un long silence. L'odeur qui se dégage des cendres prend à la gorge.
Deux autres corps ont pu être dégagés des décombres lundi soir, portant le total à 16. La cinquantaine de pompiers et policiers s'affairent aux fouilles sans relâche pour tenter de trouver les 16 autres personnes disparues. Parmi les intervenants qui procèdent aux recherches, la moitié est issue d'une équipe de techniciens de la Sûreté du Québec qui avait également participé aux fouilles de la tragédie de Lac-Mégantic du 6 juillet.
«La journée de travail commence à 6h30, indique le porte-parole de la Sûreté du Québec, André Duchesne. À 7h, les recherches débutent. Nos intervenants travaillent pendant 12 heures. Ils prennent environ 45 minutes pour dîner. On ne peut pas vraiment faire de rotations puisqu'il est difficile de savoir où un intervenant est rendu dans ses recherches. De toute façon, ces gens-là ne voudraient pas nécessairement arrêter.»
Selon M. Duchesne, l'équipement utilisé, qui sert normalement au déglaçage des navires, est vraiment efficace afin de faire fondre la glace qui, par endroits, atteint près d'un mètre de profondeur. Le ronronnement de ces machines ne peut faire oublier leur présence.
Environ 60 % de la superficie du sinistre a été ratissée. Armés de pelles et de râteaux, les intervenants, dont certains sont agenouillés au sol, travaillent avec rigueur et minutie. Lorsqu'ils croient avoir trouvé des restes humains, un pathologiste est appelé pour faire la vérification. Comme le bâtiment ne disposait pas de sous-sol, la surface à nettoyer repose directement sur le ciment.
La section qui était séparée par un mur coupe-feu est pratiquement intacte, outre les dommages causés par l'eau.